Bordeaux Technowest : quel bilan pour le fonds d'amorçage Techno’Start ?

En neuf ans d’existence, le fonds d’investissement d’amorçage Techno’Start, adossé à Bordeaux Technowest, a engagé un million d’euros dans 18 startups qui ont levé un total de 23 millions d'euros. Si l’objectif était de créer un effet de levier, le pari est réussi. En route, une vingtaine d’investisseurs ont rejoint Techno’Start et le modèle suscite aujourd'hui l’intérêt d’autres technopoles.

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Depuis 2004, Bordeaux Technowest accompagne plus de 260 startups réparties sur huit sites, dont La Place, à Bordeaux, lieu dédié aux thématiques de la transition et de l'efficacité énergétique.
Depuis 2004, Bordeaux Technowest accompagne plus de 260 startups réparties sur huit sites, dont La Place, à Bordeaux, lieu dédié aux thématiques de la transition et de l'efficacité énergétique. (Crédits : HL)

Si 150 projets frappent chaque année à la porte de Bordeaux Technowest, la technopole n'en fait rentrer qu'une trentaine, et parmi les startups qu'elle accompagne, seules trois ou quatre sont financées chaque année par le fonds d'investissement d'amorçage Techno'Start. "C'est la sélection de la sélection. En l'occurrence plutôt des deeptech à fort potentiel, avec une technologie, une équipe, un business et un marché", explique François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest et du fonds adossé à la technopole dont la création remonte à 2012. Il avait été lancé à l'origine avec quatre autres membres fondateurs : la Caisse des dépôts, Suez, Airbus et le CIC. Depuis, des banques ont rejoint le fonds, ainsi que des investisseurs privés. Le capital qui s'élevait au départ à 400.000 euros atteint aujourd'hui 1,4 million d'euros.

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Trois sorties réussies

En neuf ans, Techno'Start est ainsi rentré dans le capital, par prise de participations minoritaires, de 18 jeunes pousses, avec plus de 50 % des investissements réalisés au cours des quatre dernières années. "La mise en place prend du temps, et il a pu y avoir de la frilosité au départ, c'est normal", reconnait François Baffou qui table désormais sur un rythme plus soutenu de revente de participations. "Il s'agit de réalimenter le fonds pour moitié avec la revente de participations",précise-t-il. Depuis son lancement, Techno'Start a réalisé quatre sorties, dont trois réussies.

A titre d'exemple, Skeyetech avait obtenu une aide de 100.000 euros en 2015. Une participation valorisée 300.000 euros deux ans plus tard, lors de la reprise par Azur Drones, qui permet d'alimenter le fonds et de réinvestir dans d'autres entreprises. "La revente au bout de deux ans est le modèle vers lequel nous souhaitons tendre", cadre François Baffou. "Nous avons perdu une fois, mais cela n'avait rien à voir avec la techno, tout était bordé. C'est l'humain qui a craqué."

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Un dispositif original qui séduit

Ce fonds a aujourd'hui fait ses preuves, estime François Baffou :

"Des startups nous appellent de partout en France, sauf que cela ne peut concerner que les entreprises que nous accompagnons à Bordeaux Technowest. Non seulement parce que nous les connaissons mais aussi parce que ce dispositif original a été pensé pour être adossé à un bassin d'emploi. Des technopoles nous contactent également pour reproduire le modèle, notamment Angoulême. Quant aux investisseurs, ils sont une vingtaine et s'y retrouvent dans la mesure où c'est toujours difficile pour eux de s'engager auprès d'entreprises qu'ils n'ont rencontré que trois fois. Via ce fonds, ils s'appuient sur des projets que nous suivons et connaissons. Enfin, ce sont eux qui participent à la sélection et j'y tiens !"

Au dernier comité de sélection, sur deux projets présentés, un seul a ainsi été retenu. Mais si François Baffou a surtout souhaité mettre en place ce fonds, c'est pour créer un effet de levier et le pari est, de ce point de vue, réussi. En neuf ans, un million d'euros ont été investis dans 18 startups dont le développement a assuré la création de 200 emplois et a permis de lever 23 millions d'euros. "L'idée était d'aller plus vite en leur permettant d'avoir plus de fonds propres, sachant que les interventions de la Banque publique d'investissement ou de la Région sont calées sur les niveaux de fonds propres. Mais c'est bien le fonds qui prend le risque au début", explique-t-il.

Bordeaux Technowest accompagne des startups réparties sur huit sites sur le territoire bordelais avec un taux de réussite à cinq ans de 85 %. Parmi les startups financées par Techno'Start, on trouve REIV, Carbon Waters, Gazelle Tech, Sunna Design ou encore Robotics Industry ou encore Solylend.

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