Après Bordeaux et Limoges, Héméra vise une dizaine de lieux en Nouvelle-Aquitaine

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A Bordeaux Ravezies, l'aménagement par Héméra de l'ancien siège du bailleur Clairsienne et de sa vaste terrasse, ouvriront en avril.
A Bordeaux Ravezies, l'aménagement par Héméra de l'ancien siège du bailleur Clairsienne et de sa vaste terrasse, ouvriront en avril. (Crédits : Héméra)
Avec trois sites de bureaux partagés opérationnels à Bordeaux et un prévu à Limoges en 2022, l'accélérateur Héméra entend mailler la Nouvelle-Aquitaine. Peu secoué par la crise sanitaire, ce spécialiste du coworking vise ainsi l'ouverture d'une dizaine de lieux d'ici 2025 dans les principales villes de la région et toujours dans des immeubles singuliers.

L'ouverture de la totalité du nouvel espace aménagé par Héméra, au 223 avenue Emile Counord, le long de la ligne C du tram entre le Grand Parc et la place Ravezies, est prévue pour le mois d'avril, le temps d'achever les finitions du chantier. Une ouverture qui intervient deux ans tout juste après l'inauguration de la Halle dans l'ancien site industriel du fabricant d'alcool Marie Brizard au centre de Bordeaux. Une poignée de startups sont déjà installées à Ravezies, à l'instar de Luos, mais le gros des troupes arrivera courant avril. "Ce sont exclusivement des bureaux partagés mais privatifs. Il y a des espaces collectifs mais pas d'espaces de coworking traditionnel. La demande a été très forte : il y a déjà 70 postes de travail occupés et il n'en reste qu'une trentaine à commercialiser", assure Julien Parrou-Duboscq, le président d'Héméra qui oscille désormais entre accélérateur de startups, telles que Lucine, Obvy, Legalvision ou Kazoart, et développeur immobilier. Le nouvel emplacement sera de loin le plus grand des trois implantations bordelaises avec 270 postes de travail contre 180 à la Halle et 140 à l'hôtel Fenwick, sur les quais de la Garonne.

Héméra Ravezies

Après le côté spectaculaire de la Halle, Ravezies revendique un aspect plus cosy (crédits : Héméra)

1,36 million d'euros de chiffre d'affaires

Avec 1,36 million d'euros de chiffre d'affaires en 2020, en ligne avec les objectifs, les trois associés d'Héméra - Julien Parrou-Duboscq, Benoit Droulin et Greg Lefort, qui s'est séparé d'Azendoo l'an dernier - préparent l'avenir avec sérénité malgré le contexte sanitaire et économique. "L'an dernier nous n'avons eu que 6 % de départs à cause de la crise et de très fort rebonds à la fois en septembre 2020 et en janvier 2021. Le Covid nous pénalise sur l'évènementiel et la restauration mais c'est finalement minoritaire dans notre modèle", précise Benoit Droulin.

D'autant que le marché du bureau partagé trouve une forme de relais avec le fort développement du télétravail. "On constate que des entreprises petites et grandes, et pas seulement des startups, nous prennent des locaux et organisent une forme de présence tournante entre les équipes pour permettre aux salariés de se voir et de de tenir des réunions dans des conditions sanitaires adaptées", observe Julien Parrou-Duboscq.

Lire aussi : Coworking : le sort des espaces indépendants "dans le viseur" d'Elisabeth Borne

Limoges, un premier pied hors de Gironde

Conforté dans son modèle à Bordeaux, Héméra vient de signer une première implantation hors de Gironde, à Limoges (Haute-Vienne), avec l'acquisition auprès des Domaines de l'ancien état-major général du ministère des Armées situé au cœur de la 2e ville de Nouvelle-Aquitaine. "C'est un bâtiment de 1.600 m2 assez incroyable et très connu des habitants même si très peu d'entre eux ont pu le visiter. Il est entouré d'un parc de 600 m2 qu'on va ouvrir aux habitants et où on prévoit d'installer un café et des espaces évènementiels", précise Julien Parrou-Duboscq. Acheté en partenariat avec la famille Pénicaut, très implantée localement et déjà portée sur l'immobilier avec le courtier Ashler & Mansion fondé et dirigé par Aymerick Pénicaut, le site proposera 110 postes de travail, des espaces évènementiels et une partie de bureaux loués à une seule entreprise.

Héméra Limoges

L'ancien état-major général des armées, à Limoges, qui va être remis au goût du jour par Héméra (crédits : Héméra).

"Le bâtiment a été très bien entretenu par l'Armée mais il y a des travaux de rénovation et de mise aux normes à prévoir. L'ouverture devrait intervenir mi-2022. Avec ce jardin, l'accueil de l'écosystème local, où la French Tech est implantée, et le dynamisme du territoire, il y a tous les ingrédients pour réussir", ajoute le président d'Héméra.

Lire aussi : Qui sont les quatre communautés French Tech de Nouvelle-Aquitaine ?

Dix implantations en Nouvelle-Aquitaine d'ici cinq ans

Des certitudes qui amènent le trio d'Héméra, et ses quatre salariés, à se positionner sur d'autres projets dans la région à l'instar de la reprise de l'hôtel de Craon, l'ancien commissariat de La Rochelle (Charente-Maritime) qui s'étend sur 1.350 m2. Dans ce dossier, le conseil municipal a voté le 1er mars dernier la vente pour trois millions d'euros au promoteur rochelais Espace Investissement, qui était en finale face à Héméra, et veut en faire un espace commercial. Mais Julien Parrou-Duboscq assure que la messe n'est pas dite :

"Le projet n'est pas définitivement tranché ! On verra bien ce qu'il se passe. Mais quoi qu'il en soit, La Rochelle est une ville très attractive avec sa position littorale et sa liaison TGV avec Paris. On la juge stratégique. Que ce soit l'ancien commissariat ou ailleurs, on cherche à y implanter 100 à 150 postes de travail."

Une logique qui vise à mailler la Nouvelle-Aquitaine en implantant des sites Héméra dans la plupart des pôles économiques. Des discussions sont notamment en cours à Dax (Landes). "Il y a deux entrées : notre propre veille et nos candidatures sur tel ou tel projet mais aussi des projets entrants avec des mairies ou des acteurs privés qui nous sollicitent pour reprendre un lieu ou les accompagner dans leur projet", explique-t-il.

Et si Héméra vise l'ouverture d'une dizaine de lieux dans la région dans les cinq ans, le trio d'associés entend rester sélectif :

"On ne veut pas construire du neuf. Notre démarche c'est de reprendre et rénover des immeubles qui ont une histoire, un cachet, un élément qui les différencie et les identifie comme une terrasse, un jardin, un point de vue, une ambiance historique. L'idée est vraiment de regarder le potentiel de chaque lieu au regard des nouvelles manières de travailler. Si on ne voit pas de potentiel, on n'y va pas", résume Benoit Droulin.

Héméra Ravezies

A Bordeaux Ravezies, Héméra propose exclusivement des bureaux privatifs (crédits : Héméra)

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Commentaires
a écrit le 01/04/2021 à 14:30 :
Peu secoué par la crise sanitaire, ce spécialiste du COTRAVAIL vise ainsi l'ouverture d'une dizaine de lieux d'ici 2025 (...).

Une poignée de JEUNES POUSSES sont déjà installées à Ravezies (...).

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