Bourse, tirer parti de l’instabilité

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La politique monétaire et la situation économique chinoises alimentent les phases d'instabilité qui frappent les marchés boursiers
La politique monétaire et la situation économique chinoises alimentent les phases d'instabilité qui frappent les marchés boursiers (Crédits : © China Stringer Network / Reut)
L’année boursière ne démarre pas sous le signe de la stabilité. Il ne s’agit pas non plus d’un cadre illisible et Axel Champeil, PDG de la société de gestion de portefeuille Champeil Asset Management (CAM), à Bordeaux, continue à parier sur les actions.

Dans la première livraison 2016 de la "Lettre des gérants", Axel Champeil, PDG de Champeil Asset Management (CAM), à Bordeaux, éclaire les cinq éléments qui, selon lui, nourrissent actuellement le côté obscur de l'Union européenne. Il s'agit de l'instabilité politique, du risque de "Brexit (retrait du Royaume-Uni de l'Union)", des "problèmes liés à l'immigration, associés aux risques terroristes" et du "poids important de la dette". La "Lettre des gérants" estime pourtant que le contexte "macroéconomique est extrêmement favorable" depuis des mois à l'économie européenne.

Malheureusement Axel Champeil observe que cette bonne orientation de l'économie n'est pas suffisamment prise en compte : ni par les investisseurs ni par les dirigeants politiques.

Un œil sur les sociétés, l'autre sur la Fed

"De bonnes surprises" devraient pourtant dégripper la machine. Axel Champeil est ainsi convaincu que la publication des résultats des sociétés, annoncés comme très positifs, "pourraient représenter un véritable catalyseur" à la situation actuelle.

Reste que ces bons résultats pourraient être relégués "au second plan par une crise exogène". Et en la matière il semble que l'éventail des choix soit on ne peut plus large. Axel Champeil pense que la politique accommodante au plan monétaire menée par la Banque centrale européenne (BCE), pour stimuler la croissance économique, grâce à des taux d'intérêt très bas et à une dévaluation de l'euro (en particulier par rapport au dollar), avec comme autre objectif d'assurer une remontée de l'inflation est une spirale qui ne pourra pas être facilement arrêtée. Cela a l'air d'autant plus vrai que Mario Draghi, le patron de la BCE, ne semble pas pressé d'abandonner cette stratégie de relance. Comme la plupart des analystes le patron de Champeil Asset Management a ainsi les yeux rivés sur les initiatives prises par Janet Yellen, la patronne de la Fed, la banque centrale des Etats-Unis.

Risque de guerre des changes

Massivement boostée depuis des années grâce à la fabrication de papier monnaie, l'économie américaine serait en train de commencer à se désintoxiquer de cet argent pas cher grâce à la remontée des taux d'intérêts annoncée par la Fed, qui, "en avance dans sa politique monétaire et dans son profil de croissance, éclairera donc sur les perspectives dans les autres zones géographiques", juge Axel Champeil.

yuan

La politique menée par la Chine, avec la dévaluation du yuan (malgré des annonces de stabilisation), montre que l'arme monétaire n'a pas encore été remise au rencard et "une guerre des changes, dans un contexte économique dégradé, ne nous paraît pas exclue", relève Axel Champeil. On serait tenté de schématiser en soulignant que cette année boursière 2016 démarre comme a fini celle de 2015, avec une forte volatilité sur les marchés actions.

Le PDG de CAM n'exclut pas une stabilisation des cours des matières premières, "après une forte chute", ainsi qu'une remontée de l'or, qui pourrait retrouver "son rôle de valeur refuge, dans un contexte d'instabilité". Mais une chose semble sûre : en 2016 le marché action européen sera encore au centre du jeu boursier.

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