Géomètres-experts : 2.000 postes à pourvoir en France, en ville comme à la campagne !

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Régis Lambert préside l'Union nationale des géomètres experts depuis 2016 et se présente pour exercer un 3e mandat de deux ans à la tête de ce syndicat professionnel.
Régis Lambert préside l'Union nationale des géomètres experts depuis 2016 et se présente pour exercer un 3e mandat de deux ans à la tête de ce syndicat professionnel. (Crédits : UNGE)
"Il y a 2.000 postes à pourvoir dans les cabinets de géomètres-experts dans toute la France et en outre-mer, en ville comme à la campagne !", alerte Régis Lambert, le président de l'Union nationale des géomètres-experts (UNGE), qui organise ses rencontres nationales à Arcachon (Gironde) les 12 et 13 mars 2020. Malgré l'émergence de nouveaux outils, tels que les drones, les scanners 3D et la maquette numérique, ce métier du monde de l'aménagement du territoire a encore du mal à susciter des vocations.

LA TRIBUNE - Ces rencontres nationales prévues les 12 et 13 mars sont-elles maintenues malgré la crise sanitaire du coronavirus ?

Régis LAMBERT - Pour l'instant, oui. Nous attendons 250 participants environs donc ça ne devrait pas poser de problèmes. On a eu quelques annulations de partenaires mais aucun participant inscrit n'a annulé sa venue donc, compte tenu des impératifs administratifs liés à la vie du syndicat, on a décidé de maintenir l'évènement tant qu'il n'y a pas d'interdiction formelle.

La profession de géomètre-expert est identifiée comme métier pénurique. Quelle est l'ampleur des besoins ?

Les besoins en recrutement sont très conséquents. On estime qu'il y a 2.000 postes à pourvoir dans les cabinets de géomètres-experts dans toute la France et en outre-mer, en ville comme à la campagne ! C'est un chiffre extrêmement important au regard des effectifs de la profession qui compte environ 11.000 personnes dont 1.900 géomètres-experts et 9.000 salariés ! Ces problèmes de recrutements sont partagés par d'autres métiers de l'ingénierie technique et de la construction mais, depuis plusieurs années, notre activité est très soutenue et cela entraîne une charge de travail intense sur les équipes avec notamment un recours aux heures supplémentaires. Cela ne peut pas durer éternellement donc il nous faut recruter, notamment des femmes puisqu'elles ne représentent qu'environ 20 % des effectifs alors qu'il n'y a plus de pénibilité particulière liée à l'exercice de la profession aujourd'hui !

Comment présentez-vous la profession pour susciter des vocations ?

Géomètre-expert c'est un métier à cheval entre la technique et le juridique qui propose des missions très variées : immobilier, aménagement du territoire, prestations pour des particuliers, missions en extérieur ou au bureau. Il y a un vrai engagement et une confiance vis-à-vis du client privé ou public. C'est un métier très divers, passionnant, qui permet des spécialisations très différentes et est en pleine évolution. Les géomètres-experts nécessitent un Bac+5 en école d'ingénieur et les salariés des Bac+2/3. Mais on ne peut plus se permettre d'attendre que les écoles se remplissent, il faut aller chercher des profils en reconversion professionnelle ou qui peuvent nous apporter ici des compétences de juriste, là des compétences de paysagiste, d'urbaniste ou de bureau d'études. Cela permettra de soulager la charge de travail des équipes.

Comment le numérique a-t-il modifié votre métier ?

On ne peut pas parler de brusque révolution, et c'est tant mieux, mais plutôt d'évolution avec de nouveaux outils qui se démocratisent au sein des cabinets de géomètres-experts qui sont pour la plupart des très petites entreprises. Il faut casser l'image d'Epinal du géomètre-expert avec son trépied qui fait des relevés topographiques au bord de la route. Aujourd'hui, on utiliser des drones pour les relevés extérieurs, vastes ou inaccessibles autrement, des scanners 3D, de la maquette numérique, etc. Tout cela nous donne des données en 3D à la fois très fournies et très précises qu'il faut savoir ensuite traiter et intégrer dans les logiciels. Il y a des enjeux énormes en termes d'archivage de ces données, de leur transmission et de leur utilisation par toutes les parties prenantes lors de la conception du bâtiment mais aussi tout au long de sa construction et de son exploitation. Dans ces domaines, il y a encore beaucoup de progrès à réaliser !

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Quel rôle joue le géomètre-expert auprès des élus locaux ?

Pour nous, il est un acteur de l'aménagement du territoire, notamment auprès des petites collectivités locales qui se trouvent souvent un peu seules face à leur projet, tant pour les aspects techniques que juridiques. Avec les plus grandes collectivités, qui sont mieux outillées, le géomètre-expert est un maillon de la chaîne particulièrement précieux dans les dossiers les plus complexes de densification, de surélévation ou de reconversion d'un bâtiment ou d'une friche urbaine. Dans ces projets, il n'y a pas de marge d'erreur possible puisqu'on touche à du bâti existant et le géomètre-expert est là pour apporter la sécurité juridique et technique.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2020 à 9:00 :
Son rôle pourrait être bien plus valorisant et donc attractif s'il avait aussi une autorité dans la mesure des risques impactés sur la nature.

Je passe régulièrement sur une route mal pensée faite à la va vite qui a coupé le cheminement d'un ruisseau faisant que à chaque fois que ça gèle, de moins en moins certes du fait du changement climatique, il y a systématiquement une plaque de verglas alors que sans précipitation.

Et des aberrations d'infrastructures de la sorte il y en a pléthore, donc au lieu de le mettre au service des gains des uns et des autres, le mettre à égalité au service de l’environnement.

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