Ford Aquitaine Industries, le préfet est optimiste

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Les syndicalistes estiment que la survie de FAI est en jeu
Les syndicalistes estiment que la survie de FAI est en jeu (Crédits : Agence Appa)
Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (33), filiale de Ford Europe spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, traverse une période troublée par des questions techniques au cœur du comité d’entreprise extraordinaire de ce matin.

Les élus de l'intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO de FAI, qui emploie 980 salariés à Blanquefort, ont été reçus hier par le préfet de Région, Michel Delpuech, en présence des représentants de la Direccte (Direction régionale de l'entreprise, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) et du commissariat au redressement productif. Selon Philippe Poutou, élu CGT à FAI, le représentant de l'Etat a expliqué aux syndicalistes que le comité de suivi de FAI, qui devait se tenir avant fin novembre 2014, n'avait pu avoir lieu à cause de différences de vues entre les directions de FAI et de GFT (Getrag Ford Transmissions), l'usine sœur située à quelques dizaines de mètres. Alors que Michel Delpuech est sur le départ, il quitte l'Aquitaine à la fin du mois, il a promis qu'un nouveau comité de suivi aurait bien lieu en juin, sous l'autorité de son successeur, Pierre Dartout.


Des renforts venus de Genk


"Le préfet et les représentants des services de l'Etat se sont montrés optimistes. Ils sont conscients du fait que FAI est sur la corde raide mais restent persuadés que Ford lancera un nouvel investissement important à Blanquefort l'an prochain, avec la mise en fabrication d'une nouvelle boîte de vitesses, explique Philippe Poutou. Nous leur avons expliqué, poursuit-il, que, de notre point de vue, il s'agit d'un calcul dangereux." S'appuyant sur l'analyse économique réalisée par le cabinet Secafi, qu'ils ont remis hier au préfet, les syndicalistes estiment qu'actuellement il n'y a pas de quoi être rassuré. C'est surtout la situation qui prévaut à la fabrication du double embrayage (DCT) qui les inquiète. Situation qui a fait l'objet d'un comité d'entreprise extraordinaire ce mardi matin. "Le double embrayage rencontre de gros problèmes techniques et nous avons discuté ce matin du plan de réaction à mettre en place pour trouver des solutions et sortir de la situation chaotique où nous nous trouvons. Ce qui est incroyable c'est qu'après trois ans de chômage partiel et des plans de formation, nous nous retrouvons avec un manque de compétence humaine sur le double embrayage, au point qu'il faut multiplier les heures supplémentaires, le soir et les week-ends", déplore Philippe Poutou.

Le syndicaliste précise que la direction a annoncé ce matin la mise en formation en urgence de 10 salariés pour ce poste, sachant que 3 ouvriers belges de l'usine de Genk, que Ford vient de fermer, ont été embauchés à FAI pour 6 mois... Selon l'intersyndicale, cette situation résulte d'un manque de discernement dans la politique de réduction des coûts menée par la direction depuis plusieurs mois. "A force de rogner partout, maintenant ça va leur coûter plus cher", juge Philippe Poutou. Dans ce contexte très contraint, les négociations annuelles obligatoires (NAO) vont démarrer sans illusion. Eviter à l'effectif de FAI de tomber à 600 salariés, c'est une des nouvelles préoccupations de l'intersyndicale, qui attend la réunion du prochain comité de suivi avec impatience.

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