Azendoo à la recherche d'un repreneur

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Azendoo propose de réduire les litanies de mails improductifs liés aux projets collaboratifs au profit d'un outil de gestion
Azendoo propose de réduire les litanies de mails improductifs liés aux projets collaboratifs au profit d'un outil de gestion (Crédits : Azendoo)
Fondée en 2011, la startup bordelaise Azendoo, éditrice d'une application web de gestion de projets et de tâches collaboratives, a été placée en redressement judiciaire. Ses deux fondateurs Grégory Lefort et Benoît Droulin donnent à La Tribune les raisons de ces difficultés, assument et expliquent qu'ils se sont mis à la recherche d'un repreneur pour poursuivre une activité qui reste porteuse.

Simplifier le travail en équipe et réduire les litanies de mails improductifs grâce à un outil web de gestion de projets et de tâches collaboratives : depuis 2011, Azendoo trace ce sillon. La startup bordelaise installée à l'écosystème Darwin, sur la rive droite de Bordeaux, a livré dès l'année suivante, en 2012, son produit qu'il a modifié et augmenté à plusieurs reprises depuis. Avec un effectif qui est descendu de 12 à 7 personnes aujourd'hui, Azendoo a été placée en redressement judiciaire le 25 septembre dernier à la demande de ses fondateurs, Grégory Lefort et Benoît Droulin.

"Nous avons eu la chance d'avoir de très bons partenaires, des liens forts avec des acteurs tels que Microsoft, Cisco, Evernote, Google, avec le PDG de Salesforce... Mais malgré une bonne dynamique, nous avons été confrontés à une relative étroitesse du marché, ce qui a sans doute été notre problématique principale", expliquent les deux dirigeants. "Ce marché n'est devenu réellement visible que depuis deux ans. Jusqu'en août 2018, nous avons fait de la croissance. Depuis, les conditions de marché ont entraîné une perte de 25 % de notre chiffre d'affaires, au profit de l'outil Microsoft Teams. Ce dernier est inclus dans les packs de Microsoft et est donc « gratuit » pour les possesseurs de licence, et Microsoft a énormément investi en marketing pour en faire la promotion. Nous avons aussi constaté que les directeurs des systèmes d'information ont pour beaucoup imposé Teams comme outil dans les grands groupes, pour plus de facilité. Parallèlement, les plus petits comptes, les entreprises comptant entre 5 et 15 utilisateurs d'Azendoo, se sont dirigés vers des offres gratuites aujourd'hui pléthoriques."

La startup bordelaise a donc constaté "un tropisme très US et un marché très concurrentiel qui pousse les prix vers le bas, avec un niveau d'acceptation du prix sur le marché à quelques euros par utilisateur et par mois quand un marché comme celui des CRM est à quelques dizaines d'euros par utilisateur et par mois." Benoît Droulin et Grégory Lefort estiment par ailleurs que "le secteur des applications de travail collaboratif est en perpétuelle mutation et reste très lié à la transformation des méthodes de travail". Des méthodes qui peinent à être réinventées, particulièrement chez les grands comptes aux process bien établis. "On assume nos choix. La marche pour changer les méthodes de travail dans les entreprises, au delà des simples outils de conversation, était peut-être un peu élevée et demandera encore du temps."

La renégociation de l'échéancier de la dette n'a pas abouti

Azendoo avait par ailleurs financé le développement de la solution technique (un actif qu'ils estiment à 52 années-homme) grâce à deux levées de fonds, 1,3 M€ puis 1,5 M$, ainsi qu'à de l'endettement bancaire. Au bout de huit ans d'existence, il était donc temps de commencer à rembourser. Pris en tenaille entre cet aspect et la baisse d'un quart du chiffre d'affaires en quelques mois, la startup a cherché des solutions. "Nous avons depuis un an mis en œuvre une réduction de nos charges et une renégociation des échéances de nos dettes. Les salariés ont été tenus au courant au fur et à mesure. Tous les créanciers n'ont pas accepté les échéances proposées." La question de relever des fonds pour renflouer la société, à l'instar à une toute autre ampleur de WeWork sauvé temporairement de la noyade par Softbank il y a quelques jours, "n'a même pas été évoquée. Ça se serait mal fini pour tout le monde. Nous aurions pu aussi transformer Azendoo en société de services informatiques. Nous ne voulions pas liquider purement et simplement : l'entreprise continue de tourner, son produit continue de s'étoffer avec une nouvelle fonctionnalité qui vient de sortir, elle compte aujourd'hui 450 clients dans plus de 40 pays dont 95 % sont des abonnements, donc du chiffre d'affaires récurrent. Et nous en signons de nouveaux. Nous n'avions donc plus le choix et nous avons sollicité un placement en redressement judiciaire que le tribunal de commerce de Bordeaux a accepté le 25 septembre dernier." L'implication du duo dans Héméra, accélérateur de startups et lieu d'accueil d'entreprises inauguré en mars dernier, a-t-elle aussi pris trop de temps au détriment d'Azendoo ? "Possible, mais c'est un peu l'histoire de la poule et de l'œuf. On a mis toute notre énergie pour trouver des solutions."

Les deux fondateurs privilégient aujourd'hui la cession de la société : "La solution la plus intéressante est de trouver un repreneur, un acteur du travail collaboratif, un éditeur de logiciels ou une société de service qui souhaiterait compléter son offre tout en gagnant 450 clients TPE et PME."

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Commentaires
a écrit le 27/10/2019 à 13:54 :
"... deux levées de fonds, 1,3 M€ puis 1,5 M$..."
On peut quand même être surpris qu'une société ait pu faire 2 levées de fonds pour en arriver là alors que d'autres sociétés qui sont sur des créneaux autrement plus porteurs n'arrive pas à convaincre les investisseurs ?
Les investisseurs font ils vraiment leur travail d'analyse des marchés et de l'environnement concurrentiel ou ne cèdent ils pas à des effets de mode ou à un enfumage par de jolis "business plans" qui ont des barres aux T et des points sur les I?
Réponse de le 29/10/2019 à 19:10 :
Les investisseurs ont probablement été convaincus que l'entreprise aurait pu être rachetée et qu'ils auraient récupéré leur mise.
Le secteur regorge de concurrents et il est soumis à une potentielle captation par de gros acteurs.
C'est dommage qu'Azendoo n'ait pas convaincu/retenu plus de clients.
a écrit le 25/10/2019 à 17:07 :
On appréciera également la juxtaposition de ces deux phrases dans le même paragraphe : "Nous avons eu la chance d'avoir de très bons partenaires, des liens forts avec des acteurs tels que Microsoft," et "Depuis, les conditions de marché ont entraîné une perte de 25 % de notre chiffre d'affaires, au profit de l'outil Microsoft Teams."

Je souhaite, évidemment à Azendoo de se sortir de cette mauvaise passe.

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