Vers la fin du miracle immobilier bordelais ?

 |   |  458  mots
Bordeaux aurait connu un très mauvais deuxième trimestre. (Crédit : ML)
Bordeaux aurait connu un très mauvais deuxième trimestre. (Crédit : ML) (Crédits : Mikaël Lozano / Objectif Aquitaine)
Le patron régional des promoteurs, Alain Ferrasse, estime que l’immobilier bordelais serait sous haute tension depuis deux mois.... Au rang des raisons invoquées : des élus communautaires résolus à suspendre les constructions de logements et le durcissement des règles d'urbanisme.

Sans être vraiment pimpantes, les autorisations de permis de construire ne se sont tassées que de 0,5 % en Aquitaine entre mars 2013 et février 2014 alors qu'elles plongeaient de 17,9 % en France métropolitaine. Et pendant la même période, la proportion de logements mis en chantier bondissait de 37,4 % dans notre région tandis qu'elle reculait de 2 % dans l'ensemble de la France (lire dans notre magazine daté de mai-juin).

Ces écarts de dynamique entre l'Aquitaine et le reste de la France ne sont-ils plus qu'un souvenir ? En tout cas, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers d'Aquitaine Poitou-Charentes, Alain Ferrasse, qui se montrait encore optimiste en mars dernier, anticipe désormais un effondrement du marché bordelais. "La lenteur chronique des élus à prendre à leur compte l'instruction des permis de construire est une première difficulté. Beaucoup d'entre eux ont eu des propos de facilité à l'égard de la construction pendant les dernières élections municipales, en disant à leur électorat qu'ils ne construiraient plus. Depuis deux mois, la situation s'est complètement dégradée", juge Alain Ferrasse.

La cogestion aux urgences

Et le patron de la FPI de pointer une sorte de choc en retour dans la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) où, en engloutissant les majorités de gauche, le raz-de-marée de droite aurait mécaniquement porté un coup très sévère à la cogestion, qui supposerait pour fonctionner un relatif équilibre des forces entre majorité et opposition. Le message métropolitain sur la construction des 50.000 logements, porté depuis 2010 par l'ex-président (PS) de la CUB, Vincent Feltesse, et Alain Juppé (UMP), qui lui a succédé, serait ainsi menacé par la trop forte assurance de certains nouveaux élus communautaires déterminés à suspendre les constructions de logements.

Autre écueil, selon le patron régional de la FPI, le durcissement "par des fonctionnaires" des règles d'urbanisme qui, en orientant la construction vers des logements de grande taille, couperait l'herbe sous le pied aux accédants mais aussi aux petits investisseurs, ouvriers et employés, dont le marché immobilier a absolument besoin. "Les cadences de ventes ont chuté au deuxième trimestre 2014, c'est une très mauvaise période. Les prix immobiliers sont trop chers et la loi de défiscalisation Duflot s'avère être une catastrophe, avec en plus une loi Alur (de régulation des prix des loyers - NDLR) qui dissuade d'investir. Avec un plan local d'urbanisme (PLU) qui oblige à avoir deux places de parking, à 20.000 € pièce, par appartement neuf, on va droit dans le mur !", s'inquiète Alain Ferrasse. Alarmiste ou pas, ce dernier espère que les élus de la métropole bordelaise vont prendre conscience de la situation et réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/07/2014 à 11:46 :
Pourquoi pas moins et mieux ?
Moins d'habitants, moins d'infrastructures, moins de pollution !
100 millions de français, 15 milliards sur la planète, c'est çà l'objectif ?
Réduisons le solde naturel par des politiques adaptées et les futures générations se porteront bien mieux !
a écrit le 09/07/2014 à 10:23 :
Je ne vois là aucune mauvaise nouvelle contrairement à ce qu'indique le lobby immobilier dont la presse est au service. Que je sache, on ne voit pas nombre de bordelais dormir dans la rue, il y a donc suffisamment de logements. La prétendue pénurie n'a jamais été démontrée, mais est un prétexte à la justification de prix et donc de marges délirants. Que tout cela s'écroule, que ce milieu de l'immobilier sombre corps et armes, que notre croissance se fonde sur les industries du XXIsiècle, et que l'épargne des français aille s'investir dans les PME créatrices d'emplois au lieu de s'investir dans des studios à louer. L'immobilier, c'est la source de croissance du XIX et du début XX. Je comprends mal pourquoi la France s'obstine à vouloir fonder sa croissance sur ce secteur rétrograde. Combien ce secteur a t-il déposé de brevets cette année ?
Réponse de le 09/07/2014 à 10:41 :
Comme on ne peut pas forcer les propriétaires à louer leurs logements vides (ou parfois leurs bureaux vides), il faut bien construire de nouveaux logements car oui, la population de Bordeaux, comme partout en France, augmente. Par ailleurs, les immeubles se dégradent avec le temps, il faut bien les remplacer un jour.
a écrit le 09/07/2014 à 9:37 :
Trop de maires (37 000 contre 16 000 en Italie, 12 000 en Allemagne) qui, à des fins électorales, empêchent toutes les constructions de logement. C'est le mal français, amplifié depuis le raz de marée de la droite aux municipales. C'est le paradoxe français. Les français reprochent aux élus de ne pas construire de logements mais ils ne veulent surtout pas qu'ils soient construits près de chez eux. Conséquence: la France va continuer de s'enfoncer, s'enfoncer, s'enfoncer et il n'y a rien qu'aucun gouvernement ne puisse faire. Supprimer la moitié des 37 000 maires anti-logements serait la solution, mais c'est impossible politiquement. Il reste bien une dernière solution, construire des villes nouvelles, ex-nihilo, dont on confierait la gestion à un organisme non-élu, donc non influençable.
a écrit le 08/07/2014 à 21:13 :
Ça m'étonnerait que des fonctionnaires fassent les lois, ça cache encore un manque de responsabilité de la part des décisionnaires ... Deux places de parking à Bordeaux ça ne sert pas à grand chose de toute façon on ne peut pas rouler dans cette ville et les transports en commun sont y fonctionnent très bien.
Réponse de le 08/07/2014 à 23:09 :
Moi c'est surtout le prix du parking qui me fait marrer - 20.000€ l'unité. C'est la faute du fonctionnaire ou du politique pas de l'entreprise du BTP... ça doit bien laisser 50% de marge.
Réponse de le 09/07/2014 à 9:40 :
La commune fait ce qu'elle veut en matière d'urbanisme [en plus des lois et normes usuelles], d'où un certain bordel ambiant. Pour résoudre le problème, la compétence est maintenant en cours de déplacement vers les métropoles (s'il y en a une). Cependant, quand on voit ça, on peut se dire que ça ne va pas résoudre grand chose, ça sera juste plus homogène sur le territoire de la métropole.

Quant au prix de la place de parking, si c'est trop cher, n'achetez pas, et eux ne construiront pas. Problème réglé ! [ça permet aussi de ne pas avoir à passer de temps à expliquer pourquoi la construction est en chute libre]
a écrit le 08/07/2014 à 17:34 :
comment en est on arrivé là ? alors qu'on manque cruellement de logement dans la communauté bordelaise..il faut dire que la loi duflot est trop complexe (cf .http://www.la-loiduflot.org) pour que les investisseurs s'y risquent. Il faut simplifier tout ça!
Réponse de le 08/07/2014 à 23:47 :
Il manque pas du tout de logements, mais on laisse les logements vides pour faire monter les prix, c'est tout , c'est un marché truqué.
a écrit le 08/07/2014 à 14:50 :
encore la main mise par des fonctionnaires d'état sur l'habitat, à quand des règles d'urbanisme qui seront pérennes au moins 5 ans, laissez les gens travaillés et arrêtez avec vos lois pour vous donner un nom
Réponse de le 09/07/2014 à 9:38 :
qui font blocage. Le BTP et le logement à cause des élus locaux s'effondrent et l'Etat n'y peut rien car nous ne sommes pas en dictature.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :