Bordeaux, capitale des matières minérales

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L'activité minière et la création de carrières n'ont pas toujours bonne presse mais jouent un rôle stratégique, ont rappelé les intervenants.
L'activité minière et la création de carrières n'ont pas toujours bonne presse mais jouent un rôle stratégique, ont rappelé les intervenants. (Crédits : YP)
Le marché immobilier français est sain et n’attend que l’application des bonnes décisions du gouvernement pour redémarrer aussi sec. Didier Riou, président de l’Unicem, s’est démarqué ce mercredi matin de toute tendance défaitiste, lors de l’ouverture du 63e congrès de la SIM.

Lancé depuis hier avec une série de visites techniques organisées en Aquitaine, le 63e congrès exposition de la Société de l'industrie minérale (SIM), présidée par Gilles Roch, a officiellement été inauguré ce mercredi matin à la suite de la conférence intitulée "Sortie de crise, quelles stratégies ?" où se sont succédé plusieurs orateurs représentant les services de l'Etat et les professionnels.

Avec 300 exposants, principalement des fabricants de matériels utilisés par l'industrie minérale (broyeurs, etc.), ce 63e congrès fait mieux que celui de l'an dernier, à Besançon. En plus des exposants francophones (Belges, Français) certains ont fait le voyage à Bordeaux depuis l'Allemagne et l'Espagne. Leurs produits devraient être vus par pas moins de 2.000 visiteurs représentant l'industrie des carrières, de France métropolitaine mais aussi d'outre-mer : des carriers des Antilles ont ainsi fait le déplacement. Avec 300 carrières, l'Aquitaine n'est pas une région phare de la filière en matière d'extraction.

La piste norvégienne

"Les Aquitains ont un besoin structurel de matériaux. Or une carrière a d'abord une fonction locale et rayonne rarement au-delà de 30 kilomètres de rayon, à cause du poids des matériaux qui plombent le coût du transport routier. Mais on s'aperçoit depuis quelques temps que les Bordelais ont recours à des importations de matériaux de Norvège. Le transport par bateau des granulats ne pose aucun problème de poids et ne coûte presque rien, toutes les villes portuaires en profitent", analyse ce spécialiste du marché.

La création d'une carrière n'est pas toujours populaire même si d'énormes progrès réglementaires et techniques permettent désormais de protéger l'environnement, pourtant le sous-sol a un rôle déterminant. "Les matières premières minérales sont indispensables à notre vie, ce qui les rend stratégiques et implique de les protéger et de les exploiter", a rappelé Yannick Le Mailloux, président du District Sud-Ouest de la Sim (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes), qui a animé cette matinée.

Une situation saine

Didier Riou, président national de l'Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction), a remis les enjeux en perspective et rappelé que l'Unicem, qui regroupe les industries extractives de minéraux, fédérait 2.700 entreprises et 40.000 salariés pour plus de 10 Md€ de chiffre d'affaires. Fournisseur en particulier des granulats, matériaux indispensables à la construction de logements mais aussi de routes, les industriels de cette filière ont vu leur activité reculer de 20 % depuis 2008, a précisé Didier Riou, "avec des baisses mensuelles de 12 à 13 % au cours de ces derniers mois par rapport à 2013".

Malgré ce contexte défavorable, le président de l'Unicem a tenu à faire savoir que la sortie de crise pourrait se faire très vite, à condition que le dernier plan présenté par le gouvernement ne soit pas lourdement amendé. "La crise immobilière de la France n'a rien à voir avec celle qu'a connu l'Espagne. Nous n'avons pas de stocks de maisons et les ménages ne sont pas endettés, il y a beaucoup d'épargne, c'est étonnant mais nous sommes dans une situation saine. Il suffit que les bonnes décisions soient appliquées pour que le marché suive tout de suite et reparte à la hausse. En attendant, nous n'espérons pas de reprise, même légère, avant le deuxième semestre 2015", a annoncé Didier Riou.

40 % de chute

Représentant en particulier les fabricants de matériels de travaux publics et de levage, Jean-Marie Osdoit, président du Seimat (Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, Bâtiment et levage) - Ficime (Fédération des entreprises internationales de la mécanique et de l'électronique), qui couvre 85 % des fabricants de matériels pour les travaux publics, plus de 10.000 salariés et 3,4 Md€ de chiffre d'affaires, a montré que la crise faisait aussi très mal. "Depuis cinq ans, les ventes de matériel ont chuté de 40 % d'où une forte inquiétude chez les professionnels, puisque le matériel vieillissant n'est pas remplacé. Nous n'attendons rien de 2015. Nous estimons que la reprise sera de retour en 2016, voire 2017", a pronostiqué Jean-Marie Osdoit. Ce 63e congrès s'achève vendredi 10 octobre. La 64e édition aura lieu l'an prochain à Mons, en Belgique, ce pays francophone faisant partie des districts de la SIM.

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