Industrie : 10 femmes primées par l'UIMM

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Les lauréates lors de la cérémonie de remise des prix
Les lauréates lors de la cérémonie de remise des prix (Crédits : ML)
L'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Aquitaine Limousin Poitou-Charentes organisait hier à la Maison de l'industrie de Bruges "Trajectoires professionnELLES", durant laquelle ont été remis 10 Prix de la vocation féminine. Un événement qui s'inscrivait dans le cadre de la Semaine de l'industrie. Voici les portraits des lauréates.

Coralie Chatard
Ingénieure compatibilité électromagnétique au sein de Zodiac Aero Electric à Niort, Coralie Chatard fait partie du Centre d'essais systèmes de la direction technique. La jeune femme, passionnée par l'électronique dès son plus jeune âge, a repris ses études à 27 ans pour se spécialiser dans la compatibilité électromagnétique. Elle assure désormais la coordination d'une équipe 100 % masculine et apprécie toujours "passer au-dessus des stéréotypes".

Manon Cao Van Tuat
PCC France fabrique des pièces de fonderie, de structures d'avions et de moteurs turboréacteurs à Ogeu-les-Bains dans les Pyrénées-Atlantiques. Manon Cao Van Tuat est apprentie au sein de la direction bureau d'études et travaux neufs et travaille donc sur des pièces en développement. Découvrant le travail du métal lors d'un stage, elle oriente ses études dans cette direction. "Le terrain m'a appris qu'être femme dans ce métier nécessite de se positionner, de faire ses preuves. Pour des équipes masculines, la présence féminine est nouvelle ou rare et il est normal qu'elle déstabilise", observe-elle.

Corinne Courant
Chaudronnière et fumiste à Fours fumisterie industrielle à Saint-Pierre-d'Aurillac en Gironde, Corinne Courant est impliquée dans la fabrication de fours utilisés pour le traitement thermique dans l'industrie aéronautique et automobile. Formée en menuiserie mais ne trouvant pas de débouchés, elle a d'abord tâté de l'agriculture, de l'apiculture, de l'animation en éducation environnement... avant d'être intégrée à FFI et d'y découvrir ces métiers de la chaudronnerie et de la fumisterie.

Marjolaine Destandau
Contrôleuse qualité chez Drillstar industrie à Lons dans le Béarn, Marjolaine Destandau voulait initialement être photographe animalier. Destin contrarié, elle prend finalement la direction d'un BEP productique à Orthez où elle découvre avec bonheur le dessin industriel puis, chez Weatherford, le contrôle qualité. Après un passage par Turbomeca, elle intègre finalement l'univers du forage pétrolier chez Drillstar. "Penser qu'une femme n'a pas sa place dans un atelier mécanique est puéril parce que, par notre capacité à être soigneuses, appliquées et exigeantes, notre travail n'en est que meilleur", estime-t-elle.

Christine Feugueray
Opératrice sur machine d'usinage à Bilfinger Water Technologies à Availles-en-Châtellerault (86), Christine Feugueray a un parcours qui ne l'amenait pourtant pas vers les métiers techniques. Elle a d'abord travaillé dans la restauration pendant 23 ans, avant d'occuper un poste de cadre agricole pendant 8 ans dans une entreprise maraîchère. Victime d'un licenciement économique, elle obtient un titre professionnel de chauffeur poids-lourd mais ne trouve pas d'emploi. Deux ans après, elle opère une nouvelle reconversion, vers le monde industriel cette fois, et se forme en tant que tourneur-fraiseur avant d'être embauchée par Bilfinger. Pari réussi.

Patricia Gobert
Mécanicienne piste à l'unité de production Rafale de Dassault Mérignac en Gironde, âgée de 57 ans, Patricia Gobert a fait l'essentiel de sa carrière au sein de l'armée de l'Air en tant que mécanicienne électricienne/équipements de bord. Après 29 ans de service, elle se tourne vers le civil et intègre en 2009 Dassault Aviation et l'unité de production des avions militaires. Cette dernière, créée en 1949, n'avait encore jamais connu de personnel féminin ! "De plus en plus de femmes sont présentes dans les métiers de l'aéronautique : un univers essentiellement masculin où le cœur du métier passe par une bonne communication, témoigne-t-elle. La complémentarité homme-femme est essentielle."

Delphine Kaminski
Professionnelle logistique au sein de Renault Trucks Défense à Brive, Delphine Kaminski a intégré l'entreprise en 2007 via un contrat de travail temporaire. Intégrée en CDI un an plus tard, après plusieurs années au montage en fabrication, elle opère désormais au service logistique. Reconversion réussie pour celle qui avait connu précédemment un cursus administratif et des fonctions d'assistance de direction. Sa vocation était pourtant claire dès le départ, mais le lycée professionnel de mécanique qu'elle souhaitait intégrer n'a pas voulu d'elle en 1989. Motif : "Ma candidature a été refusée car j'aurais été la seule fille à vouloir aller en section mécanique et l'établissement craignait que je perturbe la classe !"

Stéphanie Lestrade
Technicienne d'atelier sur fraiseuse à Almeca à Saint-Paul-les-Dax dans les Landes, Stéphanie Lestrade a découvert ce métier par hasard par le biais du centre d'information et d'orientation. Intéressée par les métiers manuels, elle trouve immédiatement du travail après 6 ans d'études. Dix ans après son entrée dans l'univers professionnel, elle intègre Almeca et découvre les machines à commande numérique, repartant ainsi de zéro. "C'est un défi jamais terminé. La routine n'existe pas, les pièces sont toujours différentes. J'aime cette évolution personnelle constante", explique-t-elle.

Delphine Lucas
Chef de département d'ingénierie électrique à Airbus Defence & Space à Saint-Médard-en-Jalles en Gironde, Delphine Lucas pilote une équipe de 120 personnes réparties sur 3 sites français et allemand. Un profil atypique car issu d'un long cycle universitaire, avec des années d'activités de recherche couplées à de l'enseignement en IUT. "Lorsque je pense à mon parcours, une femme de 39 ans, docteur en électronique des hautes fréquences et optoélectronique, manageant 120 personnes sur 3 sites, ayant 2 enfants de 8 et 3 ans, je me dis que mon entreprise rend aujourd'hui tout ceci possible et qu'à l'âge de 20 ans, je n'aurais pas pu l'imaginer une seule seconde", témoigne-t-elle.

Nora Mestari
Ingénieure en génie mécanique au sein de BorgWarner à Eyrein (19), équipementier automobile cherchant à augmenter le nombre de femmes dans ses effectifs, Nora Mestari a été la première femme à avoir été embauchée en qualité d'ingénieure. "Je suis convaincue que les jeunes ou moins jeunes femmes doivent être actrices et prendre part activement à la création des nouvelles technologies de demain, et pas uniquement dans les domaines qu'on imagine purement féminins tels que la mode et les cosmétiques", assène-t-elle.

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Pour la première fois, les Prix de la vocation féminine s'adressaient aux entreprises adhérentes de l'UIMM sur le périmètre de la nouvelle région. Les lauréates ont été choisies par un jury dont faisait partie La Tribune Bordeaux, en fonction de leur parcours, de leur motivation... L'opération vise à présenter au grand public des exemples de trajectoires personnelles féminines dans un monde industriel où les hommes sont encore très largement majoritaires.

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