Jobijoba, le Google de l’emploi qui affiche + 50 % de croissance

En avril, la barre des 3,5 millions de chômeurs était atteinte, un record. Tout près de Bordeaux, une startup n’en finit plus d’enchaîner les records, positifs cette fois. Jobijoba, leader français de la recherche d’emploi sur Internet, affiche depuis deux ans une croissance de + 50 %, 2,5 millions d’utilisateurs mensuels et un million d’offres d’emploi en France, et rayonne sur onze pays depuis ses bureaux de Pessac.

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Thomas Allaire, cofondateur et PDG de Jobijoba
Thomas Allaire, cofondateur et PDG de Jobijoba (Crédits : Pauline Douillac)

Tout est venu d'un constat personnel. Après le rapide basculement des petites annonces d'emploi du papier à Internet, des centaines de sites spécialisés voient le jour. Trop de sources, beaucoup de doublons... des paramètres qui font que le demandeur d'emploi a plus de chances de passer à côté de l'offre que de vraiment trouver ce qu'il recherche. Thomas Allaire est à cette époque consultant et utilisateur de ces sites pour trouver des projets. Il lui vient alors l'idée de répertorier toutes les offres sur une même plateforme, faire en quelque sorte le Google de l'emploi. "Le but était de faire aussi simple et efficace que Google" explique le PDG de Jobijoba. Associé à François Goube (il a depuis quitté l'aventure), Thomas Allaire fonde la startup en 2007.

Pourvoyeur d'emplois et créateur d'un CDI / mois

"Notre force dès le départ a été la technologie. Ingénieur de formation, je me suis attaché à faire quelque chose de très technique en développant des algorithmes qui font de Jobijoba une plateforme unique au monde car elle est capable d'absorber de la donnée et d'en extraire des informations sur les compétences par exemple. Après la techno, nous avons affiné au fur et à mesure notre produit, le côté design et aujourd'hui, nous développons l'aspect commercial" ajoute Thomas Allaire.

De deux à ses débuts, la startup est aujourd'hui passée à 34 collaborateurs, tous basés dans les locaux de Pessac Centre qui pour le coup deviennent étroits. Depuis un peu plus d'un an, l'équipe grossit avec l'arrivée chaque mois d'un collaborateur en CDI. Thomas Allaire prévoit de continuer à recruter et de garder ce rythme mais pour cela, il faudra déménager. Le PDG est donc à la recherche de locaux mais reste attaché au centre-ville de Pessac, comme le sont ses jeunes salariés.

Présence dans 11 pays

Aujourd'hui, Jobijoba c'est 1 million d'offres d'emploi, 2,5 millions de visiteurs mensuels en France, 4,5 millions de visiteurs mensuels dans le monde, une présence dans onze pays (Italie, Allemagne, Suisse, Russie, Belgique, Mexique, Royaume-Uni, Espagne, Australie, Autriche). La startup affiche une croissance de + 50 % depuis deux ans et en plus de cela, l'année 2015 s'annonce meilleure que 2014 avec notamment des implantations au Brésil et au Portugal. Thomas Allaire recherche d'ailleurs une personne parlant couramment le portugais pour gérer depuis Pessac l'animation de ces communautés.

Son succès, Jobijoba le doit à ses algorithmes mais aussi au fait d'avoir su attirer les 900 sites (dont 400 en France) emploi partenaires. Parmi eux, des gros comme Monster, Keljob, Cadremploi... Les offres sont ainsi postées sur le site de la startup et l'utilisateur est renvoyé vers le partenaire s'il décide de cliquer.

"Ces partenaires ne nous connaissaient pas au début. Nous les avons appelés, nous nous sommes présentés. Certains ont dit : "Ok, on teste". D'autres ont refusé ou au contraire accepté de travailler avec nous. Puis, plus on grossissait, plus on a intéressé" explique Thomas Allaire.

Et en plus des partenaires, Jobijoba a intéressé en juin 2010 le fonds d'investissement Newfund qui a investi un million d'euros afin d'accélérer le développement de la startup. Autre allié de poids : Pôle emploi. Depuis deux ans, la startup est partenaire technologique de Pôle emploi. Grâce aux algorithmes de Jobijoba, l'établissement chargé de l'emploi en France propose les annonces d'opérateurs privés afin d'accroître la transparence du marché du travail. La moitié des offres disponibles est fournie par Jobijoba et ses partenaires grâce auxquels la startup se rémunère.

Jobijoba s'efface au profit des collectivités

Outre de nouvelles implantations à l'international, la société pessacaise a pour levier de développement la création de sites en marque blanche pour les collectivités territoriales. La Mairie de Pessac a été la 1re à lui faire confiance. Depuis trois semaines, un site reprenant les codes de la plateforme Jobijoba est en test. Après la signature officielle ce matin du partenariat entre la Ville de Pessac et la startup, le site est accessible depuis cette après-midi depuis le site de la commune. Le maire Franck Raynal s'est dit "extrêmement heureux d'être les premiers à bénéficier de l'excellence représentée par Jobijoba."

"Aujourd'hui, l'une des principales inégalités en France, c'est l'emploi dû à la hausse du chômage. Lorsque je reçois les citoyens de la ville en rendez-vous, les deux sujets qui reviennent le plus souvent sont une demande d'emploi ou de logement, les deux étant liés" ajoute-t-il.

Les citoyens de la Ville de Pessac auront accès via le site de la commune aux services développés par Jobijoba et aux 10.000 offres d'emploi déjà disponibles à moins de 20 km de Pessac. Les entreprises ne sont pas en reste puisqu'elles aussi pourront poster gratuitement leurs offres d'emploi, de stage, de job d'été, d'alternance...

Négociations en cours

Jobijoba ne compte pas s'arrêter à la Ville de Pessac. 350 collectivités territoriales ont été contactées, 100 d'entre elles se montrent plus qu'intéressées et des négociations sont en cours avec des mairies, communautés de communes aquitaines et non aquitaines. Thomas Allaire table sur un minimum de 100 collectivités territoriales qui auront adopté, d'ici à la fin de l'année, le site en marque blanche conçu par JobiJoba.

Un des atouts de la startup dans cette conquête des institutionnels : sa capacité à ne jamais arriver les mains vides puisque sur le million d'offres d'emploi proposées sur son site, quelques milliers doivent bien se situer à proximité des communes démarchées...

Le site de Jobijoba

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Commentaire 1
à écrit le 18/05/2016 à 12:03
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Je suis actuellement une formation RH en alternance et travaille dans une agence d'intérim. Les intérimaires sont "utilisés" et peu considérés ce qui me fache un peu avec ce principe.... N'y

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