Ford Aquitaine Industries : tout est fini, Ford refuse la reprise de l'usine

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La mobilisation des syndicats n'aura pas suffi à faire plier Ford Motor Company
La mobilisation des syndicats n'aura pas suffi à faire plier Ford Motor Company (Crédits : Agence Appa)
Ce jeudi 13 décembre était l'une des dates possibles pour la réponse du groupe Ford au projet de reprise de l'usine de Ford Aquitaine Industries (FAI) à Blanquefort (Gironde). Comme le craignaient de nombreux syndicalistes et comme, semble-t-il, le constructeur automobile l'avait laissé entendre ces derniers jours : pas question pour lui d'accepter une reprise de l'usine girondine. Il a éconduit le seul repreneur en lice, le groupe belge Punch. L'arrêt de la production du site (plus de 800 emplois) est programmée pour fin août 2019.

Cela ressemble fort à l'épilogue d'une longue bataille. Ford a annoncé en comité d'entreprise, ce jeudi après-midi, repousser le dossier de reprise du groupe belge Punch pour sa filiale Ford Aquitaine Industries de Blanquefort (plus de 800 salariés), qui fabrique des boîtes de vitesses automatiques. Décision confirmée dans un communiqué :

"Ford Aquitaine Industries (FAI) a informé, ce jour, son comité d'entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l'acquéreur potentiel ayant manifesté le plus grand intérêt pour la reprise. Malgré les discussions rigoureuses et approfondies des neuf derniers mois, et les meilleurs efforts fournis par chacune des parties, le plan proposé par le repreneur potentiel présente des risques significatifs. Nous ne croyons pas que les plans de l'acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et de protection, ou limitent le risque de possibles pertes d'emploi futures, que nous souhaitons pour les salariés de FAI."

Plus loin, le groupe américain précise :

"L'arrêt de production sur le site est prévu fin Août 2019 et FAI s'est engagée à ne prononcer aucun départ contraint avant Septembre 2019. Cela permet aux salariés de FAI d'analyser leurs options tout en bénéficiant d'une sécurité financière. FAI a présenté un plan social complet qui comprend notamment un congé de reclassement d'une durée étendue à compter d'octobre 2019, un plan de cessation anticipée d'activité très favorable, un redéploiement chez GFT (l'usine voisine de FAI, NDLR), ainsi que d'autres mesures destinées à aider les salariés à se tourner vers d'autres employeurs ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière, qu'il s'agisse de créations d'entreprise ou de formations de reconversion."

Cette décision condamne de fait le site girondin au plan social et condamne l'usine. Le coup de massue est terrible. L'intersyndicale, Punch et l'Etat avaient pourtant réussi à trouver un accord, mardi 11 décembre. Tous avaient fait des concessions : les représentants de l'intersyndicale en acceptant un gel des salaires pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT (réduction du temps de travail), ainsi que trois mois de modulation du temps de travail. Et Punch, avec l'interdiction de faire remonter des dividendes pendant les cinq premières années d'activité et jusqu'à ce que la société soit à l'équilibre, et aucun licenciement économique pendant les cinq premières années également.

Lire aussi : "Indécence", "désastre"... Les premières réactions à la fermeture annoncée de Ford Aquitaine Industries

Cet accord de principe, Ford Motor Compagny, qui a réalisé un bénéfice net de 7,6 milliards de dollars l'an dernier, l'a donc balayé aujourd'hui. Depuis le début, Ford semble avoir privilégié l'option d'un plan de sauvegarde de l'emploi en cohérence avec sa volonté de fermer l'usine d'ici septembre 2019. PSE déjà lancé. Mais officiellement, le groupe de Detroit cherchait en parallèle un repreneur. Le groupe Punch Powerglide, spécialiste de la fabrication de boîtes de vitesses automatiques pour l'automobile, s'était manifesté. Il proposait de reprendre 400 salariés sur l'effectif actuel. Comme de nombreux salariés peuvent prétendre partir en pré-retraite, cette solution convenait à l'intersyndicale.

"Nous sommes engagés depuis plusieurs mois dans des discussions rigoureuses et détaillées avec un acquéreur potentiel qui a agi de bonne foi et de façon constructive pendant tout le cours de ces discussions, avec le soutien du gouvernement français. Néanmoins, comparé à un plan social Ford très complet, nous ne pensons pas que le plan de l'acquéreur potentiel offre le niveau de sécurité et de protection requis ou limite le risque futur de suppression d'emplois", avait officiellement réagi le 18 octobre Ford Motor Company, laissant déjà planer peu d'espoir.

En cas de reprise, le groupe américain aurait dû payer les départs en pré-retraite mais également abonder un fonds pour financer la reprise de l'usine et s'engager à accompagner le repreneur. Sachant que l'Etat et les collectivités avaient décidé d'apporter de leur côté 15 M€.

"Depuis que nous avons initié le processus d'information consultation en juin 2018, notre priorité a été de trouver un repreneur fiable pour le site de FAI et nous sommes également déçus de ne pas y être parvenu", indique également Ford dans son communiqué. "Déçu" : pas sûr que les 400 salariés qui ne peuvent pas bénéficier d'un départ en pré-retraite utilisent le même terme.

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a écrit le 14/12/2018 à 15:05 :
Ford part ailleurs, mais les fabricants automobiles français ont bien quitté d'eux mêmes le territoire pour aller fabriquer nos voitures à l'étranger !!! Un jour, peut être ferons nous comme Ford et rapatrierons nous les usines de Tchéquie et autres Roumanie, Espagne et Maroc? Pour cela, il suffirait de taxer le chiffre d'affaires, fait en France par ces industriels qui fabriquent à l'étranger pour le marché français. Chiffre d'affaires et non bénéfice car possibilité pour ce dernier de s'évaporer fiscalement; de plus cela ferait baisser le prix en France, car moins de chiffres d'affaires, moins de taxes à payer.
a écrit le 14/12/2018 à 13:17 :
Etant donné la façon dont la conjoncture évolue, Le Maire et macron vont se retrouver dans la situation de Hollande en 2012-2013 avec des plans sociaux en cascade et des milliers d'emplois perdus chaque semaine.

Ça va les amener, bien que tardivement, à reconsidérer leur position envers la politique "Montebourg" de nationalisation temporaire, pour préserver les activités viables mais victimes de propriétaires sans scrupules qui pratiquent la politique de la terre brulée quand ils quittent un secteur.
a écrit le 14/12/2018 à 12:31 :
J'imagine que l'état français va cesser d'acheter des véhicules Ford pour ses administrations à partir d'aujourd'hui.
Réponse de le 14/12/2018 à 14:51 :
L'Etat français est un état de droit, qui utilise des procédures de marché publics pour ses achats. Si il commence à sélectionner ses fournisseurs en fonction de leur politique industrielle, cela va être compliqué…. Tous les constructeurs automobiles ont optimisé leurs processus industriels, et si on commence à rejeter les offres de ceux qui ont fermé une usine, il faudra mettre la police à Cheval ou à pied.
a écrit le 14/12/2018 à 11:55 :
C’est de la faute à l’apartheid comme l’a dit Valls.
D’un côté le sans dent. De l’autre le patron.
Entre les 2, l’état est en embuscade, prêt à asservir fiscalement l’un comme l’autre.
a écrit le 14/12/2018 à 11:54 :
Merci Ford pour cette décision industrielle pertinente dans l'intérêt à terme des salariés qui vont pouvoir décider de l'évolution de leur propre carrière tout en étant accompagnés. L'intervention de l'Etat, qui ne faisait que sauver les apparences, était une catastrophe annoncée pour le contribuable français.
a écrit le 14/12/2018 à 11:51 :
que tous les gilets bloquent les concessions Ford en France
a écrit le 14/12/2018 à 10:55 :
Et alors comment font les autres qui réussissent mieux en matière d'industrie?
En dehors de la gestion dogmatique à critères limitatifs, sous prétexte de rationalité plus grande, mais qui n'est jamais tres durable. Où trouve donc ici de l'esprit entrepreneurial créatif (rationnel) et les compétences avec lequel on procède à de la montée en gamme profitable, à de de l'innovation pertinente et de la diversification qui peuvent intéresser de nouveaux marchés ?

Visiblement le groupe Ford n'est pas prêt de faire confiance ici la culture industrielle de l'environnement en question, qui aurait pu paraitre un peut trop engoncée dans les procédures technocratiques de productique immédiate.
a écrit le 14/12/2018 à 10:20 :
Pas d'industrie sans un état fort, cela se confirme une fois de plus, quand à l'Europe, juste un paillasson. A quand un Gootruc européen??
a écrit le 14/12/2018 à 10:19 :
L'article laisse penser que Ford, qui fait des profits importants, est le mauvais riche qui est responsable de la fermeture et sans morale va jeter 400 salariés à la rue.

La vérité n'est pas tout a fait ça. Depuis 10 ans Ford veut fermer cette usine dont il n'a pas besoin. A coût de millions (nos impôts) l'état a maintenu l'usine a bout de bras. Celle ci ne tourne qu'a 50% de sa capacité les bons jours.

Le repreneur, le gentil dans l'histoire racontée dans l'article, ne reprenait l'entreprise que contre un recul des droits des salariés, une aide d'état de 15 M€ et une garantie de Ford d'acheter un volume de boites de vitesse sans que le prix de vente soit actuellement fixé.
C'est ce dernier point que Ford a refusé. Pour deux raisons. Ford n'a pas besoin de ces boites de vitesse et le prix de revient dans cette usine en grève perpétuelle est nettement supérieur aux autres usines du groupe.

C'est une autre vision de l'information. Commenter une décision en la sortant de son contexte est une aberration qui donne une vision fausse.
a écrit le 14/12/2018 à 10:09 :
Même fin, que Continental à Clairoix (Oise), exemple typique des dégâts de la mondialisation. Que ceux de nos dirigeants qui invitent les « investisseurs » étrangers à s’établir chez nous, y réfléchissent à deux fois avant de signer les contrats.
a écrit le 14/12/2018 à 10:03 :
Donc Ford qui n a pas de siège permanent à l ONU, ni porte avion, qui ne peut venir au secours du Mali, n est pas 6 ou 7 eme puissance mondial peut imposer ses décisions à la puissance public Française ? Eh bin !
a écrit le 14/12/2018 à 9:00 :
a la methode trump les FRancais n'achetent plus des vehicules ford peu performant et tres energivores
Réponse de le 14/12/2018 à 14:57 :
Et vous créez encore plus de chômage avec les concessionnaires , les succursales et les garagistes qui emploient, eux, du personnel français!! Réflexion trop hâtive !!!
a écrit le 14/12/2018 à 8:13 :
Soyons pragmatiques: il est impossible pour les entreprises, pour des raisons fiscales et comptables notamment, de conserver des casseroles pendant des années; Ford a du récupérer un site, et ses employés, qu'il avait pourtant vendu, personne ne doit l'oublier. Au surplus, qui peut croire qu'au cours du processus de liquidation, les actifs immobiliers ne puissent être vendus, rachetés par qui aura le capital et l'envie de remonter un projet, et d'embaucher à nouveau les employés, évidemment sauf les personnes qui n'acceptent pas les contraintes d'un contrat en dépit des avantages que celui-ci procurent.. le Ministre de l'Economie s'est ridiculisé devant l'Assemblée dans on grand jeu de rôle.
Réponse de le 14/12/2018 à 9:42 :
Les français sont vraiment des assistés, le site ferme en Août 2019, pas demain en AOUT pendant lequel les salariés continuent d'être payé. Au lieu de faire les pitres pourquoi ne pas réfléchir à se former pour faire autre chose? franchement le comportement des gens en France est vraiment grave, tout comme ce mouvement débile des gilets jaunes. Pauvre France
a écrit le 14/12/2018 à 2:16 :
Depuis le debut, l'issue de cette carabistouille etait ecrite.
Le maire ne sait rien faire a part jacter.
La micronnie resumee.
a écrit le 13/12/2018 à 19:56 :
Avec le drapeau rouge, les U.S.A voient légitimement rouge. Que Poutou fonde avec ses Caramades, une S.C.O.O.P. Que " les exploiteurs de l'homme par l'homme "( dixit : Karl Marx ) s'exploitent eux-memes. Cà fait d'abord Du Profit ! une entreprise ! ALORS ! CHICHE.
a écrit le 13/12/2018 à 19:47 :
La police et la gendarmerie n'ont ils pas viré PSA et Renault pour acheter FORD : version moderne de l'arroseur arrosé et que Le MAIRE se taise et apprenne son métier.
a écrit le 13/12/2018 à 18:22 :
Poutou : pour une Dictature Communiste-Marxiste-Léniniste en France a tout pour indisposer Ford, D.Trump, les U.S.A. S'il avait démissionné, il aurait été de suite " embauché-promu " ailleurs, et l'offre de reprise acceptée.
a écrit le 13/12/2018 à 17:39 :
"Sachant que l'Etat et les collectivités avaient décidé d'apporter de leur côté 15 M€".

Sans oublier qu'en trois ans, l’usine a reçu 3,8 millions d’euros de CICE (crédit impôt compétitivité emploi).
a écrit le 13/12/2018 à 17:21 :
les boites auto ca contribue au rechauffement climatique
bon poutout sera neo recase par sa ultra centrale d'ultraneo gauche
les autres devront se demerder tout seuls, voila ce que c'est quand on suit des ideologues, ca ne fait pleurer personne
on devrait obliger les syndicats a reembaucher tous ces gens; vu ce qu'ils se fourrent dans les fouilles profondes sur mon dos laborieux avec l'ultra argent neo publique, ca serait la moindre des solutions ultra anticapitaliste
bon sauf s'ils ne pensent qu'a leur sale fric, bien entendu...
Réponse de le 14/12/2018 à 8:40 :
Soyez sympa, prenez un peu de temps pour vous relire, ça aidera tout le monde
a écrit le 13/12/2018 à 16:50 :
Comme les américains pour les banques européennes ...
Taxez et punissez en milliards .... comme eux vous trouverez bien un juge et une bonne raison pour les condamner à payer.
Conclusion aucune société dans laquelle il y a des capitaux étrangers, fonds de pension, etc ... ceux-ci ne doivent être majoritaires.
Une bonne leçon pour m. Lemaire. Il peut aussi les virer pour 1 euro.
a écrit le 13/12/2018 à 16:28 :
Les indignations vertueuses sont nulles et non avenues en matière d'investissement industriel. Les flux financiers vont là où les garanties et la confiance règnent. La France, pays de l’instabilité financière et de la gabegie émeutière ne peut que décourager l'investissement. Ford l’a compris. D'autres investisseurs suivront son exemple.Les Français doivent cesser de se prendre pour le nombril du monde et de se renifler les aisselles avec délectation. Le train de l'Histoire passe son chemin...
a écrit le 13/12/2018 à 16:07 :
Et miracle ! Un emploi pour n’importe qui demande !
Pas de quoi faire une manifestation donc.
a écrit le 13/12/2018 à 16:02 :
"Tous avaient fait des concessions : les représentants de l'intersyndicale en acceptant un gel des salaires pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT (réduction du temps de travail), ainsi que trois mois de modulation du temps de travail. "

On fait des concessions, systématiquement, pour au final perdre. Ça sert à ça les syndicats à faire reculer les droits des salariés. Par contre eux ne risquent rien du tout en tant qu'institutions... Qui va enfin se poser des questions sur leur énorme représentativité institutionnelle et leur négligeable représentativité au sein du personnel ?

Quelques gilets jaunes agités font plus peur que des millions de personnes manifestant sous l'égide des syndicats ? Non ça ne ne fait vraiment tiquer personne !? Vous ne voyez pas le rapport vraiment ?

Tous les gens qui passent dans les médias de masse font parti de l'hypocrisie générale. Il serait temps que les citoyens le voient avant que ce ne soit trop tard, à savoir, demain.
Réponse de le 14/12/2018 à 7:55 :
Les gilets jaunes servant de repoussoir aux investisseurs, ils enfileront bientôt le gilet de sauvetage. Quand toutes les grandes entreprises Françaises sont contrôlés par des capitaux étrangers (faute d'actionnaires suffisants Français), le rapport de force n'est pas en faveur des gilets jaunes.
Réponse de le 14/12/2018 à 8:27 :
@ mutlipseudos:

JE m'en tape...

SIgnalé.
Réponse de le 14/12/2018 à 8:38 :
Que proposez vous pour négocier avec une direction? L'individu? Faut atterrir mon grand...
Réponse de le 14/12/2018 à 11:31 :
@ multipseudos

Aucun changement je m'en tape toujours, réfléchi ça fait pas saigner le cerveau, promis mais signalé aussi.

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