Léger rebond du moral des patrons de TPE et de l’emploi

 |  | 683 mots
Méconnues d'une très large majorité de patrons de TPE (71 %), les mesures annoncées par Manuel Valls le 9 juin dernier pour favoriser l'emploi dans les TPE et PME, présentées isolément aux personnes interrogées lors de cette enquête, recueillent plus de 76 % d'opinions positives.
Méconnues d'une très large majorité de patrons de TPE (71 %), les mesures annoncées par Manuel Valls le 9 juin dernier pour favoriser l'emploi dans les TPE et PME, présentées isolément aux personnes interrogées lors de cette enquête, recueillent plus de 76 % d'opinions positives. (Crédits : Reuters)
Légère amélioration du moral et de l’emploi même si ce dernier reste encore fragile : c'est ce qu'indique le résultat du 59e Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’Ifop pour Fiducial auprès des très petites entreprises. Cette enquête s'intéresse également aux perspectives d’embauche et aux motivations des chefs d'entreprise pour passer à l’acte.

Ce n'était plus arrivé depuis le 2e trimestre 2012 : selon le dernier baromètre des TPE Fiducial Ifop, les patrons de TPE optimistes (51 %) dans leur propre activité sont de nouveau plus nombreux que les pessimistes. Cet optimisme apparaît de façon plus marquée pour les six prochains mois d'activité : 62 % les appréhendent avec optimisme.
 
Cette enquête réalisée du 6 au 24 juillet 2015 sur un échantillon de 1.004 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs) révèle que 71 % des chefs d'entreprise sont pessimistes sur le climat général des affaires en France et la confiance globale accordée au gouvernement Valls (23 %) reste basse même si elle remonte d'un point ce trimestre.

L'emploi repasse au vert

Après sept trimestres consécutifs de destructions d'emplois, la création nette d'emplois ( différence entre les créations et les suppressions de postes) redevient positive et s'établit à +0,5 point même si elle reste moindre à ce qui était annoncé par les patrons (+1).  Les perspectives sont également encourageantes avec une prévision de +4 points pour le prochain trimestre. Là encore, un tel résultat n'était plus envisagé depuis le 2e trimestre 2012. Largement majoritaires, les CDD et l'intérim représentent 65 % des embauches. 
 
"Si le moral des patrons et la situation de l'emploi s'améliorent, il faut rester prudent car en juillet 2012, comme en juillet 2015, un léger regain de confiance s'était aussi accompagné d'un redressement de leur situation financière et de la création nette d'emplois, avant que tous ces indicateurs ne replongent jusqu'à aujourd'hui", rappelle Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles de Fiducial. La prudence reste d'autant plus de mise que d'autres indicateurs restent dans le rouge : la situation financière (pourcentage des TPE constatant une amélioration de leur situation financière par différence au pourcentage de celles enregistrant une dégradation) reste négative. "Un tiers des patrons de TPE jugent leur situation financière toujours préoccupante et l'investissement ne profite nullement de l'optimisme renaissant avec seulement une TPE sur six ayant déposé un dossier de financement", ajoute Jean-Marc Jaumouillé.

Pas d'embauche sans croissance ni simplification et baisse des coûts

Presque la moitié des patrons de TPE (46 %) déclare que leur entreprise pourrait augmenter son chiffre d'affaires et développer son activité avec ses effectifs actuels, simplement en augmentant leur temps de travail hebdomadaire. Et par conséquent sans embaucher. Un tiers d'entre eux estime pouvoir augmenter leur chiffre d'affaires de 10 % à effectif constant (et 39 % de plus de 5 points).
 
51 % des patrons souhaiteraient augmenter leurs effectifs en cas de réelles perspectives de croissance (carnet de commandes rempli à 6 mois, croissance des ventes de plus de 10 %). D'autres mesures seraient susceptibles de renforcer l'embauche : réduction significative des cotisations sociales patronales (95 %), d'une diminution des obligations réglementaires (71 %) ou barème d'indemnités plafonné et indexé sur l'ancienneté en cas de licenciement (61%).
 
En cas de réelles perspectives de croissance,  les patrons qui ne recruteraient pas le justifient à 74 % en raison du coût salarial engendré, à 72 % du fait de la lourdeur des procédures administratives et à 69 % à cause du poids de la réglementation du travail.

D'accord avec les mesures pour favoriser l'emploi

Méconnues d'une très large majorité de patrons de TPE (71 %), les mesures annoncées par Manuel Valls le 9 juin dernier pour favoriser l'emploi dans les TPE et PME, présentées isolément aux personnes interrogées lors de cette enquête, recueillent plus de 76 % d'opinions positives : 91 % des patrons sont favorables au renforcement des contrôles et des sanctions contre les fraudes au détachement de salariés détachés ; 88 % sont pour la formation de 40.000 demandeurs d'emplois sur les métiers non pourvus dans les TPE et PME ; 82 % pour la possibilité de renouveler 2 fois les CDD et contrats d'intérim ; 77 % pour l'aide de 4.000 euros sur deux ans accordées aux primo-employeurs ; 76 % pour le relèvement des obligations liées aux seuils de 9 à 10 salariés à 11.
 
Mais seulement 48 % de ces chefs d'entreprise déclarent que ces mesures vont avoir des effets bénéfiques sur l'emploi en France et uniquement 16 % qu'elles vont les inciter personnellement à embaucher.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :