La construction de logements sociaux devrait reprendre en 2020 en Nouvelle-Aquitaine

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Muriel Boulmier
Muriel Boulmier (Crédits : Appa)
Les nouvelles règles financières régissant le logement social adoptées en 2018 sont devenues opérationnelles en 2019. Entre la compensation de la baisse des APL et la hausse de la TVA, les organismes HLM ont perdu des ressources ce qui a ralenti la construction de logements sociaux. La tendance pourrait redevenir positive en 2020.

Il y a un an, presque jour pour jour, l'Union régionale des HLM (URHLM) de Nouvelle-Aquitaine, présidée par Muriel Boulmier, alertait sur les risques que faisait courir à l'habitat à loyer modéré la nouvelle politique budgétaire du gouvernement. Dénonçant au passage le fait que le Grand débat lancé par Emmanuel Macron dans le cadre des Gilets jaunes avait fait l'impasse sur le logement social.

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"Disons qu'en 2018 le coup est parti. 2019 a été la première année d'application concrète de cette réforme. Les résultats ne se sont pas fait attendre, puisque la programmation de logements sociaux a baissé de près de 4 % dans la région. Bordeaux Métropole a même enregistré un pic, avec une chute de 25 % de la programmation de la construction de logements sociaux !", éclaire Muriel Boulmier.

C'est ainsi qu'en Nouvelle-Aquitaine 9.396 logements sociaux ont été programmés en 2019, contre 9.765 en 2018, et qu'à Bordeaux Métropole elle a baissé de près de 800 logements pour passer au-dessous de la barre des 2.500 unités. Malgré le coup de frein traditionnel des élections municipales sur la construction de logements, Muriel Boulmier évalue à plus de 10.000 le nombre de logements sociaux qui seront programmés en 2020 dans la région.

50 M€ de recettes perdues en 2019 dans la région

La présidente de l'URHLM de Nouvelle-Aquitaine nuance tout de même son propos et montre que Bordeaux Métropole a été frappé par un double impact.

"La situation à Bordeaux Métropole s'explique par la montée du coût du foncier, qui représente +65 % sur dix ans. Dans ce contexte, la baisse des ressources des organismes HLM voulue par le gouvernement s'impose comme une contrainte supplémentaire, dans un contexte marqué par la forte hausse de la demande. Entre la baisse du loyer de solidarité, ce surloyer qui s'applique aux locataires qui dépassent les plafonds, et la diminution des APL, que nous avons dû compenser, nos recettes ont fondu de 50 M€. Ceci sans compter la hausse de la TVA", égrène Muriel Boulmier.

Tout en restant prudente, cette dernière ne désespère pas de l'évolution de la situation. "J'ai une certaine confiance pour 2020 car nous avons réussi à nous adapter à ces nouvelles règles" observe-t-elle. Ce qui n'implique pas que la confiance ait été tout à fait retrouvée. Muriel Boulmier s'inquiète ainsi notamment du projet de revenu universel d'activité (RUA) dans lequel certains élus seraient tentés de fondre les APL.

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Lutter contre l'artificialisation des sols

"L'aide personnalisée au logement (APL) ne doit pas être substitutive d'un revenu. Ce qu'elle n'est pas, parce que le droit au logement n'est pas de même nature. Notre mouvement investit chaque année 1,4 Md€ en fonds propres dans les collectivités de la région et la perte de 50 M€ de recettes rends nos arbitrages beaucoup plus serrés quand nous investissons dans l'économie locale", expose-t-elle.

La nouvelle loi va obliger les bailleurs sociaux à fusionner en 2020 s'ils n'ont pas au moins 12.000 logements en portefeuille, sauf s'ils sont seuls dans leur département, comme c'est le cas dans les Landes. Cela va, à nouveau, entraîner d'importantes modifications dans le paysage. Autre enjeu pour 2020 : maintenir la politique de conventionnement avec le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, présidé par Alain Rousset, qui permet de construire des HLM dans des secteurs ruraux, mais aussi lutter contre l'artificialisation des sols. Le 81e Congrès national HLM, qui aura lieu en septembre à Bordeaux, devrait selon la présidente de l'URHLM de Nouvelle-Aquitaine, drainer 30.000 visiteurs à Bordeaux Métropole.

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