Little Worker lève 1M€ pour piloter les travaux des particuliers partout en France

 |   |  886  mots
L'équipe de Little Worker au siège de l'entreprise désormais situé à Bordeaux.
L'équipe de Little Worker au siège de l'entreprise désormais situé à Bordeaux. (Crédits : Little Worker)
Spécialisée dans le pilotage de chantiers de rénovation immobilière, Little Worker connaît une croissance très dynamique sur ce marché encore peut numérisé. Elle vient de lever 1 M€ auprès de ses partenaires historiques pour se déployer dans les dix plus grandes villes de France dans les deux ans prévoit une vingtaine de recrutements à Bordeaux où elle est désormais installée.

Ni vraiment startup, ni entreprise du bâtiment. Little Worker, créée en 2017 à Paris, a le statut de contractant général du bâtiment qui lui permet, en tant que maître d'œuvre, de piloter toute la vie d'un chantier de rénovation du premier devis à la garantie décennale en passant bien évidemment par l'établissement des plans, l'approvisionnement, le stockage, la réalisation des travaux et la livraison du chantier.

"C'est un élément extrêmement différenciant pour nous par rapport à la concurrence parce qu'on garde entièrement la main sur le chantier et qu'on se rémunère avec les bénéfices qu'on arrive à générer sur chaque chantier et pas par un système plus classique de commission. On a beaucoup travaillé sur le déroulement du chantier et l'automatisation de certaines tâches ce qui nous permet d'être au prix du marché mais avec tous nos services associés", relève Aurélien Bros, cofondateur et CEO de Little Worker, dans ses locaux du quartier Saint-Michel à Bordeaux.

12 M€ de chiffre d'affaires en 2019

C'est là que la jeune entreprise a décidé l'an dernier de transférer depuis Paris sa direction et ses équipes administratives pour un effectif bordelais d'une trentaine de salariés. La vingtaine d'autres collaborateurs sont répartis entre Paris et, depuis début janvier, Lyon. L'an dernier Little Worker envisageait initialement 20 M€ de chiffre d'affaires. "Nous en avons réalisé 12 M€ parce que nous avons choisi de nous concentrer sur la qualité de service plutôt que sur la croissance pour la croissance. Depuis fin 2018, où nous avions réalisé 5 M€ de chiffre d'affaires, l'entreprise est rentable, tout juste à l'équilibre, mais nous avons désormais besoin d'investir dans le développement web et le marketing", poursuit le dirigeant. L'accent a ainsi été mis sur l'amélioration de l'interface client allant du premier contact jusqu'au SAV post-chantier. "Nous avons développé un système de relation client en propre permettant de gérer le chiffrage, le planning, la facturation, la gestion de flux, etc. C'est aussi cela qui fait notre valeur ajoutée et on a cinq développeurs à plein temps là-dessus", précise Aurélien Bros, dont l'entreprise fait à la fois office de pilote et de tiers de confiance entre le client particulier et l'entreprise de rénovation.

Aurélien Bros et Nicolas Bletterer Little Worker

Aurélien Bros et Nicolas Bletterer (crédits : Little Worker)

Avec 250 chantiers pilotés l'an dernier, Little Worker a quand même plus que doublé son chiffre d'affaires en un an, notamment avec un panier moyen en hausse autour de 55.000 à 60.000 €, contre 45.000 un an plus tôt. Pour réaliser les travaux de rénovation d'appartements, maisons ou échoppes dans une fourchette de 20.000 à 250.000 €, la société fait appel à des entreprises du bâtiment triées sur le volet. Il s'agit le plus souvent d'entrepreneurs généralistes disposant d'une équipe de 5 à 30 salariés, ce qui n'est pas rien dans un secteur particulièrement morcelé. "On refuse plus de 95 % des sollicitations par des entrepreneurs. Pour être retenus, il faut passer plusieurs entretiens avec nos équipes, faire visiter des chantiers récents et mener trois chantiers tests. On veut vraiment s'assurer de la qualité de la prestation et instaurer une relation dans la durée", insiste Aurélien Bros. La starup travaille avec une soixantaine de prestataires en Ile-de-France et une petite dizaine à Bordeaux Métropole.

S'imposer sur le marché français d'ici fin 2021

Présente à Paris, Bordeaux et Lyon, Little Worker ouvrira une antenne à Toulouse en mars prochain avant de s'implanter à Nantes et Lille au second semestre. "D'ici fin 2021 nous serons présents dans les dix plus grandes villes françaises avec l'objectif d'être le leader incontesté sur ce marché de la rénovation en France dans deux ans", assure le CEO. Avec son cofondateur Nicolas Bletterer, ils viennent de lever un million d'euros principalement auprès d'investisseurs particuliers qui les avaient déjà accompagnés sur le premier tour de table de 650.000 € bouclé en 2018. Il s'agit notamment du fonds 50 Partners, de Bertrand Sablier (ancien délégué général de la Fédération française du bâtiment), des deux dirigeants du promoteur bordelais Idéal Groupe et du business angel Fabrice Grinda, bien connu pour ses investissements avisés dans Airbnb, Alibaba, BlablaCar ou encore Palantir Technologies.

"Nous allons nous concentrer sur le marché français de la rénovation immobilière qui est déjà énorme puisqu'il représente environ 40 Md€ par an ! Nous sommes convaincus que ce secteur, qui est très peu digitalisé et très éclaté et manuel, doit se doter de services tels que le nôtre. C'est inévitable et ceux qui ne le feront pas dans les années qui viennent prennent le risque de disparaître", juge le dirigeant trentenaire.

Lire aussi : Métiers du bâtiment : numériser ou mourir ?

Dans l'immédiat, Little Worker vise 25 M€ de chiffre d'affaires en 2020 et devrait voir son effectif atteindre environ 70 collaborateurs fin 2020 dont une cinquantaine au siège bordelais. La vingtaine de recrutements prévus en Gironde dans les prochains mois concerne surtout des profils  d'ingénieurs travaux, d'architectes d'intérieur et de gestion de projet.

Little Worker

 Une rénovation réalisée par le biais de Little Worker (crédits : Little Worker)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :