En Aquitaine, l’économie reste bien orientée

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Les productions bio s'imposent comme l'un des deux moteurs de la croissance agroalimentaire
Les productions bio s'imposent comme l'un des deux moteurs de la croissance agroalimentaire (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La hausse de l’activité économique a marqué un palier en octobre en Aquitaine, sans abandonner sa progression annuelle malgré sa légère baisse mensuelle.

La dernière enquête du bureau régional de la Banque de France en Aquitaine montre que l'indicateur du climat des affaires dans l'industrie enregistre un petit recul, tout en restant calé juste en-dessous de sa moyenne de longue durée, très proche de l'évolution de l'ensemble de la France. Si le recul est un peu plus marqué pour l'indicateur des affaires des services marchands, ce dernier reste nettement au-dessus de sa moyenne de longue durée.

Dans ce contexte, la production dans l'industrie (13,6 % de l'effectif régional) se maintient à un niveau supérieur à celui d'octobre 2014, avec une forte perspective de croissance de près de + 20 % à court terme.  La hausse de la demande, qui a démarré au début du second semestre, se poursuit et profite aux carnets de commandes dans la plupart des secteurs industriels. Les recrutements pourraient ainsi continuer à s'étoffer, en particulier dans la fabrication de machines et d'équipements électriques et de matériel de transport.

Des capacités de production sous-utilisées

Le moteur de la demande ayant été enclenché, les prévisions d'activité dans l'industrie sont majoritairement bien orientées. L'utilisation des capacités de production enregistre toutefois un recul de 5 % par rapport à la moyenne de longue période. Avec un fléchissement de l'usage des capacités de production plus marqué au dernier trimestre dans le segment de la fabrication de produits métalliques. Si le rythme saisonnier de nombreux marchés dont dépend l'industrie agroalimentaire (17,4 % de l'emploi industriel régional), comme celui du foie gras -malgré les tentatives faites pour sa banalisation-, n'est plus à démontrer, l'agroalimentaire reste le plus puissant des moteurs industriels. Supérieure sur un an, la production d'octobre est en retrait par rapport à cet été mais continue à bénéficier de commandes toujours bien orientées.

IAA, carnets de commandes insuffisants

Cela en surprendra sans doute quelques uns, mais les productions bio et haut de gamme s'imposent comme les deux segments de marché les plus porteurs, tandis que la demande de produits de base reste atone. Est-ce à cause d'un effet retard ?, en tout cas la hausse des couts de revient de matières premières aussi sensibles pour l'industrie agroalimentaire (IAA) que le sucre ou la cacao n'a pas encore était répercutée dans les prix de vente finaux. Bien que situé nettement au-dessus de sa moyenne de longue période (presque + 20 %) le niveau des carnets de commandes semble, selon la Banque de France, insuffisant, et le banquier central prévient que la production devrait rester orientée à la baisse. Le sous-ensemble industriel "équipements électriques, électroniques, informatiques et autres machines" (11 % de l'emploi industriel régional) affiche d'importantes perspectives de croissance, autour de + 30 % ; d'ici le quatrième trimestre.

Forte hausse en vue pour les matériels de transport

En légère baisse cet été, tout en restant supérieure sur un an, la production se stabilise en octobre, portée par une dynamique sur les marchés, à l'intérieur comme à l'export. Les prévisions favorables en "équipements électriques, électroniques, informatiques et autres machines" sont alimentées par la bonne tenue des carnets de commandes.

Les prévisions de production sont aussi élevées pour les matériels de transport (16,6 % de l'emploi industriel), à plus de 20 %, ce qui pourrait se solder par des embauches. Fortement disparates d'une branche d'activité à l'autre, les niveaux de production d'octobre restent quasiment stables, observe la Banque de France. Les carnets de commande restent bien orientés à la hausse, au-delà de leur moyenne de longue période. Comme le mois dernier et malgré la signature de nouveaux contrats, la construction aéronautique et spatiale, n'entraine pas encore de hausse de production. Moralité, les niveaux de production dans l'aéronautique et le spatial continuent à s'éroder en septembre. La situation devrait se redresser dans un délai compris entre 12 et 18 mois.

Fret de proximité en tête

L'évolution des services marchands (16,1 % de l'emploi global) est assez comparable à celle de l'industrie. L'activité se stabilise en octobre en restant supérieure à octobre 2015. La demande ralentit un peu. Travaillés par une vive concurrence, les tarifs ont diminué sans impacter les trésoreries et les prestataires anticipent une hausse modérée du volume d'affaires. L'activité des agences de travail temporaire se situe à un niveau nettement supérieur à celui de l'an dernier à la même époque, avec des perspectives d'accélération de l'activité à court terme. La demande dans les transports routiers continue à progresser, sur un an et un mois. Mais cette tendance favorable cache une certaine hétérogénéité : tandis que le fret de proximité s'impose comme une locomotive du secteur, le fret longue distance reste faible.

Après un mois de septembre très favorable, la demande dans l'hôtellerie est en recul en octobre, même si les taux d'occupation sont jugés satisfaisants. Et la baisse des tarifs ne devrait pas pénaliser les trésoreries, jugées confortables. Cette pause de la reprise en octobre ne semble pas annoncer une chute récessive, mais marquer plutôt un petit à-coup dans une tendance qui reste bien orientée.


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