A Bordeaux, Champeil s’inquiète d’une hausse des taux en France

 |  | 518 mots
Le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro n'est plus tabou
Le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro n'est plus tabou (Crédits : ALKIS KONSTANTINIDIS)
Omniprésente depuis plusieurs mois, la question d’un rebond à la hausse des taux d’intérêt est devenue plus sensible depuis deux jours. Tout en restant optimiste, Axel Champeil, patron de Champeil Asset Management (CAM), juge que ce risque pèse sur la tendance des marchés.

Selon la "Lettre des gérants" datée de juin, publiée par CAM, mai a été marqué par une certaine confusion sur les marchés actions. La consolidation du CAC 40, dont le cours s'est légèrement érodé de - 0,7 %, s'est faite dans un contexte marqué par l'évolution du dossier grec et les annonces d'un futur relèvement des taux d'intérêts aux Etats-Unis, d'où "une grande hésitation sur les marchés financiers" juge Axel Champeil, PDG de CAM.

Cette situation un tant soit peu confuse se poursuit, selon le gestionnaire, qui relève trois grands points qui devraient peser sur la tendance. Axel Champeil estime tout d'abord que la possibilité de la sortie de la Grèce de la zone euro, ou "Grexit", n'est plus un tabou. "Aussi, nous pensons que le sujet restera d'actualité durant un moment encore et que ce scénario n'est pas à exclure" note le PDG, qui en profite pour rappeler que le poids de la dette fragilise "un grand nombre de pays, à commencer par la France".

Secousses sur l'OAT

Amortie par la faiblesse des taux d'intérêt, cette fragilité va continuer à alimenter la volatilité des marchés actions, analyse Axel Champeil, dont le pronostic n'est plus aussi optimiste qu'en début d'année. Le poids de la dette souveraine nourrit une instabilité des marchés qui "s'accentuera également avec la poursuite prévisible de la hausse des taux" estime-t-il ainsi. Autant dire que ces derniers jours lui donnent raison. Le taux de rendement de l'OAT (obligation assimilable du trésor) à 10 ans, qui fixe le taux de l'emprunt d'Etat à cette échéance, est un indicateur clé pour l'évolution des taux d'intérêt en général. Alors que la situation ne semblait pas très préoccupante sur ce terrain il y a encore dix jours, cette semaine s'achève dans un climat convulsif. L'OAT allemand, le "Bund" a ainsi flambé en frôlant la barre de 1 % hier, avant de clôturer à 0,87 % (il était descendu auparavant autour de 0,2 %), tandis que l'OAT français a grimpé de 0,81 % lundi à 1,18 % ce vendredi (il avait atteint jusqu'à 0,6 %).

Potentiel de hausse

Axel Champeil craint que cette hausse des taux ne s'autoalimente jusqu'à constituer un risque "sur fond de retour de l'inflation". Inflation, qui, avec une prévision européenne à 0,3 %, suffit à inquiéter des investisseurs financiers très nerveux. Le patron de CAM tire de la menace du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), ou "Brexit", la leçon "que la stabilité politique en Europe n'est pas encore assurée". Il appelle de ses vœux un relèvement des taux d'intérêt aux Etats-Unis sans se faire d'illusion, "nous n'imaginons pas la Fed participer davantage au renchérissement du dollar".

Malgré une situation devenue instable pour les obligations et les actions, Axel Champeil estime que les marchés actions européens pourraient repartir à la hausse dans les prochaines semaines et mise sur l'effet catalyseur des résultats semestriels des sociétés qui seront publiés fin juillet "reflétant l'amélioration de la conjoncture européenne".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :