Actiplay placé en redressement judiciaire

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Actiplay est installé sur les quais, dans l'hôtel Fenwick
Actiplay est installé sur les quais, dans l'hôtel Fenwick (Crédits : La Tribune / Mikaël Lozano)
Spécialiste du marketing digital, le groupe bordelais Actiplay a annoncé des résultats annuels 2018 marqués par des pertes dépassant les 5,8 millions d'euros, ainsi qu'un placement en redressement judiciaire. La société annonce être à la recherche d'un repreneur pour tout ou partie de ses actifs et de ses équipes.

Le groupe bordelais Actiplay, anciennement baptisé ConcoursMania et fondé par Julien Parrou-Duboscq, est spécialisé dans le marketing digital, plus précisément la collecte de données qualifiées. Depuis quelques années maintenant, il fait face à des difficultés. Il avait pourtant réussi à sortir de manière anticipée, en mai 2018, d'une procédure de sauvegarde engagée en juillet 2017 puis prolongée devant le tribunal de commerce de Bordeaux. Depuis 2017, le groupe s'était engagé dans une profonde restructuration, abandonnant notamment ses activités déficitaires. La levée de fonds de 1,3 M€ lancée en 2018 a été abandonnée en décembre dernier, "les souscriptions n'ont pas atteint le montant minimum de 75% de l'offre prévu en raison des conditions de marchés difficiles et de la forte incertitude des investisseurs institutionnels dans le contexte actuel", indiquait alors le groupe.

Ces dernières semaines ont conduit à plusieurs décisions fortes. Le 9 avril, le groupe a annoncé la suspension temporaire de sa cotation boursière sur le marché Euronext Growth Paris dans l'attente de la publication de ses comptes 2018. Ces derniers, publiés le 24 avril 2019, font ressortir sur l'exercice précédent un chiffre d'affaires de 4,032 M€, en baisse de 54,33 % par rapport aux 8,8 M€ réalisés 2017. En 2016, le CA était encore de 13,8 M€. En 2018 toujours, les pertes ont atteint les 5,811 M€, quasiment divisées par deux puisqu'elles étaient de 10,366 M€ en 2017. Evoquant "un contexte économique plus compétitif qu'avant", le groupe indiquait au moment de la publication des comptes, avoir "procédé, sur l'exercice 2018, à des dépréciations d'actifs pour un montant de plus de 4,2 millions d'euros. La société a également provisionné des créances douteuses et enregistré un décalage important, en marge brute, sur une campagne de fin d'année, dont le règlement n'est pas finalisé à ce jour".

En recherche d'un repreneur

Dans ce même communiqué, Actiplay poursuit : "Dans un contexte de consolidation du marché actif depuis plusieurs mois, le groupe souhaite désormais se rapprocher d'un acteur important pouvant lui apporter les moyens de son développement. Dans ce cadre, des premiers échanges ont été initiés avec des sociétés du marché, présentes dans l'activité d'édition comme dans l'activité data. Le groupe dispose d'un portefeuille d'actifs, marques et noms de domaine (370 au total, dont le portail www.jeux.com),de haute valeur et à potentiel pour les marchés français, italiens, espagnols et canadiens. Le groupe dispose également d'importantes bases de données très qualifiées sur ces mêmes marchés."

Dans la foulée ont été décidées "une réduction sensible des charges et des effectifs sur les activités encore en pertes opérationnelles, afin d'assurer la continuité de l'exploitation", la mise en place d'une procédure de redressement judiciaire, acceptée le 24 avril par le tribunal de commerce de Bordeaux, avec une première période d'observation de six mois. "Cette période doit permettre de restructurer le groupe et de faciliter la recherche d'un repreneur partiel ou total des actifs et des équipes", ajoute Actiplay. La cotation boursière, elle, a repris le 26 avril, deux jours plus tard.

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