L’usine Lesieur de Bordeaux inaugurée par Manuel Valls

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Jean-Philippe Puig, Xavier Beulin, Manuel Valls, Stéphane Le Foll et Patrick Kanner, devant les jeunes en formation tutorée à Lesieur
Jean-Philippe Puig, Xavier Beulin, Manuel Valls, Stéphane Le Foll et Patrick Kanner, devant les jeunes en formation tutorée à Lesieur (Crédits : Agence Appa)
Le Premier ministre Manuel Valls, accompagné de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, Patrick Kanner, ministre de la Ville et de la Jeunesse et des Sports, du secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, et de Martine Pinville, secrétaire d'Etat au Commerce, était ce vendredi à Bassens, dans la zone portuaire de Bordeaux, pour l’inauguration de la nouvelle usine Lesieur.

"Cette usine est un fleuron de notre groupe. Dans un même lieu nous allons de l'amont, le décorticage de la graine de tournesol puis sa trituration, avec notre filiale Saipol, jusqu'au raffinage de l'huile, avec Lesieur, la partie énergie, avec la production de biodiesel, et la chimie, avec la glycérine", a illustré Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril, ex-Sofiprotéol.

Xavier Beulin, président du groupe Avril, mais aussi de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) a signé avec le Premier ministre la 60ème charte entreprises et quartiers, dans le cadre de la politique de la ville, dans laquelle le groupe s'engage à augmenter les embauches de jeunes des quartiers en difficulté. Le nombre des alternants va ainsi passer de 153 en 2014 à 400 d'ici 2018.

Huile, biodiesel, glycérine

Déplacée du quartier des Bassins à flot, à Bordeaux, où elle avait été installée il y a 100 ans, l'usine Lesieur a commencé à fonctionner dans ses nouveaux locaux portuaires depuis l'été dernier. Elle est reliée à l'unité de trituration des graines de Saipol qui était déjà sur place depuis des dizaines d'années, en raison de la présence des gigantesques silos céréaliers. L'usine traite annuellement 800.000 tonnes de graines de tournesol. En bout de chaîne elle produira 100 millions de bouteilles d'huile, avec plusieurs marques, dont Lesieur, Isio 4 ou Fruit d'Or, et une capacité de production de 250.000 tonnes de biodiesel Diester et 25.000 tonnes de glycérine végétale. La nouvelle usine Lesieur, construite moyennant 31 M€ d'investissement, emploie un peu plus de 90 salariés. Le groupe Avril, qui fédère toute la filière des oléagineux et protéagineux, emploie 7.200 salariés pour un chiffre d'affaires de 6,5 Md€.

La commune va-t-elle manquer d'huile ?

Jean-Pierre Turon, le maire de Bassens, s'est félicité de recevoir sur ses terres un tel aréopage de personnalités, soulignant que si sa commune de 7.000 habitants était devenue aussi industrielle c'était aussi grâce à lui. Il a notamment rappelé que Bassens compte six usines Seveso, avec deux grands plans de prévention des risques.

"L'acceptabilité des habitants est essentielle. Il n'est pas normal que les communes les plus en pointe dans l'industrie subissent des contraintes plus fortes que les autres sans pouvoir bénéficier d'un juste retour des choses, avec des investissements publics à la hauteur, alors que les dotations de l'Etat baissent. Il serait gênant qu'avec l'installation de Lesieur, la commune manque d'huile pour pouvoir fonctionner", a fait savoir le maire de Bassens au Premier ministre.

Alain Rousset à Lesieur

Alain Rousset a annoncé que Matignon s'intéressait au nom de la nouvelle grande région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes (Agence Appa)

La région sera-t-elle nommée par l'Etat ?

Alain Rousset, président de la nouvelle région, a dit tout le bien qu'il pensait de cette intégration industrielle, qui reflète en miniature la cohérence de l'écosystème régional dont il défend la promotion, de l'agriculture au marché. Profitant de la présence de Manuel Valls, il a souligné : "Je sais que Matignon s'est adressé au préfet pour rebaptiser la nouvelle région..." Alain Rousset l'a dit avec le sourire. Mais comme le nouvel exécutif régional fait notamment travailler des cabinets spécialisés dans le "naming" pour trouver ce nom et qu'Alain Rousset ne supporte pas les doublons entre les actions de la Région et celles de l'Etat, ce sourire a dû lui coûter. Avant de conclure, le président de la "Grande Aquitaine" a redit tout le bien qu'il pensait de l'apprentissage et de l'importance de transformer les salariés en fin de carrière en tuteurs.

L'agriculture en crise

Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé, a dit qu'il était heureux du transfert d'une usine qui ne pouvait plus rester aux Bassins à flot, en pleine restructuration urbaine, de la mise en lumière "d'un groupe français d'excellence", et aussi de l'engagement de ce dernier dans la formation des jeunes.

Xavier Beulin a souligné de son côté qu'Avril savait très bien ce que signifie "économie circulaire" puisque son activité par des semences jusqu'au consommateur final. Appuyé sur "le monde agricole, le monde industriel et le monde des services" le groupe Avril se développe. Pour autant et "sans vouloir casser l'ambiance" Xavier Beulin, qui est aussi le grand patron de la FNSEA, a rappelé que l'agriculture était en crise, à cause de trop bonnes récoltes à l'échelle mondiale, mais aussi à cause de normes de l'inégalité dans les normes de production au sein même de l'Union européenne, qui pèsent sur l'agriculture française.

Xavier Beulin

Xavier Beulin entend bien trouver une solution pour les éleveurs de palmipèdes (photo Agence Appa)

Manuel Valls prêt à parler de l'élevage

Concernant la crise aviaire, qui frappe de plein fouet le Sud Ouest, Xavier Beulin a rappelé qu'il était indispensable de faire un vide sanitaire pour en finir avec l'épidémie de grippe aviaire. Opération qui va mettre à l'arrêt tous les élevages de palmipèdes, soit des milliers d'exploitations.

"Il faut absolument savoir comme on va faire. Nous en parlerons la semaine prochaine. Ce vide sanitaire est absolument vital pour le pays mais il faut mettre les conditions économiques qui permettront aux éleveurs de s'en tirer dignement", a-t-il observé.

En clôture des prises de parole, le Premier ministre a commencé par adresser un message de soutien à Alain Juppé. "Je dirai à tous ceux qui s'inquiètent de votre âge que vous êtes en pleine forme", a-t-il ainsi confié au maire de Bordeaux.Sans doute pour mieux rebondir avant d'observer que le maire de Bassens était lui en moins bonne forme.

Manuel Valls a salué l'efficacité de l'organisation en filière du groupe Avril, avant de souligner que "les dotations de l'Etat n'augmenteront plus car nous avons besoin de faire des économies". Après avoir rappelé que Philippe Lamblin, directeur des ressources humaines d'Avril, avait "élu meilleur DRH de France par ses pairs", Manuel Valls a dit combien il avait été frappé par l'enthousiasme des jeunes. Il a confirmé qu'il recevrait Xavier Beulin très prochainement, à la suite des engagements pris le 3 septembre dernier sur la crise de l'élevage, en particulier porcin, avant d'évoquer la probable dévolution de nouvelles compétences aux régions.

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Commentaires
a écrit le 17/01/2016 à 11:59 :
Cinq ministres pour inaugurer une usine sauf celui de l'économie qui gêne Monsieur Valls.
a écrit le 16/01/2016 à 14:32 :
De l huile aux OGM ? :))

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