Rematch peut-elle gagner de l'argent en diffusant le sport amateur ?

Avec son application qui capte et relaie en vidéo les temps forts du sport amateur, Rematch investit un segment de marché tout nouveau. De quoi intéresser les clubs et sponsors en quête de regain après la crise sanitaire. La viralité d'internet et des réseaux sociaux permet à la startup bordelaise de lier des partenariats médiatiques et institutionnels qui doivent intensifier son développement.
La startup bordelaise a convaincu l'ancien footballeur français Jean-Pierre Papin d'être l'un de ses ambassadeurs.
La startup bordelaise a convaincu l'ancien footballeur français Jean-Pierre Papin d'être l'un de ses ambassadeurs. (Crédits : Rematch)

Peu de communication, pas de publicité mais des partenariats noués très vite avec des ligues sportives nationales ou des grands médias français. Ou comment Rematch est devenue la startup qui "a réussi à cracker le marché avec très peu de moyens" comme s'enorgueillit le Bordelais de 29 ans Pierre Husson, cofondateur et dirigeant de l'entreprise créée en 2017. Après des premiers pas hésitants, tout semble aujourd'hui aller très vite pour la jeune pousse locataire de la pépinière Unitec dans le centre de Bordeaux.

Rematch se présente comme la "plateforme vidéo du sport amateur" qui met en avant les petits exploits et temps forts des terrains français. Sur son site, l'on peut apprécier les buts du derby breton Saint-Yves - Quimper en football ou les plus beaux paniers d'un Soyaux - Poitiers en basket. Le pied. "On voyait toujours les gens filmer les matchs au bord des terrains. Car, malgré le niveau départemental, il y a de très belles actions", souligne Pierre Husson, lui-même joueur de football amateur.

Jean-Pierre Papin

Il suffit qu'une personne filme une rencontre sportive en utilisant l'outil vidéo. Lors d'une action marquante, et d'un claquement de doigt, le système est capable, grâce à une mémoire tampon, de revenir sur les quinze dernières secondes et de diffuser la séquence sous forme d'un court extrait vidéo. Le tout se passe sur l'application mobile de Rematch. Une technologie que l'équipe, et notamment François Allary, un ingénieur devenu développeur, a mis un peu plus d'un an à mettre au point. A l'arrivée, des images sont reçues de toute la France et automatiquement publiées. Tout ça sans aucune présence de l'entreprise sur les terrains.

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Après avoir créé Rematch en juillet 2017, les cofondateurs ont lancé le produit début 2019. Un démarrage permis par une levée de fonds, abondée pour une moitié par les institutionnels régionaux et pour l'autre par des associés. Au premier rang desquels figure le ballon d'or 1991 Jean-Pierre Papin. L'ancien joueur des Girondins (1996-1998) joue en quelque sorte le rôle d'ambassadeur de Rematch, devenue une véritable marque. L'internationale française de handball Alexandra Lacrabère ou encore le joueur de football Olivier Giroud sont récemment devenus porte-paroles. La jeune pousse mise tout sur ces relais pour gagner très vite en visibilité. "On n'a mis aucun moyen dans la communication", révèle Pierre Husson.

Quatre nouveaux titulaires

Mais les partenariats pleuvent. Six fédérations nationales relaient désormais les contenus de Rematch (rugby, handball, basket, hockey...) tout comme Eurosport et Bein Sports. Pas de lien commercial mais une alliance qui offre un coup de projecteur à la structure bordelaise et des contenus gratuitement diffusables pour les médias. De quoi briller, mais pas expliquer le modèle économique de la startup.

Deux sources de revenus sont pour l'instant déployées. Un abonnement "premium" tout d'abord, destiné aux clubs et associations sportives qui s'élève à 19 euros par mois. La formule leur propose un espace publicitaire sur les extraits vidéos de leurs équipes qu'ils peuvent vendre à un sponsor local. Ensuite, Rematch noue de plus gros partenariats directement avec les sponsors souhaitant associer leur image au sport amateur. Elle pourrait bientôt proposer un service similaire aux médias pour la diffusion des contenus qu'elles relaient gratuitement pour l'heure. Si le marché visé est prometteur, il n'apportera l'équilibre économique à la startup qu'en 2023 au mieux. C'est du moins l'objectif de l'équipe, qui a réalisé un chiffre d'affaires bien primitif de 50.000 euros en 2021.

L'objectif est de le quadrupler en 2022 et d'étoffer l'équipe de douze personnes, dont huit en CDI, avec quatre nouvelles recrues. Alors, Rematch visera un développement à l'international. "Sur le créneau de système collaboratif de captation légère, ciblé sur les highlights [temps forts, ndlr], on est quasiment les seuls. Il y a un marché à capter, mais on doit aller vite", reconnaît Pierre Husson.

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