"Pour l'instauration d'un don libre aux PME"

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L'ouvrage d'Annick Schott et Michel Jurquet cherche à explorer des pistes en partant d'exemples concrets
L'ouvrage d'Annick Schott et Michel Jurquet cherche à explorer des pistes en partant d'exemples concrets (Crédits : DR)
Maître de conférences à l'université de Bordeaux III en sciences de l'information et de la communication, la chercheuse bordelaise Annick Schott est l'auteure, avec Michel Jurquet, du livre "Pilotage des ressources humaines en PME". Un thème rarement abordé.

Le surtitre de votre ouvrage est légèrement provocateur : "Pour ne plus tarir les hommes au travail". Sont-ils si mal en point ?
"Dans les PME, on tarit par accident. Il n'y a pas de volonté du dirigeant de le faire, mais la complexité organisationnelle peut y conduire. Le salarié peut s'ennuyer, se dire qu'il ne sert à rien, à la manière de ce qui se passe dans les grands groupes."

Votre livre se focalise sur la gestion des ressources humaines dans les PME. Pourquoi ?
"Parce que cette question est assez peu abordée dans les livres de management. Cet ouvrage est loin des modèles préétablis à suivre, il vise plutôt à donner des pistes de réflexion en se fondant sur des exemples. Les spécificités des PME, articulées autour de la personnalité du dirigeant, offrent de multiples possibilités de pilotage. Il existe des outils pour mettre en place une démarche "contributive" des salariés qui sera forcément bénéfique pour la pérennité de l'entreprise. Notre livre suggère des solutions opérationnelles."

Vous portez également un autre combat : l'instauration d'un don libre aux PME en contrepartie d'une déduction fiscale...
"Face au peu d'intérêt bancaire, certains dirigeants de PME prennent la voie du financement participatif, mais il faut pour cela accepter d'ouvrir et de diluer le capital, avec les possibilités de petite perte d'autonomie et de changement du modèle économique que cela implique. Les patrons de PME prennent des risques, mettent leurs biens en jeu, et se retrouvent sans rien en cas d'échec. Ils sont donc attachés, naturellement, à leur indépendance. Diluer leur capital, oui, mais il faudrait alors le faire avec des gens qui partagent vos valeurs, ce que ne garantit pas le crowdfunding.
Je soulève donc la question du don. La possibilité pour tous ceux qui connaissent bien la PME d'apporter de la love money d'une façon différente, aussi simplement que l'on donne à une association, en échange d'une réduction fiscale. Mettre en place ce dispositif serait presque indolore pour l'Etat. Au vu des sommes pouvant être recueillies, le gouvernement pourrait se contenter d'accorder une petite réduction fiscale. Il suffit d'adapter aux PME ce qui existe déjà pour les organismes à but non lucratifs, sans créer de nouvelles usines à gaz. On pourrait me rétorquer que le système a été imaginé pour des organismes à but non lucratifs, oui. Mais ce tissu de petites et moyennes entreprises représente lui aussi une richesse. Je trouve terrible que personne ne fasse rien pour aider par tous les moyens possibles ces PME qui représentent 70 % du PIB français et plus de 60 % de l'emploi en France."

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Rendez-vous le 17 mars
Annick Schott et Michel Jurquet présenteront leur livre "Pilotage des ressources humaines en PME" à l'occasion d'un atelier-débat le 17 mars, à 17 h 30, à l'IUT Michel de Montaigne, 1 rue Jacques-Ellul à Bordeaux. Entrée libre.

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Commentaires
a écrit le 25/11/2016 à 8:39 :
une idée réaliste et certainement réalisable que tous les candidats à la présidence devraient non seulement prendre en compte, mais surtout inscrire dans notre législation ..

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