La Planche a pu s’installer à Bordeaux grâce à la Chambre de métiers et de l’artisanat (10/14)

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Vincent du Peloux et Clément Belin cofondateurs de La Planche
Vincent du Peloux et Clément Belin cofondateurs de La Planche (Crédits : Agence Appa/Gilles Aroyo)
Attirés par Bordeaux, où ils ont décidé de créer un atelier partagé ouvert aux particuliers et aux professionnels pour y travailler le bois, Clément Belin et Victor du Peloux ont pu trouver un local grâce à l’intervention des artisans.

C'est à l'Ecole nationale supérieure des technologies et industries du bois (Enstib) d'Epinal (Vosges) que se sont rencontrés l'ingénieur Clément Belin et l'architecte Victor du Peloux, respectivement originaires de Poitiers et Paris.

"Quand nous nous sommes rencontrés nous préparions un master architecture-bois-construction à l'Enstib. Nous voulions lancer un projet axé sur le travail du bois. L'idée c'était de créer un lieu où les gens, « les plancheurs », viennent s'inscrire pour travailler le bois et fabriquer leurs meubles, après évaluation de leur niveau", resitue l'architecte Victor du Peloux, qui précise qu'il est aussi question pour les associés de réaliser des commandes.

Cette démarche, qui s'inscrit dans la création de tiers lieux, les deux amis ont décidé de la développer à Bordeaux, dont l'attractivité est réellement forte.

"Il y avait bien Nantes mais Bordeaux est une des toutes premières villes en économie sociale et solidaire, mais aussi pour les tiers-lieux. Bordeaux est très en avance sur ce sujet. Et puis la ville est située à proximité du grand massif forestier des Landes de Gascogne, ce qui est aussi un atout", explique l'architecte.

Le salut est venu d'une famille de carrossiers bordelais

Restait aux deux associés à trouver un local approprié pour développer ce projet dans une ville qu'ils ne connaissaient pas et où les places sont chères.

"Nous avons eu une première opportunité de trouver un local à Bordeaux place Gambetta. Mais après six mois de négociations ce projet a capoté. Nous nous sommes donc retrouvés sans rien. Heureusement nous avons eu de la chance. Après cet échec, et alors que nous commencions à nous poser des questions, la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de la Gironde nous a contacté parce que notre projet les intéressait", rembobine Victor du Peloux.

La Planche Bordeaux

Vue d'une partie de l'atelier partagé (Agence Appa/Gilles Aroyo)

Les deux amis, qui ne sont pas inscrits au registre du commerce, comme des artisans, sont ressortissants de la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux Gironde. Ils vont quand même aller voir les représentants de la CMA et susciter l'intérêt de cette chambre consulaire, présidée par Nathalie Laporte, avec leur démarche sur les métiers du bois. Par chance, une famille de carrossiers qui détient un garage ouvert trois générations plus tôt dans le quartier Saint-Michel cherche un successeur à son activité de réparation automobile, refusant toute implantation d'un métier tertiaire.

"Ils ont adhéré à notre projet, qui ne relève pas du tertiaire, et ont été intéressés par la création d'un lieu ouvert à une activité de fabrication. C'est ainsi que nous avons pu créer notre société anonyme à responsabilité limité de l'Economie sociale et solidaire, qui permet une gouvernance démocratique, etc.", éclaire Victor du Peloux.

Des machines fixes qui servent aussi aux pros

La Planche occupe 70 m2 de surface, avec un espace d'accueil qui donne sur la rue Permentade et de plusieurs machines à travailler le bois, disposées jusqu'à l'arrière de l'atelier. Ouvert depuis le 1er avril sur ce premier espace de 70 m2, La Planche devrait normalement s'agrandir d'ici la fin de l'année avec la création de bureaux partagés à l'arrière de l'atelier.

"Cet agrandissement ce sont les propriétaires qui vont s'en charger. Nous ne sommes que locataires mais ce qui est bien c'est que les propriétaires se sont impliqués. Entre avril et septembre nous avons recrutés 85 plancheurs, qui viennent ici faire leurs travaux en charpente, ébénisterie... Mais notre atelier est aussi utilisé par des professionnels qui viennent de l'extérieur faire des chantiers en centre-ville et qui ont parfois besoin de pouvoir utiliser une des machines fixes que nous avons, comme la dégauchisseuse", éclaire l'architecte.

Les "plancheurs" ne viennent pas que du quartier, même si le bouche à oreille y fait son œuvre positive. Pour animer cet atelier hors du commun, ses fondateurs, qui ont embauché une salariée, organisent par exemple un apéritif mensuel et envisagent de muscler cette communauté naissante en allant au-delà des machines. L'idée étant de partager un maximum de compétences avec les particuliers qui utilisent l'atelier avec la création d'une matériauthèque, mais aussi organiser des conférences, des sorties, des workshops... Les deux associés, qui développent aussi une activité plus traditionnelle de travail sur commande, ne se rémunèrent pas encore, mais cela ne devrait pas durer... Pour en savoir plus : www.laplanche-bois.

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Cet article est issu du vaste dossier consacré à l'immobilier tertiaire paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 27 septembre. Déjà paru sur notre site :

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