La croissance rebat les cartes financières, analyse Champeil à Bordeaux

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La BCE (Banque centrale européenne) ne devrait pas remonter ses taux d'intérêt à la hussarde.
La BCE (Banque centrale européenne) ne devrait pas remonter ses taux d'intérêt à la hussarde. (Crédits : Ralph Orlowski)
Nous commençons à sortir d’une période marquée par des taux d’intérêt bas et des liquidités abondantes, pour entrer dans une nouvelle séquence qui devrait être dominée par le retour de l’inflation et la hausse des taux, estime Axel Champeil, PDG de Champeil, à Bordeaux. Un retournement généré par la reprise économique.

Dans sa dernière livraison de la "Lettre des gérants", datée de mars 2018, Axel Champeil, PDG de la nouvelle entreprise d'investissement (société de bourse) Champeil, à Bordeaux, souligne tout d'abord le retour marqué de la volatilité sur les marchés en février. Un mouvement d'ampleur qui a connu des répliques début mars. Avec des secousses qui ont bousculé les marchés actions dont la performance n'a plus été que légèrement positive, à +0,15 %. Les taux d'intérêts confirment de leur côté une vraie tendance haussière.

"Les taux souverains à 10 ans s'établissent à près de 3 % aux USA et s'approchent de nouveau de 1 % en Europe" observe  la "Lettre des gérants". Pour mémoire, en France le taux des OAT (obligations assimilables du trésor) à 10 ans atteignait 0,9340 % le 6 mars. Malgré ces tensions Axel Champeil reste optimiste car il est convaincu par la solidité des fondamentaux économiques "et l'amélioration du contexte économique". D'autant plus que les secousses actuelles sont générées selon lui par "l'enclenchement d'une tendance attendue et durable, à savoir la combinaison de l'inflation et de la hausse des taux d'intérêts".

Champeil fait confiance aux banquiers centraux

Si l'inflation est actuellement orientée à la hausse, elle n'est pas encore très perceptible en France, avec +1,3 % sur un an (à janvier 2018), mais la remontée des taux, même si elle reste mesurée, n'est plus une hypothèse. Et cette mécanique endogène, qui lie dans un même mouvement haussier inflation et taux d'intérêts, n'est "que la conséquence habituelle d'une économie en amélioration" souligne Axel Champeil. L'expansion de ce mouvement devrait à terme casser la dynamique de l'argent pas cher déclenchée comme contre-feu à la crise financière de 2008. Avec à la clé de nouveaux risques d'instabilité pour les marchés financiers. Champeil voit dans l'ouverture de ce nouveau chapitre l'occasion de réajuster des valorisations qui avaient pu devenir excessives.

Et au bout du compte "une consolidation qui permettra aux liquidités, encore abondantes, de se replacer de manière plus sereine". Le patron de Champeil se montre également détendu en ce qui concerne l'adaptation des banques centrales (comme la Fed aux Etats-Unis ou la Banque centrale européenne) à cette nouvelle donne économique. Il ne croit pas une minute que les banquiers centraux puissent se montrer violents vis-à-vis d'une reprise économique encore fragile : "Nous maintenons notre sentiment sur la volonté de retour de l'inflation, outil de gestion de la dette", explique ainsi Axel Champeil, qui ne voit pas les banques centrales se livrer à un resserrement drastique de leur politique monétaire.

Impact des crises politiques allemande et italienne

Dans ce contexte encore délicat d'une transition entre deux régimes météo pour les marchés actions, les déclarations protectionnistes de Donald Trump, sur les importations d'acier et d'aluminium retiennent l'attention à cause des risques de guerre commerciale qu'elles véhiculent. D'où la vigilance affichée par l'entreprise d'investissement bordelaise quant aux risques d'instabilité monétaire et de guerre des changes.

"D'ailleurs nous sommes surpris que l'instabilité politique dans certains pays d'Europe à l'instar de l'Allemagne et plus récemment de l'Italie n'ait pas d'impacts sur la confiance des investisseurs et sur le niveau de l'euro" s'étonne même Axel Champeil. Autant de bonnes nouvelles dont il se réjouit, étant donné la fragilité de la reprise économique. Pour faire face à cette situation le gestionnaire de portefeuille prône une stratégie d'investissement organisée sur deux axes : maintien d'un niveau de liquidités élevé et diversification en devises.

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