Bordeaux surfe sur un marché international du vin à la hausse

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Jacques-Olivier Pesme, Thierry Hiere et Olivier Bernard
Jacques-Olivier Pesme, Thierry Hiere et Olivier Bernard (Crédits : Céline Lanusse)
La 2e édition des Talents du vin, organisée hier par La Tribune - Objectif Aquitaine au Palais des congrès de Bordeaux, dans le cadre de Vinexpo, avec Kedge Business School comme parrain officiel, a passé le marché export des vins de Bordeaux à la loupe grâce à une table ronde qui a mis en exergue le rôle des grands crus.

Cette 2e édition des Talents du Vin, qui s'est déroulée en présence de Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune et La Tribune - Objectif Aquitaine, et de Cendrine Martinez, directrice générale déléguée de La Tribune - Objectif Aquitaine, était animée par Mikaël Lozano, rédacteur en chef de La Tribune - Objectif Aquitaine et Pascal Rabiller, rédacteur en chef adjoint. La soirée a commencé par une intervention de Cendrine Martinez qui s'est félicitée que cette 2e édition ait été accueillie "dans le saint des saints, à Vinexpo". Intitulée "Quels atouts et alliés pour le vin français à l'international ?", cette table ronde réunissait Olivier Bernard, président de l'Union des grands crus de Bordeaux et propriétaire du Domaine de Chevalier (grand cru classé de Graves en Pessac-Léognan), Thierry Hiere, responsable du marché Agriculture à la Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique (BPACA) et Jacques-Olivier Pesme, directeur associé de Kedge Business School.

Un marché mondial à la hausse

Interrogé sur l'évolution du marché du vin, Jacques-Olivier Pesme a fait un constat encourageant.

"A 280 millions d'hectos par an, la production de vin reste élevée sur le marché mondial grâce à l'arrivée de nouveaux producteurs, c'est un élément dynamique, a-t-il souligné en particulier. Après avoir reculé dans les années 1960, la consommation mondiale est repartie à la hausse dans les années 2000. Avec l'arrivée de nouveaux consommateurs, ce sont des marchés nouveaux qui apparaissent. La tendance reste à la hausse, ce qui n'exclut pas qu'il puisse y avoir localement des tensions. Alors que l'export représentait moins de 20 % des ventes de vin dans les années 1950, cette part du commerce international atteint désormais 40 %, ce qui est déterminant pour la croissance des marchés" a résumé en substance Jacques-Olivier Pesme.


135 châteaux dans l'Union

Avec un chiffre d'affaires global de 7,6 Md€ par an, pour un marché de 26 Md€, les vins français (Champagne compris) se portent bien. Un marché mondial où la France occupe la première place (en valeur). Un succès auquel le vin de Bordeaux participe. "Bordeaux contribue pour beaucoup à l'image des vins de France à l'étranger" a observé Jacques-Olivier Pesme. Ce succès est en particulier lié à la place dominante de Bordeaux dans les vins de très haut de gamme au plan mondial. Un rayonnement activement entretenu par l'Union des grands crus de Bordeaux.

"C'est un outil original né en 1974 à l'initiative d'un petit groupe, à l'occasion d'un voyage au Japon. L'Union des grands crus fédère 135 châteaux sur les 250 qui vendent des primeurs. Le budget est alimenté par les cotisations des membres, explique Olivier Bernard. Nous organisons 80 opérations de promotion par an et nous avons connu trois années vraiment difficiles, en 2011, 2012, 2013, au cours desquelles la nature nous a rappelé qu'elle était la plus forte après que nous ayons cru que les arbres pouvaient monter jusqu'au ciel."

Ces opérations de promotion se font en particulier aujourd'hui en Chine, aux Etats-Unis et en Europe.

Les grands crus également au Sud

L'Union des grands crus de Bordeaux, qui va depuis longtemps chaque année à New York, a élargi son périmètre vers le sud des Etats-Unis, avec Phoenix (Nouveau Mexique) et Atlanta (Géorgie), et ira cette année au Canada. "Nous touchons 45.000 professionnels et 15.000 particuliers par an, en organisant des dîners, des cours de dégustation ou encore des master class. Quand on revient des Etats-Unis, ça veut dire que nous y avons passé trois semaines et visité une centaine de domaines viticoles : c'est comme une traînée de poudre qui profite aux 250 grands crus et aussi à Bordeaux..." Comme l'a rappelé Jacques-Olivier Pesme, la globalisation entraîne la segmentation des marchés "où les vins français sont très reconnus dans le segment des vins iconiques, où l'on compte le moins de domaines au monde mais dans lequel Bordeaux est très très fort, grâce aux qualités intrinsèques du vignoble et aux opérations de promotion qui entretiennent cette image."

BPACA, opérateur viticole

Réorganisée depuis quelques années sur le périmètre de la future grande région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, la BPACA, dont le siège est à Bordeaux, s'étend sur 11 départements où elle sert 10.000 clients agriculteurs et 2.000 viticulteurs, soit 13 % de l'ensemble de l'effectif de ces trois régions.

"La BPACA dispose d'une banque d'affaires à Bordeaux qui suit le secteur des vins et spiritueux, sachant que le Cognac nous apporte plus que le Bordeaux. Quand il s'agit de l'export, nous orientons nos clients vers un expert pour aborder les questions techniques, sans oublier l'appui dont nous bénéficions de la part du groupe BPCE. La BPACA propose en particulier la réalisation d'études sectorielles ou sur des structures, pour en mesurer la solvabilité, des dispositifs d'assurance à l'export et des produits plus classiques, comme les avances sur subventions. L'idée c'est de lever tous les freins à l'export, de sécuriser les échanges grâce à une riche palette de produits", résume Thierry Hiere.


Notre président chez Emmanuel Macron, avec des Chinois

Invité à déjeuner hier à midi par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, lors d'une rencontre franco-chinoise, Jean-Christophe Tortora a donné une dimension supplémentaire à cet aspect international du vignoble.

"Il y avait du bordeaux à table. Les Chinois nous ont dit : "Nous avons la plus grande surface cultivée en vigne et vous avez la plus grande production en vin. Mais nous ne savons pas vendre notre vin. Aussi nous aimerions que les Français nous aident à créer des écoles de formation en Chine pour nous former à ce marketing." C'est d'autant plus impressionnant, a repris notre éditeur, que les Chinois boivent avant tout et en priorité du bordeaux."

Après avoir rappelé que la filière compte, en plus du vin, des architectes, des équipementiers ou des commerciaux, qui ont été distingués lors de la remise des trophées, Jean-Christophe Tortora est revenu sur la création du bureau La Tribune à Bordeaux, avec le rachat d'Objectif Aquitaine. Il a souligné que l'expansion du lectorat La Tribune - Objectif Aquitaine rejaillissait désormais au plan national, grâce au site Internet développé par notre groupe de presse où s'interpénètrent dimensions régionale et nationale, mais aussi à l'international, qui représente 20 % de l'audience du titre.

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