En Nouvelle-Aquitaine, la croissance va créer des emplois durables

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Le secteur activités informatiques et services d'information a été particulièrement dynamique en 2017 en Nouvelle-Aquitaine.
Le secteur activités informatiques et services d'information a été particulièrement dynamique en 2017 en Nouvelle-Aquitaine. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
C’est le pronostic fait par la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine pour 2018 après consultation des chefs d’entreprises dans les secteurs de l’industrie, des services marchands et du BTP. Le retour de la croissance en 2017 va se renforcer cette année.

Le bureau régional de la Banque de France de Nouvelle-Aquitaine, dirigé par Patrick Berger, a présenté ce mercredi 7 février le bilan économique 2017 en Nouvelle-Aquitaine dans l'industrie, les services marchands et le BTP et présenté les prévisions 2018 dans ces secteurs clés.

Autant dire que les clignotants sont au vert. Après une année 2017 marquée par une reprise encore un peu timide de la croissance, 2018 devrait confirmer la solidité du phénomène. L'échantillon retenu par la Banque de France pour son échantillon régional 2017 est constitué de 3.600 entreprises ou établissements néo-aquitains, qui génèrent 47 Md€ de chiffre d'affaires annuel et emploient 241.000 salariés. La ventilation de l'effectif global pourra surprendre certains puisque l'industrie représente  69 % des salariés de l'échantillon, devant le BTP (36 %) et les services (30 %).

Une bonne  diffusion de la croissance

"Cette répartition est tout à fait satisfaisante car il faut savoir que les services et le BTP sont des secteurs très émiettés, avec beaucoup de petites entreprises. La reprise que nous avons connue en 2016 s'est consolidée en 2017, année où elle a pris de l'ampleur, dans tous les secteurs. Cette bonne orientation se diffuse aujourd'hui à l'emploi, même s'il y a parfois des difficultés à recruter", analyse Patrick Berger.

L'industrie pèse lourd dans l'échantillon étudié puisqu'elle représente 1.490 entreprises et 139.000 salariés pour 34,2 Md€ de chiffre d'affaires.

"Ce chiffre d'affaires a progressé de +3,3 % en 2017 et notre échantillon, constitué de chefs d'entreprises tout à fait prudents, table sur une hausse d'activité de +3,7 % en 2018", éclaire Eric Villeneuve, adjoint au directeur régional de la Banque de France.

Malgré la deuxième crise aviaire, qui a massivement frappé le département des Landes, le secteur des industries alimentaires a vu son activité progresser de +2,2 % en 2017 et mise sur une hausse d'activité de +2,7 % en 2018.

Les avionneurs envisagent la fin des problemes de financement a l'exportation

Un secteur aéronautique régional plutôt décevant à l'export en 2017.

L'export, une force motrice bienvenue

"Cette orientation positive est obtenue grâce aux boissons. Il ne s'agit pas du vin, qui est classé dans le négoce, mais principalement du très fort impact du cognac sur la conjoncture alimentaire en 2017" résume Eric Villeneuve.

Les perspectives sont également favorables dans les secteurs équipements électriques et électroniques, avec une croissance de +4 % en 2017 et une prévision de +5,3 % en 2018, matériel de transport (+1,8 %/+3,3 %) et autres produits industriels (+4,4 %/+4,3 %). Cette dernière catégorie englobe travail du bois, papier-carton, chimie, pharmacie, métallurgie et matériaux non métalliques et tous ses indicateurs d'activité sont au vert en 2017 et 2018. L'activité 2017 dans l'industrie a été particulièrement tirée en avant par l'export, qui a grimpé tous secteurs confondus de +5,7 % en 2017. Cette performance ne sera pas comme un jour sans lendemain. Si les prévisions sont moins hautes en 2018, elles sont toutes positives.

"La hausse d'activité à l'export enregistrée en 2017 dans les industries alimentaires, à +7,3 %, vient, elle aussi, du boom des ventes de cognac en Asie, particulièrement en Chine" observe Eric Villeneuve.

Plus d'emplois durables dans l'industrie

La plus forte hausse de ventes à l'export est enregistrée par le sous-secteur industriel des équipements électriques et électroniques (Legrand, Fenwick, Leroy Sommer...), qui enregistre une croissance de +10,4 % en 2017 avec une prévision de +9,5 % en 2018 ! Dans l'épaisseur du trait en 2017, avec une hausse de +0,5 %, l'export dans les matériels de transport devrait progresser de +1,7 % en 2018. Les perspectives sont également bonnes à l'export pour les autres produits industriels, avec une hausse de +5,9 % en 2017 et une prévision de +4,8 % en 2018.

électricité réseau câbles centrale électrique

Les entreprises du secteur équipements électriques et électroniques ont fait la course en tête en 2017.

L'amélioration de la rentabilité est elle aussi très bien orientée. Ainsi 36 % de dirigeants d'entreprises prévoyait une amélioration de la rentabilité en 2017, contre 45 % en 2018. Tandis que les prévisions de baisse de rentabilité passent de 24 % en 2017 à 7 % en 2018 ! La stabilité de la rentabilité est la grande gagnante de ces prévisions dans l'industrie puisqu'elle passe de 40 % en 2017 à 47 % en 2018. L'étude montre en outre que cette dynamique bien orientée a un effet sur l'emploi. Les effectifs totaux devraient ainsi augmenter de +0,9 % en 2018 contre +0,6 % en 2017. Mais ce qu'il faut savoir c'est que, dans le même temps, la part des intérimaires est appelée à diminuer de -10,5 % en 2018 !

Lire aussi : Nouvelle-Aquitaine : l'emploi intérimaire a progressé de 11,4 % en 2017

L'utilisation des capacités de production à la hausse

"Il y aura davantage de recrutements à contrats à durée indéterminée. La baisse de l'intérim indique une pérennisation des emplois" commente Patrick Berger.

L'effectif 2018 devrait augmenter de +1,4 % dans les industries alimentaires, de +1,5 % en équipements électriques et électronique, tandis qu'il devrait tangenter à -01 % dans les matériels de transport. Pour l'ensemble des autres produits industriels, la prévision est à +1,1 %. Alors que la situation de l'investissement avait été marquée par de forts contrastes en 2017, toutes les prévisions sont au vert pour 2018.

"En 2017 le recul des investissements dans l'industrie avait été global sauf dans les industries alimentaires, où, à cause de la crise aviaire, les exploitants avaient été obligés d'investir dans de nouveaux aménagements sanitaires" précise Patrick Berger.

Autre point positif, qui synthétise en quelque sorte cette bonne orientation générale, la progression quasi continue depuis 2016 du taux d'utilisation des capacités de production. Ce dernier devrait bientôt rattraper sa moyenne de longue durée, qui correspond à un taux d'utilisation des capacités de production de 80 %.

Le CA des services marchands à +5,9 %

Les prévisions d'investissements s'orientent prioritairement vers la modernisation ou le renouvellement des moyens de production, à 69 %. L'augmentation des capacités de production étant aussi à l'ordre du jour mais pour 31 % des intentions.

"En général la modernisation des moyens de production supprime des emplois, tandis que l'augmentation des capacités de production en crée, mais là il s'agit de rationaliser, sans effet sur l'emploi" analyse Eric Villeneuve.

1/ Ingénieur informatique

Les activités informatiques et services d'information captent 9,6 % de l'effectif des services marchands.

L'échantillon des services marchands fédère 1.150 entreprises et 59.600 salariés pour 6,9 Md€ de chiffre d'affaires. Les services marchands de cet échantillon ne comprennent ni les services à la personne ni la restauration. Ils fédèrent principalement les transports (39,5 % de l'effectif du secteur), l'activité informatique et information (9,6 %), l'hébergement (7,9 %) et le bloc "activités spécialisées" (43 %), où l'on retrouve experts-comptables, juristes, ingénierie, etc. Ce secteur a vu son chiffre d'affaires progresser de +5,9 % en 2017, avec une prévision globale de +2,9 % en 2018. L'activité a été essentiellement tirée en 2017 par une forte hausse dans l'hébergement de données (+12 %) et le travail temporaire (+8,3 %). Pour autant les activités transports et entreposage (+4,5 %), hébergement (+3,9 %) et spécialisées (+5,2 %) ont également connu une bonne dynamique.

La rentabilité d'exploitation s'est renforcée

Le curseur du chiffre d'affaires reste bien orienté en 2018 avec des hausses de +2,9 % en transports et entreposage, +1 % en hébergement, +3,5 % en activité informatique et services d'information, +3,5 % en travail temporaire et +3 % en services spécialisés. Dans les services marchands aussi la perspective de la rentabilité d'exploitation est positive, avec une orientation 2018 marquée par la stabilité des positions acquises l'an dernier. Ainsi 67 % des chefs d'entreprises croient en une stabilisation de cette rentabilité, contre 40 % l'an dernier. Alors que la hausse de la rentabilité d'exploitation était une certitude pour 41 % des sondés en 2017 contre 24 % en 2018.

btp

Le BTP profite d'un très solide rebond.

Le parti qui s'effondre c'est celui de la diminution de la rentabilité puisqu'il n'y a plus que 9 % de dirigeants à cocher cette case, contre 18 % en 2017. Les effectifs, qui devaient progresser de +2,9 % en 2017 sont appeler à croître de +1,9 % dans ce secteur en 2018, avec +4 % en activités informatiques et services d'information, +2,9 % dans les services spécialisés, +1,1 % en transports et entreposage et +0,7 % en hébergement.

La reprise dans le BTP, c'est du solide

L'échantillon consacré au BTP se compose de 950 entreprises générant 6,1 Md€, qui emploient 42.100 salariés. Sur cet ensemble 44 % de l'effectif est rattaché aux activités du second œuvre, 30 % aux travaux publics et 26 % au gros œuvre. Après avoir été frappé par une forte contraction de l'activité, le BTP redresse désormais la tête. La production a ainsi progressé de +5,3 % en 2017 et les prévisions restent positives en 2018, avec une hausse prévisionnelle de +3,2 %. Ces prévisions d'activité sont de +3,2 % pour le bâtiment, +3,5 % dans le gros œuvre, +3,1 % dans le second œuvre et +3,3 % pour les travaux publics. L'évolution de l'effectif est globalement bien orientée à +1,8 % pour 2018, avec un plus haut prévu dans les travaux publics, à +2,9 %, devant le second œuvre (+1,7 %) et le bâtiment (+1,5 %).

Dans ce secteur aussi les prévisions sur la rentabilité d'exploitation sont bien orientées, avec un solde d'opinion majoritairement centré sur la stabilité. Si 35 % des dirigeants interrogés y croyaient en 2017, cette proportion est passée à 63 % pour 2018. Les prévisions de recul de la rentabilité s'effondrent. En 2017 l'échantillon comptait 23 % de dirigeants qui prévoyait ce type d'évolution contre 7 % en 2018 ! De leur côté les 42 % de chefs d'entreprises qui ont parié en 2017 sur une hausse de la rentabilité ne se sont pas reniés puisqu'ils ont massivement opté pour la stabilité en 2018. Avec tout de même encore 30 % de partisans de la hausse de rentabilité en 2018.

"L'activité dans les travaux publics est repartie en 2017, avec une hausse de +5 %, tandis que la rentabilité d'exploitation a connu une forte progression l'an dernier : les chiffres sont fiables" commente Eric Villeneuve.

Quant aux indicateurs d'investissement, ils sont quasiment tous au vert pour 2018 dans le BTP, à l'exception du gros œuvre, en recul, et les travaux publics, sur un plateau.

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