Nouvelle-Aquitaine, l’industrie sort de sa léthargie

 |   |  878  mots
Le Canadien Vermilion détient plusieurs puits de pétrole en Aquitaine, dont celui du lac de Parentis (notre photo). Intégré dans la catégorie Brent le pétrole aquitain affiche une production modeste mais stable.
Le Canadien Vermilion détient plusieurs puits de pétrole en Aquitaine, dont celui du lac de Parentis (notre photo). Intégré dans la catégorie Brent le pétrole aquitain affiche une production modeste mais stable. (Crédits : D.R)
La Nouvelle-Aquitaine a enregistré une accélération de l’activité industrielle en novembre. Un virage positif en rupture avec une tendance précédente de plusieurs mois dominée par l’atonie.

L'indicateur du climat des affaires de l'industrie en Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes) s'est amélioré en novembre 2016 pour atteindre sa moyenne de longue période. Une hausse qui vient de l'amélioration de l'activité et de la demande, analyse le bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine qui a réalisé l'étude. Cet indicateur composite, qui synthétise l'évolution des soldes d'opinion chez les chefs d'entreprises, se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale dans les services marchands en Nouvelle-Aquitaine, "à un niveau rarement atteint depuis la crise des dettes souveraines", souligne la Banque de France. Cette crise à retardement a éclaté à partir de 2010, elle est une des conséquences de la crise de la dette hypothécaire américaine de 2008.

L'industrie, qui représente 15,4 % de l'emploi en Nouvelle-Aquitaine, a bénéficié de courants d'affaires à la hausse, comme au niveau national. Avec une situation déjà connue mais qui tend à devenir paradoxale. Tous les secteurs industriels sont ainsi concernés par la hausse d'activité, à l'exception de la mécanique industrielle, clouée par l'attentisme qui prévaut dans l'aéronautique - un secteur industriel clé - et l'exploitation pétrolière, qui devrait toutefois profiter de la remontée des cours du baril.

Puissant moteur agroalimentaire

L'industrie alimentaire (16,6 % des emplois industriels) reste à l'inverse un moteur encore très actif, avec des carnets de commande jugés satisfaisants et des prévisions d'activités favorables pour la fin de l'année. C'est le cas pour la transformation et la conservation de viande, ainsi que les préparations à base de viande, avec des stocks proches des besoins. La tendance est assez analogue dans la transformation et la conservation de fruit et légumes, avec "une demande très soutenue sur l'ensemble des marchés". Suite à de bonnes récoltes les stocks sont normalement élevés et les prix à la baisse, avec des prévisions favorables pour la fin de l'année.

La production de boissons, en particulier alcooliques, a connu un mois de novembre très bien orienté, malgré "un repli de la demande sur les marchés à l'exportation". Un ralentissement des cadences de production est attendu pour la fin de l'année. Ces tendances favorables n'enlèvent rien à l'impact de la crise avicole de ce début d'année 2016, qui a stoppé la production de palmipèdes à foie gras et obligé à d'importants investissements sanitaires, ni à l'inquiétude suscitée par un possible deuxième épisode de grippe aviaire.

Construction navale au vert

La fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques et autres, repart de son côté à la hausse en novembre après deux mois de baisse. Le dynamisme de ce sous-secteur, qui représente 14,7 % de l'emploi industriel en Nouvelle-Aquitaine, est tiré par la fabrication de machines et équipements, comme par celle de produits informatiques et électroniques, tandis que les équipements électriques maintiennent leur activité. Le prix des matières premières reste stable malgré quelques tensions sur le cuivre et l'acier. Les stocks ont un niveau correct, les carnets de commandes sont bien remplis et les industriels du secteur anticipent une hausse d'activité.

CNB Lagoon

CNB (Construction navale de Bordeaux) leader mondial des catamarans hauturiers, avec sa gamme Lagoon, connait une nouvelle phase d'expansion (photo DR).

C'est un léger frémissement à la hausse, avec un petit dépassement du niveau de 2015, qu'enregistre la fabrication régionale de matériels de transport en novembre. Ce sous-secteur représente 13,9 % de l'emploi industriel en Nouvelle-Aquitaine. Il bénéficie de la très bonne orientation de la construction de bateaux de plaisance, et d'une activité soutenue chez les équipementiers automobiles. La construction aéronautique sort doucement de sa léthargie, avec une production en légère hausse. Les anticipations misent sur une stabilité des commandes mais aussi une érosion des effectifs.

Des services marchands au top

Secteur composite par excellence l'ensemble "autres produits industriels" (54,8 % de l'emploi industriel régional), qui regroupe textile, habillement, cuir et chaussure-industrie chimique-produits en caoutchouc, plastiques et autres produits non métalliques-métallurgie et produits métalliques-bois, papier et imprimerie a bénéficié en novembre d'une reprise de la production, excepté dans la métallurgie "où les commandes sont faibles". Les filières bois-papier-carton et caoutchouc-plastiques et autres profitent d'une demande intérieure très dynamique en cette fin d'année. Les effectifs restent stables. Comme le relève la Banque de France, "toutes les branches émettent des prévisions favorables mais sans renfort d'effectifs".

La tendance continue à être positive dans les services marchands, "dans la continuité des mois précédents". Les services marchands représentent 17,7 % de l'emploi régional. Ce secteur est tiré par plusieurs moteurs : l'intérim, les transports et les prestations informatiques. L'activité déjà soutenue dans l'intérim "évolue sensiblement à la hausse sur un mois mais aussi par rapport à 2015" souligne la Banque de France. La tendance est comparable dans les activités informatiques et les services d'information, les transports routiers de marchandises et entreposage. Le sous-secteur de la réparation automobile est par contre en retrait par rapport à 2015 mais se stabilise d'un mois sur l'autre. Le recul de la fréquentation étrangère n'empêche pas les dirigeants dans l'hôtellerie de pointer une évolution favorable de l'activité. Et, malgré un manque de visibilité, ces derniers restent optimistes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :