Après le don d'objets, Geev s'attaque à l'alimentaire

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Geev espère favoriser 10.000 dons par mois d'ici la fin de l'année
Geev espère favoriser 10.000 dons par mois d'ici la fin de l'année (Crédits : Geev)
Fédérant autour d'elle 1,5 million de personnes adeptes du réemploi d'objets, la startup Geev, basée à Bordeaux, poursuit son combat pour la démocratisation du don. Elle s'attaque cette fois à l'alimentaire et entend favoriser les échanges démonétisés entre particuliers pour lutter contre le gaspillage.

"Notre positionnement est très atypique. Nous, on ne vend pas un produit, on favorise uniquement le réemploi. On travaille sur le changement d'usage, avec des mesures de long terme. Notre objectif est de rentrer dans la vie des gens et, finalement, de devenir un nom commun. De faire en sorte que nos utilisateurs disent : « je vais geever cet objet dont je n'ai plus besoin, plutôt que de le jeter." Ces mots prononcés par Hakim Baka il y a quelques jours lors d'une table ronde à Bordeaux, collent bien à ce qu'essaie de faire Geev. Le projet est né sous la forme d'un groupe Facebook baptisé Adopteunobjet, avant de s'émanciper du géant californien. Geev a donné naissance à une application et à un site web, en parallèle de sa communauté historique sur le réseau social. Appuyée sur un modèle économique fondé sur la vente d'espaces publicitaires, la startup bordelaise fédère aujourd'hui 1,5 million d'utilisateurs. Certains l'utilisent pour donner des objets dont ils n'ont plus l'usage ; d'autres sont ravis de les récupérer sans débourser le moindre centime.

Avec son nouveau projet, Geev pousse le curseur un cran plus loin dans la démocratisation du don entre particuliers. Ses fondateurs Hakim Baka et Florian Blanc citent une étude de l'Ademe qui indique qu'un Français jette en moyenne 29 kg de nourriture par an, dont 7 kg d'aliments encore emballés. Un gaspillage qui s'avère donc encore colossal malgré la prise de conscience timide autour du sujet. Ce dernier est encadré par la loi, encadrement étendu à la restauration collective et à l'industrie agroalimentaire par la loi qui a suivi les états généraux de l'alimentation. Mais pour les particuliers, le dossier ne repose que sur le bon vouloir de chacun.

Objectif : 10.000 dons par mois en fin d'année

"Existant jusqu'alors de manière marginale sur la plateforme Geev, le don de produits alimentaires entre particuliers a été de plus en plus plébiscité par ses utilisateurs, lié au peu de solutions vertueuses existantes entre particuliers. Lors d'une étude menée en avril dernier auprès des utilisateurs de l'application, 82 % des utilisateurs de Geev se disaient ainsi prêts à donner ou récupérer gratuitement, via la plateforme, de la nourriture consommable", précise la jeune pousse qui a donc décidé de développer une verticale à part consacrée à ce sujet.

Ce service supplémentaire ne s'écarte pas de l'ergonomie et de la philosophie de Geev. Comme pour les objets, les produits alimentaires sont postés par les utilisateurs sous forme de petites annonces, simplement distinguées par la couleur bleue.

Geev

Crédit photo : Geev

"Les utilisateurs de l'application sont autorisés à mettre en ligne les aliments qu'ils ne consommeront pas dans le respect des règles en matière d'hygiène et de sécurité sanitaire recommandé par la Direction générale de l'alimentation du ministère de l'agriculture : produits frais emballés, fruits et légumes, produits surgelés/congelés (sans rupture de la chaîne du froid), aliments secs", énumère Geev, qui précise que la date limite de consommation devra également être mentionnée. Toutes les annonces seront automatiquement supprimées une fois cette date passée. Enfin, la startup avait établi un cadre précis pour le don des objets, excluant les déchets et passant toutes les annonces au crible d'une modération effectuée par son équipe. Le même dispositif sera adopté pour la verticale "alimentaire". Geev annonce poursuivre deux objectifs : "Eviter le gaspillage alimentaire et ainsi réduire l'impact des consommateurs sur l'environnement, et permettre aux utilisateurs de l'application de rencontrer des personnes qu'ils n'auraient peut-être jamais eu l'occasion de croiser" grâce à la technologie. La startup ambitionne de permettre le don de 10.000 produits alimentaires par mois d'ici la fin de l'année.

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