A Bordeaux Champeil se méfie du niveau de l’endettement

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Le marché des actions reste bien orienté malgré les risques.
Le marché des actions reste bien orienté malgré les risques. (Crédits : Ralph Orlowski)
La conjoncture économique favorable que nous connaissons renforce le risque d’un mouvement inflationniste qui pourrait se nourrir "d’une masse monétaire stratosphérique" avertit Axel Champeil, patron de la société financière bordelaise Champeil.

Dans la "Lettre des gérants" datée du mois de mai, Axel Champeil se réjouit de la hausse de l'indice CAC 40, qui a atteint en avril un niveau "aux environs de 5.500 points". Avec cette hausse de +10 % du CAC 40, c'est "la troisième fois que ce seuil est atteint en 1 an". Axel Champeil y voit le signe éventuel d'une résistance (seuil sur lequel bute une hausse). Le PDG de l'entreprise d'investissement Champeil rappelle que la barre des 5.500 points n'a plus été dépassée par le CAC 40 depuis 2007 et le début de la crise financière dite des "subprimes" (prêts hypothécaires américains).

Pour mémoire, précisions que le CAC 40 se tenait à 5.562 points en début de séance ce lundi matin 28 mai. Un dynamisme que pourrait compromettre la hausse de l'euro par rapport au dollar ainsi que la remontée des cours du pétrole : "Les craintes que nous pouvions avoir (à ce sujet - NDLR)... ne se sont pas matérialisées, ou de manière isolée..." commente en substance "La Lettre des gérants". Axel Champeil rappelle que le mois de mai n'est pas seulement celui du muguet mais aussi, et en l'occurrence surtout, celui de la fin du cycle boursier qu'amorce aux Etats-Unis la fête d'Halloween.

Des risques dans un contexte positif

Entre Halloween et mai les actions sont censées engranger de la valeur avant de commencer à se dégonfler, d'où la maxime boursière américaine de "vendez en mai et partez" (sell in may and go away, sur l'air de "prends l'oseille et tire-toi"). Une coutume qui n'a pas tout à fait le même impact en Europe. Rassuré par les effets bénéfiques de la hausse de la Bourse, qui a fait fondre le poids des sous-valorisations des titres, Axel Champeil tient tout de même compte "que nous sommes rentrés dans l'appel vendeur du mois de mai". D'où la question de la stratégie à adopter.

Côté hausse, la Bourse devra attendre juillet pour pouvoir profiter de la publication des prochains résultats des entreprises. Ceux du premier trimestre ont été positifs au point de confirmer la bonne orientation macroéconomique et d'amener la hausse du CAC 40 sur la barre des 5.500 points. C'est dans ce contexte favorable que la double menace de la parité euro-dollar et du cours du pétrole pourraient venir interférer. Champeil estime que la situation économique est moins porteuse aux Etats-Unis. "Les sociétés technologiques qui ont soutenu les marchés sont sous tensions, avec les perspectives règlementaires et fiscales à leur encontre" explique Axel Champeil, qui estime par ailleurs que, sur le plan macroéconomique, "nous semblons effectivement en haut de cycle, avec une reprise à la fois de l'inflation et des taux d'intérêts".

Les banques centrales vont-elles remonter les taux ?

Le gérant bordelais n'exclut pas qu'une divergence de tendance, "de découplage" dans l'évolution économique puisse avoir lieu entre les Etats-Unis et l'Europe au bénéfice de cette dernière "sous réserve d'une modération de la politique américaine"... Si le marché obligataire reste stable, Axel Champeil estime que "l'augmentation des stocks mondiaux de dettes" est un vrai risque.

Malgré des taux d'intérêts historiquement bas, le niveau d'endettement "des émetteurs publics et privés" est si élevé, dans un contexte de reprise économique, que l'inflation menace, tranche le financier bordelais. D'autant que les banques centrales, qui n'ont plus de marge de manœuvre, pourraient en profiter pour normaliser la situation, c'est-à-dire "relever les taux d'intérêt", déroule Axel Champeil. Avant de poser la question de savoir si, en cas d'inflation, les taux d'intérêt réels suivront ou non cet éventuel mouvement de hausse... D'où la prudence affichée par l'entreprise d'investissement bordelaise dans le domaine des valeurs obligataires et la vigilance annoncée sur les situations d'endettement dans le choix des actions.

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