Le quotidien "Sud Ouest" veut économiser 10 M€, 132 départs volontaires annoncés

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A Sud Ouest depuis 1990 Patrick Venries, à gauche, a remplacé Olivier Gérolami (à droite) à la tête de Groupe Sud Ouest depuis mai dernier.
A Sud Ouest depuis 1990 Patrick Venries, à gauche, a remplacé Olivier Gérolami (à droite) à la tête de Groupe Sud Ouest depuis mai dernier. (Crédits : Mikael Lozano)
Le quotidien régional Sud Ouest, à Bordeaux, a annoncé hier mercredi un plan de départs volontaires de 132 salariés d’ici 2020. Ces départs, qui représenteraient l’équivalent de 10 M€, sont selon Patrick Venries, président du directoire de Groupe Sud Ouest (GSO), indispensables pour éviter au quotidien de s’effondrer dès 2021.

Les salariés du quotidien Sud Ouest ont appris hier mercredi, lors de la tenue d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire, que la direction prévoit un plan de 132 départs volontaires, dont 18 journalistes, pour sauver ce titre historique de la presse quotidienne régionale. Patrick Venries, président du directoire de Groupe Sud Ouest (GSO) depuis mai dernier, à la suite du départ  de son prédécesseur, Olivier Gérolami, mais aussi patron de la société éditrice du quotidien Sud Ouest, la Sapeso, a précisé à l'AFP que ce plan de réduction de la masse salariale allait également se traduire par la fermeture de l'agence d'Angoulême. Sans que le titre de presse ne disparaisse pour autant de la Charente puisque Sud Ouest dispose d'un bureau à Cognac.

A la suite du CSE la déléguée SNJ (Syndicat national des journalistes), Catherine Methon, a expliqué à l'AFP que la suppression de 18 postes de journalistes n'était pas acceptable. D'autant que la syndicaliste estime qu'il y a 70 journalistes sous contrat à durée déterminée (CDD) alors que la rédaction manque de 30 équivalents temps-plein, "cela va être notre combat" a-t-elle lancé malgré cet important programme de départs volontaires.

Le "Digital First" n'a pas tenu toutes ses promesses

Ce plan de départs s'inscrit dans la feuille de route stratégique 2019-2023, durant laquelle doit se jouer le redressement du quotidien. Une feuille de route réduite dans le temps parce que la situation presse.

"A l'échéance de 18 mois, si nous ne faisons pas des économies de masse salariale, nous ne passerons pas l'année 2021" a prévenu Patrick Venries.

Autrement dit il y a le feu, même si aucun départ contraint n'est au programme. Le plan des 132 départs volontaires programmé par la direction de Sud Ouest représenterait une économie de 10 M€. La stratégie initiée par Olivier Gérolami en 2016, axée sur un retournement numérique du groupe avec le mot d'ordre "Digital First", n'a pas fonctionné comme espéré. Olivier Gérolami escomptait alors générer 50.000 abonnés par le biais de sa formule freemium, qui allie contenus digitaux payants et gratuits. Cette barre n'a pas été atteinte.

Début 2016, après un premier plan de départs volontaires, le groupe communiquait encore sur ce type d'information et il était possible de savoir que la Sapeso, avait réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 161,5 M€, pour un résultat net de 1,3 M€, avec près de 1.000 salariés dont 267 journalistes.

Sud Ouest en route pour doper son événementiel

Une information qui s'est ensuite réduite comme peau de chagrin. Depuis le groupe prend bien soin de ne communiquer que de façon excessivement parcellaire sur ses comptes, de façon à ne rien dévoiler. C'est ainsi que le 29 mars dernier GSO annonçait un résultat d'exploitation consolidé 2018 à +8,4 M€ "en progression de 2,6 M€ par rapport à 2017".

C'est intéressant mais aussi un peu mince pour reconstituer un compte de résultat à peu près complet avec chiffre d'affaires et résultat net. Ce qui a conduit La Tribune à ne plus communiquer ces éléments chiffrés ultra parcellaires, même si GSO annonçait dans le même communiqué une dette financière inférieure à 3 M€ fin 2018. Comme d'autres titres de presse, GSO axerait désormais sa stratégie sur une diversification qui ferait la part belle à l'événementiel et le développement de nouveaux services.

Si les éléments chiffrés sont rares, les syndicalistes joints confirment à l'unisson que le groupe s'est désendetté. Les négociations concernant ce plan ne devraient pas démarrer avant octobre prochain, les premiers départs volontaires étant attendus d'ici à l'été 2020. Autant dire que tous les éléments du plan, y compris la fermeture de l'agence d'Angoulême, pourraient faire l'objet de négociations.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2019 à 11:51 :
Second plan en 6 ans.Et toujours le même problème : des dirigeants qui prennent de mauvaises décisions mais se rémunèrent grassement, des salariés qui travaillent dans des conditions qui se dégradent : open space surchargés et très peu de salles de réunion au siège alors que le PDG se fait aménager 80m2 avec vue sur la garonne, agences départementales en sous effectif qui travaillent 14h par jour sans recup, des arrêts de travail à répétition qui coutent très cher à sud ouest pour cause de management catastrophique...

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