Arrêts de travail : les Girondins mauvais élèves

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36 % des arrêts de travail ne sont pas médicalement justifiés selon les contrôles menés par la CPAM de Gironde.
36 % des arrêts de travail ne sont pas médicalement justifiés selon les contrôles menés par la CPAM de Gironde. (Crédits : Reuters)
Les Girondins consommeraient bien plus d'arrêts de travail que les actifs français, d'après l'enquête menée par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde. Des actions sont donc menées pour inverser la tendance.

Au cours du 1er trimestre 2015, la CPAM de la Gironde a mené des actions ciblées de sensibilisation et de contrôle. Et pour cause : dans une conjoncture où l'emploi salarié recule et la population active stagne, l'organisme démontre suite à une enquête que les dépenses liées aux arrêts de travail connaissent une évolution constante, plus forte encore en Gironde que sur le reste du territoire, avec un taux d'évolution annuel moyen de + 3,8 % depuis 2010 contre + 1,4 % au plan national.

Un actif girondin sur 4 a eu au moins 1 arrêt de travail en 2014, ce qui représente 51 jours par assuré consommant : un taux supérieur de 10 % à la moyenne des autres départements d'après la CPAM de Gironde ! Le montant des dépenses liées aux arrêts de travail s'estimerait ainsi à 232 millions d'euros.

La CPAM estime que plusieurs facteurs économiques et socio-démographiques favorisent cette atypie. Notamment la typologie de l'emploi avec une sur-représentation en Gironde de secteurs fortement pourvoyeurs d'arrêts maladie (métiers du bâtiment et de la santé).

Sensibilisation et responsabilisation : les maîtres-mots

Dans un système de santé basé sur la solidarité, ce que la CPAM qualifie de "comportements déviants" sont pénalisants pour tous les assurés. L'organisme se mobilise donc pour mieux maîtriser cette évolution préoccupante, menant des campagnes de sensibilisation et renforçant ses contrôles pour un recours plus responsable aux arrêts de travail.

Suite à ces opérations menées en Sud Gironde, les contrôles du service médical révèlent que chez les patients ciblés, 36 % des arrêts ne sont pas médicalement justifiés et les vérifications à domicile montrent que 51,1 % des assurés ne sont pas présents aux heures auxquelles ils doivent être à leur domicile. Morale soudaine ou peur de la sanction encourue, l'impact est efficace. A l'issue de ces actions, le volume des indemnités journalières a diminué de 8,1 % (contre 0,5 % dans le reste du département, entre le 2e trimestre 2014 et le 2e trimestre 2015). Le nombre d'assurés en arrêt et la durée des arrêts ont respectivement reculé de 3 % et 5 %.
Les contrôles réglementaires des services administratifs ont donné lieu à 7.378 avertissements et 370 sanctions, ce qui représente une économie de 42.354 €. Et ce pour deux raisons : un recours plus faible à l'arrêt de travail, mais également un raccourcissement de la durée de ces derniers. La CPAM reconduit ce mois de novembre ces actions sur le territoire du Nord Gironde.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2015 à 19:10 :
La CPAM est complice, dans la mesure où les contrôles ne débouchent généralement pas sur des sanctions. Elle procède par des avertissements multples, de telle sorte que la fraude est encouragée. La CPAM est-elle plus laxiste en Gironde ? Pour la MSA, les arrêts sont aussi plus nombreux que dans les autres départements. La charge pour la collectivité est insupportable, et on va finir par pénaliser les véritables malades.
Au fait, où en est l'absentéisme des fonctionnaires ? Souvenons-nous qu'il a augmenté lorsque la ministre (Lebranchu ?) a supprimé les jours de carence.

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