Bordeaux et 21 villes d'Europe appellent à réguler les plateformes de locations touristiques

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Bordeaux, Paris mais aussi Londres, Milan, Munich, Barcelone, Amsterdam et Helsinki interpellent à nouveau les instances européennes sur le phénomène Airbnb
Bordeaux, Paris mais aussi Londres, Milan, Munich, Barcelone, Amsterdam et Helsinki interpellent à nouveau les instances européennes sur le phénomène Airbnb (Crédits : CC by Pixabay)
Bordeaux, Paris et vingt autres villes européennes cosignent un appel à une règlementation plus restrictive envers les plateformes de locations saisonnières meublées telles que Abritel, Homelidays ou Airbnb. Cette dernière annonce un partenariat de partage de données avec Eurostat.

[Article mis à jour le 09/03/20 avec l'ajout de la réaction d'Airbnb]

"Nos villes considèrent que le tourisme est une source importante de revenus et d'emplois et ne condamnent pas les nouvelles formes de locations touristiques", précisent en préambule les 22 villes européennes signataires de cet appel à la Commission européenne parmi lesquelles figurent Paris et Bordeaux (*). Avant de poursuivre sur un ton plus offensif : "Aujourd'hui, nous sommes confrontées à de trop nombreux exemples de locations saisonnières illégales au sein de logements. Nous avons besoin de ces logements pour héberger les habitants qui désirent résider et travailler dans nos villes."

Définir un nouveau cadre européen

Les 22 signataires soulignent ainsi que la "location saisonnière au sein de logements ne peut être exercée de manière responsable que si la réglementation adéquate est mise en place" alors que "la réglementation européenne actuellement en vigueur nous laisse quasiment démunies face aux géants du numérique de la location saisonnière". Elles demandent donc à l'Union européenne de définir "définir un nouveau cadre réglementaire pour un marché unique du numérique qui obligerait les plateformes à partager avec les administrations des données exploitables" permettant en particulier d'encadrer et de contrôler davantage cette activité.

A Bordeaux et La Rochelle, comme de nombreuses villes touristiques et européennes et de plus en plus de zones rurales, le développement des plateformes internet de locations meublées touristiques vient percuter les politiques locales en matière de tourisme mais aussi et surtout de logement. Les volontés d'encadrement et contrôle se heurtent à la règlementation européenne. Fin décembre, déjà, huit villes européennes dont Paris, ont appelé l'Union européenne à réviser en "urgence" la réglementation sur les locations de courte durée suite à une décision de la justice européenne favorable à Airbnb.

Lire aussi : Tourisme : les locations meublées bouleversent les pratiques (6/8)

En janvier dernier, Airbnb s'était félicitée d'avoir reversé à 28.000 communes françaises 58 M€ correspondant à la taxe séjour perçue par ses hôtes conformément à ses obligations légales. Paris, qui concentre quelque 65 000 annonces de logements, a perçu 15,3 M€. La Rochelle a récupéré 500.000 €, Bordeaux 450.000 € et Biarritz 290.000 €. Pour mémoire, face aux près de 110.000 lits disponibles dans les hôtels de Nouvelle-Aquitaine, les plateformes internet de locations meublées affichent un total vertigineux de 825.000 lits, dont 40 % uniquement pour Airbnb, selon le cabinet Pro Tourisme.

Un partenariat Airbnb-Eurostat

De son côté, Airbnb fait valoir qu'elle coopère déjà avec un certain nombre de collectivités locales en Europe. "Nous travaillons d'ores et déjà avec de nombreuses villes en Europe et partageons notamment des données sur les effets positifs du partage de logement. Fort de notre collaboration avec plus de 500 autorités et organisations publiques à travers le monde, nous travaillons également avec les villes à la mise en place de réglementation locales claires et simples. Airbnb souhaite continuer le travail initié avec les villes et encourage la mise en place d'un régulateur européen des services numériques afin de garantir un développement des locations meublées touristiques responsable et respectueux des règles locales, au bénéfice de tous. »

Et, conformément à la réglementation en vigueur depuis le 1er décembre dernier, la plateforme partage avec des grandes villes françaises, dont Paris et Bordeaux, des données (adresses, nombre de jours de location et numéro d'enregistrement lorsque ce dernier est renseigné). Plus largement, un partenariat avec Eurostat, l'organisme européen des statistiques, a été annoncé le 5 mars dernier dans le but de partager avec les pouvoirs publics des données relatives au nombre de voyageurs faisant appel aux plateformes de location de courte durée et le nombre de nuitées réservées. "Ces données seront partagées chaque trimestre et permettront aux autorités publiques de mieux comprendre le développement des plateformes de locations de court-terme, et ainsi de prendre des décisions éclairées en matière réglementaire à travers l'Europe", précise Airbnb.

(*) Amsterdam, Athènes, Barcelone, Berlin, Bologne, Bordeaux, Bruxelles, Cologne, Florence, Francfort, Helsinki, Cracovie, Londres, Milan, Munich, Paris, Porto, Prague, Utrecht, Valence, Vienne et Varsovie.

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