Ford lâche son usine de Blanquefort

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Pour la 8FMID, le constructeur automobile de Dearborn (agglomération de Détroit) a dit non.
Pour la 8FMID, le constructeur automobile de Dearborn (agglomération de Détroit) a dit non. (Crédits : © Carlos Jasso / Reuters)
Ford Motor Company l’a annoncé ce mardi, la fabrication d’une nouvelle boîte de vitesses à Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort en Gironde, ne serait pas viable. Ford ne ferme pas tout à fait la porte à une option de remplacement, qu’appelle de ses vœux le ministre de l’Economie et des finances Bruno Le Maire. Les syndicalistes de leur côté ne veulent rien lâcher. 900 emplois sont menacés.

"Cette déclaration n'est pas un scoop car on ne sentait plus vraiment la direction de Ford. Ils ne ferment pas la porte mais estiment qu'il n'y a rien... ce qui confirme leur volonté de fermer l'usine" a commenté à la mi-journée Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), et ex-candidat NPA à la dernière présidentielle, depuis son domicile où il est malade. Coincé chez lui, Philippe Poutou suit tout de même les événements de près et a accepté de les commenter pour La Tribune à Bordeaux, alors que ses collègues étaient en assemblée générale à Ford Aquitaine Industries.

Dans son communiqué rendu public ce mardi à 13 h 29, la direction de Ford Motor Company, dont le siège se trouve dans la banlieue de Détroit, précise avoir eu "une rencontre constructive avec Monsieur Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et son équipe... Nous avons également rencontré aujourd'hui le comité d'établissement, poursuit le communiqué de FMC, et confirmé qu'en conclusion de l'étude formelle, il s'avère que la fabrication de la nouvelle transmission 8 vitesses à FAI n'était pas économiquement viable".

Grande réunion au ministère de l'Economie et des finances

Un vrai coup de massue pour les salariés de FAI, usine spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui sont dans l'attente d'un nouveau projet industriel pour assurer le futur de leur entreprise et qui ont appelé à débrayer ce mardi de 13 h à 15 h. Ce communiqué de Ford, qui signe la condamnation à mort du projet 8FMID à FAI, s'achève ainsi :

"Nous rappelons notre engagement à chercher une solution viable et pérenne au maintien de l'emploi sur le site. Nous souhaitons travailler avec les pouvoirs publics, les services de l'Etat, les collectivités locales et les partenaires sociaux afin de chercher de nouvelles possibilités pour l'usine ; ceci incluant la recherche de tout repreneur potentiel intéressé par le site" conclut ainsi le groupe.

Très engagé dans ce dossier, le ministère de l'Economie et des finances a réagi à l'annonce du constructeur automobile américain. Dans le communiqué numéro 357, Bruno Le Maire annonce ainsi qu'il "réunira dans les prochains jours au ministère les représentants des salariés du site ainsi que les élus concernés, afin de faire le point sur la situation et les suites à lui donner". Le ministre se fait ensuite plus précis en annonçant qu'il souhaite que "le groupe Ford travaille de manière étroite avec les représentants de salariés, les collectivités locales concernées et l'Etat afin de garantir la pérennité de ce site industriel et le maintien à long terme de l'emploi".

"Engager toutes les démarches nécessaires"

Bruno Le Maire explique qu'il a rencontré récemment Steven Armstrong, le président du groupe Ford Europe, dont le siège est à Cologne, et qu'il lui a demandé de maintenir une charge de travail suffisante jusqu'à fin 2019. Pour permettre la recherche de nouvelles solutions dans les meilleures conditions.

Puis le ministre charge le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, et le délégué interministériel aux restructurations d'entreprises, Jean-Pierre Floris, "d'engager avec l'entreprise toutes les démarches nécessaires pour assurer la pérennité du site et d'en effectuer un suivi particulièrement rigoureux". Autrement dit le sujet de FAI, qui emploie près de 900 salariés, est pris très au sérieux par le gouvernement. La perspective de la tenue d'un nouveau comité de suivi dédié à FAI semble s'être sérieusement éloignée mais le dossier Ford Aquitaine Industries n'est pas pour autant encore refermé. "La situation est vraiment très mauvaise mais nous ne lâcherons rien et nous ne désespérons pas que l'action du gouvernement finisse par convaincre Ford de bouger" déroule Philippe Poutou.

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a écrit le 28/02/2018 à 11:24 :
il me semblait que poutou avait été contre la reprise par un groupe allemand de l usine en 2010 projet qui avait capoté on en voit aujourd hui la conclusion
Réponse de le 28/02/2018 à 15:05 :
Un peu d'histoire :

En janvier 2009, après dix semaines de chômage partiel, les salariés reprennent le travail et le 2 février, le groupe allemand HZ Holding est officiellement repreneur de l’unité qui fabriquait les transmissions automatiques. Porteur d’un projet de fabrication sur place de grandes couronnes éoliennes, avec son partenaire allemand Johann Hay, il garderait l’ensemble du personnel. En mai de la même année, Ford Aquitaine Industrie n’existe plus, c’est First Aquitaine industrie qui lui succède. Emblème historique, l’enseigne Ford de l’usine de Blanquefort est déposée à terre le 10 juillet 2009. Elle était là depuis 1972. En 2010, il faut déchanter. Les repreneurs ne sont pas parvenus à ramener l’établissement sur le chemin de la pérennité. Le projet de fabrication de couronnes éoliennes a capoté, HZ et Johann Hay ne sont plus en mesure de jouer leur rôle d’actionnaires.
Sous la pression des salariés, de l’État français et des élus bordelais et girondins, Ford Europe annonce son retour à Blanquefort, le 18 octobre 2010. Vendue deux ans plus tôt, l’unité est officiellement rachetée en janvier 2011 et redevient Ford Aquitaine Industrie (FAI).
a écrit le 27/02/2018 à 17:24 :
Il est vital que le gouvernement exige que ford rembourse les aides qu 'il a pu recevoir de l'état Français (dans la condition si il en a touché, bien entendu!). De plus comme tout lieu industriel, il doit avant de partir qu'il dépollue tout le site. Aucun argent public ne doit venir de nos impôts.
Réponse de le 27/02/2018 à 17:48 :
Ford a reçu via le CICE 45 millions d'aide publique.
Réponse de le 27/02/2018 à 19:07 :
le cice est un remboursement des impots que le politburo a vote en plus en 2012 et dont il s'est rendu compte que ca lui creait 60.000 chomeurs par mois....... un impot supplementaire qu'on annule, c'est pas une subvention, sauf chez les fascistes
a écrit le 27/02/2018 à 16:32 :
il cherche du fric coter gouvernement comme les avions holocauste l’état pays la moitie du billet
a écrit le 27/02/2018 à 16:21 :
Poutou est là. Avec son sens de l'entreprenariat il va reprendre l'entreprise. Après, pour le résultat, je ne préfère pas donner de pronostics …
Réponse de le 28/02/2018 à 6:44 :
bien critiquer poutou c est facile moi qui a travailler avec lui c est un très bon camarade ouvrier un très grand syndicaliste pour la défence des salariés . pour vos informations je suis cgt et socialiste de gauche . oui ford ce sont des voleurs des patrons voyous qui nous ont pris environ 50 millions d euros tous ensemble pour la sauvegarde des 1000 emplois .
a écrit le 27/02/2018 à 15:59 :
Qu 'est ce que va ne pas lacher le gaucho de service.Ne serait ce qu'une bordée d'injures au patron de service qui lui ont servi la soupe depuis trop longtemps!

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