A Bordeaux, pour Champeil la BCE en fait assez

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Mario Draghi, président de la BCE
Mario Draghi, président de la BCE (Crédits : © Eric Vidal / Reuters)
Axel Champeil, PDG de la société de gestion de portefeuille bordelaise Champeil Asset Management (CAM), entrevoit une fin d’année où la volatilité des marchés va céder le pas à un rallye boursier.

Dans le numéro daté de décembre de la "Lettre des gérants", publiée par CAM, à Bordeaux, Axel Champeil, après l'annonce d'une fin d'année agitée en novembre, n'exclut pas "un rallye de fin d'année". Pas question de rencontres entre jeunes gens de bonne famille ni de course automobile puisque le rallye boursier se concrétise par de fortes hausses sur le marché des actions.

Si ce marché n'est pas vraiment déprimé en France, il est secoué par une forte volatilité qui pourrait finir par faire oublier sa bonne orientation. La situation est d'autant plus délicate, selon la "Lettre des gérants", que "à l'approche de la fin de l'année, la messe ne semble pas dite pour le moment". Axel Champeil souligne ainsi que les opérateurs boursiers sont dans l'attente des annonces qui doivent tomber courant décembre de la part des présidents des deux banques centrales les plus influentes : Janet Yellen, pour la Fed, aux Etats-Unis, et Mario Draghi pour la BCE (Banque centrale européenne).

La BCE en fait-elle assez ?

Il rappelle que la dernière intervention du patron de la BCE a déçu.

"Alors que le quantitative easing (assouplissement quantitatif qui passe par le rachat de dette souveraine -Ndlr) européen initial est ambitieux et a permis d'alimenter la hausse des marchés ces derniers mois, l'assouplissement supplémentaire annoncé par Mario Draghi paraît paradoxalement insuffisant" relève Axel Champeil.

Une situation analysée en détail par La Tribune le 4 décembre. En bref, les opérateurs boursiers attendaient que Mario Draghi annonce un programme de rachat de dette souveraine beaucoup plus massif pour relancer croissance et inflation. D'où une déception quasi générale que ne partage pourtant pas Axel Champeil.

L'économie accélère

"En abaissant les taux de dépôt, déjà en territoire négatif, et en confirmant les montants de rachat avec réinvestissement tout en prolongeant le programme jusqu'en mars 2017, nous considérons que, dans les conditions actuelles du marché, cela reste largement suffisant" indique ainsi la "Lettre des gérants".

Parce que le PDG de CAM est convaincu que l'Europe se trouve dans une phase d'accélération de son économie "et sur une tendance qui devrait se prolonger", grâce à la faiblesse de l'euro et du coût de l'énergie. Pour tonifier l'inflation Axel Champeil estime que la faiblesse de l'euro, "source d'inflation importée", devrait suffire. CAM voit ainsi l'inflation et le prix de l'énergie repartir à la hausse dans les 12 prochains mois.

Comme d'habitude depuis plusieurs mois, les intervenants sur les marchés s'attendent à ce que Janet Yellen, la patronne de la Fed, annonce une remontée des taux d'intérêts aux Etats-Unis lors de sa prochaine allocution, mardi 15 décembre. Mais Axel Champeil exprime quelques réserves sur cette éventualité, convaincu qu'il n'est pas facile de sortir d'un système monétaire aussi accommodant que celui de la Fed.

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