L’Europe, nouvelle zone de croissance mondiale ?

 |  | 550 mots
L'explosion de la bulle spéculative immobilière chinoise et son impact boursier ne menacent pas l'Europe, selon CAM.
L'explosion de la bulle spéculative immobilière chinoise et son impact boursier ne menacent pas l'Europe, selon CAM. (Crédits : Reuters / China Daily)
Malgré certaines réserves, Axel Champeil, PDG de la société de gestion de portefeuille Champeil Asset Management (CAM), à Bordeaux, se demande si l’Union européenne ne va pas s’imposer comme la nouvelle zone de croissance mondiale.

Les fortes turbulences provoquées cet été 2015 sur les places boursières mondiales par l'éclatement de la bulle immobilière chinoise et le ralentissement de la croissance économique du dragon pékinois n'ont pas dégénéré en tsunami international. Et dans sa dernière livraison de la "Lettre des gérants", datée de septembre, Axel Champeil ne voit pas de danger économique majeur dans ce phénomène extrême-oriental.

"Il s'agit d'un éclatement de bulle boursière locale, alimenté par des indicateurs économiques dégradés (...) La question est à ce stade de tenter de comprendre si le ralentissement économique chinois est capable de remettre en cause la croissance mondiale. Nous ne le pensons pas", analyse en substance le patron de CAM.

Les indices boursiers ne sont pas des indicateurs économiques et malgré le risque de déstabilisation qu'elle fait courir aux marchés financiers, la crise immobilière chinoise ne devrait pas enrayer la croissance de cette locomotive mondiale, même si elle avance moins vite aujourd'hui.


La Grèce, bombe à retardement ?


La "Lettre des gérants" de CAM se montre ainsi plus inquiète en ce qui concerne l'avenir de la zone euro. Si le marché boursier est resté à la hausse à cause de la publication des résultats plutôt bons des entreprises cotées et de la résolution de la crise grecque, Axel Champeil estime "que le cas grec, voire européen, n'est pas clos et que la capacité de la Grèce à assurer ses engagements n'est pas assurée". D'où l'idée d'une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des pays de la zone euro.

Le patron de CAM n'est pas convaincu par l'accord politique, aux conditions budgétaires pourtant drastiques pour le gouvernement grec -ndlr, qui a permis de sortir de cette crise et estime que "nos gouvernants politiques, économiques et monétaires appliquent une stratégie de fuite en avant", avertissant que le "rythme des réformes en France et la remontée des taux de la Fed américaine sont deux éléments que nous scrutons de près pour identifier la volonté de nos gouvernants de normaliser cette politique expansionniste dangereuse".


De vrais facteurs de croissance


Une façon indirecte de critiquer la politique d'assouplissement quantitatif (quantitative easing) de la Banque centrale européenne, qui, en rachetant des dettes souveraines - comme les bons du trésor -, accroît la masse monétaire en circulation. Axel Champeil condamne ainsi ce qu'il estime être une position politique attentiste, soit "l'espérance de croissance (...) facile et d'un retour de l'inflation pour régler le sujet de la dette qui pèse sur nos économies". L'inflation a toutefois fait depuis longtemps la preuve de son efficacité pour dégonfler les dettes souveraines.

Les incertitudes nées de cette politique européenne modérée de recours à l'inflation ne plongent toutefois pas le PDG de CAM dans un abîme d'anxiété. Car ce contexte "ne remet pas en cause les facteurs favorables à la reprise économique que sont la faiblesse des taux d'intérêts, des matières premières et de l'euro. Et si l'Europe venait à être la nouvelle zone de croissance ?", questionne même Axel Champeil !, qui conclut en soulignant l'attractivité des actions.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :