Location de bateaux : SamBoat rachetée par Dream Yacht Charter

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La startup bordelaise SamBoat s'est imposée comme l'un des leaders de la location de bateaux entre particuliers
La startup bordelaise SamBoat s'est imposée comme l'un des leaders de la location de bateaux entre particuliers (Crédits : Samboat)
La startup bordelaise SamBoat, spécialisée dans la location de bateaux entre particuliers, vient d'être rachetée par le leader mondial Dream Yacht Charter. La suite logique d'une collaboration entamée il y a quelques mois, et le signe également d'une consolidation du secteur. Cofondateur de SamBoat, Laurent Calando explique ce rapprochement.

Fondée en 2014 par Laurent Calando et Nicolas Cargou, SamBoat surfait depuis sur la vague de la consommation collaborative. Partant du constat qu'un bateau est utilisé très peu de fois pendant l'année, la plateforme web bordelaise, née à l'Auberge numérique, opérait sur le marché de la location d'embarcations entre particuliers et avait progressivement étoffé son offre, avec des services de conciergerie, un contrat entièrement dématérialisé sur smartphone... Un premier pas en direction des professionnels de la plaisance avait été franchi fin 2017 avec l'ouverture de la plateforme au monde professionnel. A l'époque, c'est avec Dream Yacht Charter qu'avait été signée la première collaboration de ce type. Le rachat de SamBoat par ce dernier obéit donc à une certaine logique.

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La startup bordelaise annonce proposer 25.000 bateaux à la location dans 120 pays au total. Elle précise également avoir géré cette année près de 100.000 demandes de location. La part des professionnels pèse pour 25 % dans les réservations aujourd'hui. Son acquéreur n'est pas un inconnu : Dream Yacht Charter n'est rien moins que le leader mondial de la location de bateaux et de croisière en catamaran.

L'entreprise, fondée en 2001 à l'île Maurice et dont le siège est à Bruxelles, opère via 53 bases physiques dans le monde et est dotée d'une flotte d'un millier de bateaux à voile (quasiment à parité entre monocoques et catamarans). Elle revendique 130.000 clients par an. Dans son portefeuille, la location de bateau pèse pour 60 % de l'activité devant la vente d'embarcations (31 %). Le reste est ventilé entre une plateforme de services pour les propriétaires de bateaux et un club de membres. Dream Yacht Charter compte deux co-actionnaires majoritaires : le constructeur de catamarans Fountaine Pajot, basé à Aigrefeuille-d'Aunis près de La Rochelle, et la société de gestion indépendante NextStage. Cette dernière a réinvesti dans Dream Yacht Charter à l'occasion de cette opération.

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Vers une consolidation du secteur

La cession de SamBoat va dans le sens d'une consolidation du secteur de la location de bateaux. La startup bordelaise s'adosse à un partenaire puissant, gage de stabilité. Dream Yacht Charter s'offre de son côté la possibilité de capitaliser sur l'expérience de la plateforme pour digitaliser ses process, dans un secteur qui n'a pas encore vraiment pris le virage du numérique, et d'élargir sa palette de service et son portefeuille de clients potentiels également. Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.

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"Face à l'essor de l'économie collaborative et à la multiplication des offres, les comportements et besoins évoluent. Les propriétaires veulent rentabiliser leur achat. Quant aux locataires, ils sont à la recherche d'une offre plus variée, plus souple et facile à réserver (du navigateur novice à l'expérimenté, de la location courte durée au long séjour...). Dream Yacht Charter et SamBoat comptent sur la complémentarité de leurs métiers pour répondre à ces évolutions", indiquent les deux parties dans le communiqué officialisant le mariage. "Les deux fondateurs de SamBoat, Laurent Calando et Nicolas Cargou et leur équipe qui compte aujourd'hui 20 collaborateurs, continueront d'exploiter l'entité SamBoat et apporteront à Dream Yacht Charter leur expertise dans le développement de plateforme digitale."

"Avec les équipes de SamBoat, nous partageons la même vision de l'évolution du secteur nautique mondial. Nous allons ainsi renforcer notre capacité d'innovation et accélérer notre digitalisation. Grâce à nos expertises combinées, notre projet est de construire une plateforme qui propose l'ensemble des services liés à la plaisance. Laurent et Nicolas vont également contribuer, à travers l'analyse des données recueillies, à coller au plus près des attentes des clients", commente Loïc Bonnet, président fondateur de Dream Yacht Charter.

"Toute l'équipe reste, et à Bordeaux", explique Laurent Calando à La Tribune. "La marque SamBoat est maintenue, elle devrait même être la figure de la digitalisation du groupe Dream Yacht Charter. Nous étions initialement plutôt dans une optique de levée de fonds, mais Loïc Bonnet, directeur général de Dream Yacht Charter, nous a véritablement séduit avec son projet : nous permettre de rejoindre ce qui se fait de mieux dans la location de bateaux pro et faire de SamBoat la pierre angulaire de la digitalisation du groupe. Au lieu d'étouffer l'entreprise dans un grand groupe, ils sont en train de propulser la marque dans la stratosphère en apportant un financement important, un flux d'activité conséquent mais surtout un savoir-faire qui vaut bien plus que n'importe quel financement !"

Le marché de la location entre particuliers n'était-il pas trop étroit ? "Oui, il était suffisant pour faire une société à l'équilibre en France mais notre technologie s'appliquait aussi très bien aux professionnels de la location. On triple la taille du marché en intégrant ces professionnels", répond Laurent Calando. Y a-t-il de la place pour des pure players ou la consolidation du marché du fait des acteurs industriels est-elle trop forte, comme tend à le montrer le rachat de SamBoat mais aussi celui, concomitant, de HeyCaptain par une filiale du constructeur Beneteau ? "Le fait de s'adosser à un industriel n'était pas obligatoire pour nous, c'est un tremplin, ou même plutôt un accélérateur, qui nous permet de facto de prendre une place de leader incontestable à l'échelle mondiale. Il est possible de pérenniser l'activité en pure player mais cela nécessite énormément de temps et de cash... La plupart des places de marché mettent beaucoup de temps avant d'être rentable. Là, on vient de griller toutes les étapes !"

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