Wiidii passe la vitesse supérieure et va fortement recruter

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Wiidii propose une application hybride mêlant intelligence artificielle et compétences humaines
Wiidii propose une application hybride mêlant intelligence artificielle et compétences humaines (Crédits : Wiidii)
C'est l'heure du décollage pour Wiidii. La startup bordelaise engrange plus vite que prévu ses premiers contrats et va s'installer sur près de 800 m2 dans le quartier Euratlantique, créer un bureau à Lille, renforcer celui de Montréal et embaucher une quarantaine de personnes au premier semestre. Elle ambitionne d'atteindre dès cette année les 2 millions d'utilisateurs de son "compagnon" hybride. Ce dernier se présente sous forme d'application d'assistance personnelle proposée en marque blanche aux acteurs de l'assurance, de la santé, du monde bancaire, du tourisme... Le tout en conciliant intelligence artificielle et interventions humaines.

D'emblée, Cédris Dumas, fondateur et dirigeant de Wiidii, cadre le sujet : le compagnon assistant développé par la startup n'a "rien à voir" avec ce que proposent Google et Amazon avec leurs services respectifs Google Assistant et Alexa.

"Nous ne sommes pas dans l'automatisation avec des listes d'actions possibles en fonction de ce que vous allez dire ou écrire sur votre smartphone, précise Cédric Dumas, fondateur de la startup. Nous avons au contraire fait le choix de pousser la personnalisation au maximum : chaque compagnon est différent et plus il est utilisé par son utilisateur, plus il apprend à le connaître et cerne mieux ses goûts, ses envies. Rapidement, il suffit de lui demander, par exemple, « trouve-moi un resto qui me plairait » pour qu'il s'appuie sur vos préférences et vous fasse des propositions adaptées. Il n'est pas utile de lui préciser que vous voulez un restaurant chinois, si c'est cette cuisine que vous aimez."

De gros efforts de R&D ont été consentis par Wiidii en machine learning, une des techniques d'intelligence artificielle, et dans la mécanique de compréhension du langage humain pour éviter les effets de frustration que génèrent la plupart des assistants vocaux. La startup bordelaise a cherché à bâtir une application simulant l'empathie et mise sur un modèle hybride : c'est la machine qui dialogue avec son utilisateur mais c'est un humain qui prend la main lorsqu'elle ne sait pas répondre ou lorsqu'il s'agit de prendre un rendez-vous chez le coiffeur par exemple.

"La phase de R&D des pilotes a été très longue, deux ans et demi, et il a fallu beaucoup investir, notamment dans la compréhension du langage naturel, poursuit Cédric Dumas. Les investisseurs se sont accrochés et je les en remercie car c'est en train de payer. La difficulté, au-delà des aspects technologiques, est que nous proposons le compagnon en marque blanche à des grands groupes et que le nouveau Règlement européen sur la protection des données a amené de la complexité. Ces grands groupes nous confient à nous, petite startup, le soin de parler en leur nom à leurs clients ou à leurs salariés, les pilotes sont donc devenus très longs car il nous fallait montrer notre capacité à le faire correctement, à résister à des attaques informatiques de nos serveurs par exemple... Parallèlement, les efforts de R&D ont demandé de lever des fonds en quasi-permanence, 2,5 M€ au total l'an dernier. Nous avons donc beaucoup temporisé avant de lancer la phase commerciale et choisi de changer notre modèle économique, qui est très proche de la gratuité mais qui s'appuie sur la volumétrie. C'est le grand groupe qui paie, nous demandons à ce que le compagnon soit gratuit pour son client. Nous ne faisons aucune marge sur l'utilisateur final et l'on insiste sur les notions d'éthique et de contrôle par l'humain, qui vont devenir fondamentales dans les prochains mois."

A l'exception d'Axa, déjà connu, le nom des autres clients restent confidentiels, marque blanche oblige. La startup bordelaise a aussi ces derniers mois noué beaucoup de partenariats avec entre autres Cdiscount, MisterFly, Beebloom, LaFourchette, Blue Valet...

Des bureaux au sein de la halle Boca à Bordeaux et à Euratechnologies à Lille

Historiquement, Wiidii a cherché à adresser en priorité le marché du tourisme et de l'assurance, travaillant notamment avec Axa. Mais la startup ne se fixe pas de barrières et vise tous les secteurs où un compagnon assistant peut s'avérer utile.

"Nous sommes notamment en plein chantier avec un constructeur automobile autour du véhicule connecté, appuie Cédric Dumas. Plus globalement, notre stratégie est de prendre rapidement les marchés et de les bloquer avec des volumes très importants. Notre nouveau modèle économique doit nous permettre de scaler rapidement. La phase commerciale a débuté après l'été dernier et c'est ce qui est en train de se produire avec la signature de plusieurs contrats massifs. Nous visions initialement un million d'utilisateurs fin 2019 mais cet objectif devrait finalement doubler avec plus probablement 2 millions d'utilisateurs au même horizon, si l'on poursuit sur le rythme actuel."

Ayant choisi un modèle hybride où la machine ne fait pas tout, Wiidii doit maintenant renforcer ses effectifs. L'équipe bordelaise va grimper de 40 personnes actuellement à 70 d'ici la fin du semestre. Pour les accueillir, la startup bordelaise, qui a quitté les locaux du Village by CA Aquitaine il y a quelques semaines, vient de prendre à bail des locaux de 779 m2 dans le quartier Euratlantique, au sein de la halle Boca. Un autre pôle d'une dizaine de salariés est en cours de constitution à Lille (Nord) et intégrera un bâtiment de 350 m2 sur trois niveaux en plein cœur du pôle Euratechnologies. L'équipe de Montréal sera elle aussi légèrement renforcée, pour amener Wiidii à un peu plus de 80 salariés d'ici juin 2019. Au même moment, la startup espère boucler une levée de fonds série A autour de 10 millions d'euros, essentiellement avec des investisseurs étrangers. Les recrutements au second semestre dépendront du nombre de contrats signés. Dès à présent, elle cherche des chargés de clientèle, des linguistes, profils difficiles à trouver, et des développeurs.

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