Bois-papier : le groupe Gascogne sort du confinement en préservant son activité

Le groupe Gascogne a limité l'impact de la crise sanitaire sur son activité en 2020. Cette bonne résistance est liée en particulier à des activités du groupe qui sont plus ou moins passées entre les gouttes de la crise pandémique. Ce qui n'est pas le cas de la division bois, qui a traversé une très mauvaise année.

5 mn

Le groupe Gascogne a surtout souffert avec son activité emballage flexible.
Le groupe Gascogne a surtout souffert avec son activité emballage flexible. (Crédits : DR)

Le groupe Gascogne, à Saint-Paul-lès-Dax (Landes/Nouvelle-Aquitaine), leader régional de la filière bois-papier a amélioré la trajectoire de son chiffre d'affaires 2020, qui ne recule au final que de -8 % à l'issue de cette année de pandémie, à 358,7 millions d'euros, avec près de 1.600 salariés. Alors même que ce chiffre d'affaires accusait un recul sensiblement plus important de -10,5 % à l'issue du 1er semestre 2020, à 182,7 millions d'euros.

Lire aussi 2 mnGascogne : 110 M€ pour conclure le redressement

Déjà à la peine, la division bois, qui a fait l'objet d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) annoncé en février dernier et bouclé en mai, avec la suppression de 84 postes de travail et la fermeture du site de Castets, a vu son chiffre d'affaires chuter de 30,9 % sur un an, passant de 52,7 millions d'euros en 2019 à 36,4 millions d'euros en 2020.

La division bois toujours dans les difficultés

Comme le souligne la direction de Gascogne, dont Dominique Coutière est le PDG, en 2020 la division bois a été la plus fortement touchée du groupe, à cause de l'impact de la pandémie sur ses débouchés, avec la fermeture des magasins de décoration et l'arrêt des chantiers de construction.

"La division bois a fortement souffert de la période du premier confinement, au deuxième trimestre. Le chiffre d'affaires a reculé de -25 % au premier trimestre, de -46 % au deuxième trimestre puis de -25 % au deuxième semestre. Malgré les mesures d'activité partielle qui ont permis de réduire les coûts opérationnels, le niveau de chiffre d'affaires n'était pas suffisant pour atteindre un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement ou Baiida) positif. Cette division reste pénalisée de surcroît par un prix du bois en Aquitaine toujours élevé, malgré une légère décrue depuis le pic atteint début 2019", analyse la direction.

Mais comme la division bois ne représente plus que 10 % de l'activité de Gascogne, ces turbulences ont un impact limité sur l'ensemble du groupe.

Un choc très amorti pour la division emballage

C'est surtout la division emballage, elle-même subdivisée en trois activités (papier, sacs, activité flexible), qui fait tourner la machine. Ce qui tombe bien puisque son chiffre d'affaires global n'a reculé en 2020 que de -4,4 %, à 322,3 millions d'euros. Fait positif relevé par le groupe, l'Ebitda (Baiida) de Gascogne est en hausse. Ce paramètre américain mesure le profit généré par l'activité de l'entreprise sans tenir compte de son financement (charges financières), des contraintes fiscales (impôts et taxes) et du renouvellement de l'outil de production (amortissements).

Lire aussi 3 mnGascogne lève 9,8 M€ pour relancer sa production de pâte à papier

Il progresse ainsi de 5,2 millions d'euros en 2020, soit +17 % sur un an. Malgré un résultat financier négatif de -4,8 millions d'euros "en dégradation de 0,8 million d'euros liée à des pertes de change (dévalorisation du dollar) et à l'évolution de la structure d'endettement", observe la direction du groupe, Gascogne enregistre un résultat net consolidé en retrait de -14,4 % sur un an, mais positif de 8,3 millions d'euros.

L'emballage papier échappe à la déprime grâce à l'électricité

L'activité papier enregistre de son côté une hausse de son chiffre d'affaires de +5,2 % sur un an, à 106,8 millions d'euros, tandis que son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Baiida) gagne +2,5 millions d'euros pour atteindre la barre des 13,5 millions d'euros. Une performance largement due au fait que l'activité papier du groupe à mis une nouvelle corde à son arc en devenant productrice et distributrice d'électricité, depuis qu'elle s'est équipée d'une chaudière biomasse, en 2016, puis de turbines de production d'électricité fin 2019.

Parce que le marché papier est intrinsèquement déprimé. D'une part à cause de la baisse des prix de vente, à l'échelle mondiale, que ne compense que partiellement la légère baisse des coûts d'approvisionnement en bois en 2020, qui restent de toute façon élevés. Et d'autre part à cause de la fermeture règlementaire pendant trois semaines de la papeterie de Mimizan, sans compter la demande « très molle » du deuxième semestre.

Lire aussi 2 mnPapeterie de Bègles : les ex-salariés à Bercy où ils parlent relance

Les emballages flexibles exposés au gros de la tempête

Le chiffre d'affaires de l'activité sacs recule faiblement de -3,5 % à 111,4 millions d'euros. Son Ebitda enregistre la plus forte progression de toutes les unités du groupe, soit +42 % à 11,9 millions d'euros. Une croissance liée à la progression des sacheries non seulement de Mimizan et Saint-Herblain, en France, mais aussi à celle de Grèce.

Moins bien portées par leurs marchés, les sacheries du groupe Gascogne implantées en Allemagne et en Tunisie ont néanmoins réussies à maintenir leur Baiida à un niveau constant malgré des contextes moins dynamiques. Au final l'activité sacs échappe presque entièrement aux conséquences de la crise sanitaire. A l'inverse l'activité flexibles, troisième et dernière subdivision de la division emballage, est la plus violemment touchée par l'impact de la pandémie. Son Ebitda enregistre sur un an un recul d'un million d'euros, soit -10 %, tandis que son chiffre d'affaires perd -13,3 %, à 104,3 millions d'euros.

Les emballages flexibles sont des produits complexes, qu'il s'agisse de matériaux multicouches (en base papier, film ou aluminium), de supports anti-adhérents (siliconés ou non), ou encore de papiers gommés... Cette activité a été exposée à "trois marchés spécifiquement touchés : les marchés de l'isolation des bâtiments et l'industrie (adhésifs), de façon temporaire avec l'arrêt des chantiers et le ralentissement industriel, et le marché des composites pour l'aéronautique, probablement de façon plus durable".

5 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.