En Aquitaine, les collectivités n’échappent pas au risque

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Malgré un risque inférieur à la moyenne nationale, les collectivités d'Aquitaine n'échappent pas toutes à la menace qui pèse sur leur autofinancement
Malgré un risque inférieur à la moyenne nationale, les collectivités d'Aquitaine n'échappent pas toutes à la menace qui pèse sur leur autofinancement (Crédits : reuters.com)
Vincent Corduan, directeur régional Midi Atlantique de la Banque postale commente pour La Tribune - Objectif Aquitaine les premiers résultats sur l’activité "collectivités locales" de sa banque dans le Sud-Ouest.

La Banque postale a été propulsée par les pouvoirs publics sur ce marché en 2012 afin d'alimenter en crédits nouveaux les collectivités locales, suite à la déconfiture en 2011 de la banque franco-belge Dexia, spécialisée sur ce marché en France. La Banque postale joue ainsi les pompiers mais comme c'est une banque, elle commence à produire des études de fond sur le marché des collectivités locales où elle n'est vraiment opérationnelle que depuis 2013.

"Le territoire Midi Atlantique de la Banque postale couvre les régions Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes. Nous y employons 50 personnes pour toutes les clientèles autres que les particuliers. Le secteur des collectivités locales mobilise 15 personnes entre Bordeaux et Toulouse et nous avons deux autres centres d'affaires consacrés aux entreprises publiques locales, à l'économie sociale, avec les mutuelles, les bailleurs sociaux, les établissements publics de santé. Un ensemble pour lequel travaillent nos 35 autres salariés", détaille Vincent Corduan.

 
Un quart des nouveaux financements


La Banque postale génère bien un produit net bancaire (PNB) dans sa région Midi Atlantique mais, considérant cette information comme stratégique, Vincent Corduan ne souhaite pas la communiquer. Il accepte toutefois de préciser que son établissement représente un quart des nouveaux financements mis en place sur ce territoire.

"En 2014, notre production de crédits dans la région Midi Atlantique est de l'ordre de 950 M€. Je tiens à préciser que, concernant l'endettement, l'Aquitaine affiche des indicateurs de risque moins élevés que la moyenne nationale. Pourtant, si cette situation est plutôt favorable, des collectivités se trouvent dans des situations tendues", évoque Vincent Corduan.

Illustration régionale d'un phénomène national largement répandu et qui menace l'épargne brute, soit la capacité d'autofinancement des collectivités.

"Pour la calculer, il suffit de faire une soustraction entre dépenses et recettes", relève Vincent Corduan.


Des dépenses supérieures aux recettes


L'analyse nationale rendue publique avant-hier, 5 mai, par la Banque postale montre que les dépenses réelles de fonctionnement étaient en hausse de + 3 % en 2013 (soit + 15 Md€) et de plus de 2 % en 2014 (environ + 12 Md€), alors que les recettes ont augmenté de l'ordre de + 1,6 % (environ + 7 Md€) en 2013 et de + 1 % (+ 5 Md€) en 2014.

"Le rythme de la hausse des dépenses se ralentit depuis quatre ans. Cela marque un début de prise de conscience. Mais réduire la hausse des dépenses ne suffit pas. Quand on a des recettes à + 0,5 % et des dépenses à + 1,7 %, ce qui devrait arriver en 2015, on comprend qu'il y a rupture d'équilibre. De nouvelles baisses de dotations de l'Etat sont au programme en 2016 et 2017. Cela fait quatre ans, depuis 2011, que la hausse des dépenses est supérieure à celle des recettes. Si les collectivités ne font pas d'effort pour réduire ces dépenses, en 2017 cela fera sept ans de dépenses supérieures aux recettes", explique Vincent Corduan.

Autrement dit l'investissement des collectivités, qui a baissé au plan national de 5 Md€ en 2014, avec une prévision de recul de 3,9 Md€ en 2015, pourrait continuer à piquer du nez. Pas facile de sortir de ce piège estime le patron Midi Atlantique de la Banque postale, puisque les Français veulent conserver un niveau élevé de services publics de proximité. Pour faire autant avec moins, Vincent Corduan estime que les collectivités (intercommunalités en particulier) vont devoir mobiliser des moyens peu ou pas utilisés, comme la mutualisation des fonctions supports (comptabilité, informatique, etc.) et des achats. Le temps des réducteurs de coûts est venu, même si ces derniers sont encore visiblement trop peu nombreux.

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Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 8:26 :
Il reve ...on est en France..rien ne bougera
a écrit le 11/05/2015 à 20:15 :
Elle est partie gentiment à la retraite en 2007 après avoir renégocier les emprunts avec Dexia. Un savant mélange indexé sur les variations des yens et du franc suisse.
Evidemment, pour les autres, elle était intraitable. Il fallait être dans les petits papiers du maire adjoint aux finances dans cette commune pour pouvoir acheter un pc.
Résultat : après scission des élus de la majorité, tout ce petit monde a eu droit à une déculottée électorale en 2008 et une épée de Damoclès au dessus de la tête pour l'équipe sortante réélue en 2014.

Mais elle, tranquille à la retraite aujourd'hui. C'était une réductrice "étrange" de coût et en même temps une sacrée catastrophe pour la commune.

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