L'Etat investit 82 M€ dans ses cités administratives de Nouvelle-Aquitaine

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Les deux tours de la Cité administrative de Bordeaux
Les deux tours de la Cité administrative de Bordeaux (Crédits : Agence Appa)
Le ministère de l’Economie et des Finances vient de faire un point sur le déroulement du programme 348. Lancé en janvier 2018 par la Direction de l’immobilier de l’Etat (Die), qui dépend du ministère de l’Action et des comptes publics, il consiste à rénover les cités administratives les plus énergivores mais aussi les plus vétustes. Il concerne sept villes de Nouvelle-Aquitaine.

Le ministère a identifié 35 cités administratives à rénover en France, auxquelles s'ajoutent quatre sites à reconstruire (Amiens, Lille, Lyon, Nantes). Ce programme représente un investissement de 1 Md€, dont 655 M€ au titre des économies d'énergie, qui constituent l'essentiel de cette remise à niveau. Le programme 348 concerne sept sites en Nouvelle-Aquitaine et un investissement prévisionnel de 82 M€, soit 8 % de l'enveloppe globale. Dans ce cadre Bercy va intervenir dans les villes d'Agen, Bordeaux, Guéret, La Rochelle, Limoges, Périgueux et Tulle.

  • Le plus important de ces sept projets concerne la Cité administrative de Bordeaux, dont la rénovation va mobiliser à elle seule 47,5 M€, soit 58 % de l'enveloppe régionale ! Point de repère géographique immanquable le long des boulevards, la Cité administrative de Bordeaux (Gironde) se compose de deux gratte-ciel, soit 92 mètres pour la tour A et 79 mètres pour la B. Elle n'est distancée en hauteur que par les 114 mètres de la flèche de la basilique Saint-Michel, construite au XVe siècle par Louis XI après la bataille de Castillon. Cet énorme ensemble de 48.500 m2, qui accueille plus de 1.340 agents, a fait l'objet d'importants travaux de désamiantage en 2003, qui n'ont pas été terminés puisque la préfète de la Gironde et de Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio, a décidé de profiter du programme 348 pour achever cette opération majeure de dépollution.
    L'investissement de 47,5 M€ à Bordeaux doit aussi permettre d'accroître les performances énergétiques des deux tours à hauteur de 75 % ! Les travaux englobent une séquence de rénovation centrée sur des dispositifs aussi déterminants que les ascenseurs, qui desservent 27 étages pour la tour A et 21 pour la tour B, ou encore le système de chauffage. Il s'agit aussi d'améliorer les conditions de travail des agents et l'accueil des administrés.
"A l'issue des travaux, la cité administrative de Bordeaux répondra aux nouveaux enjeux de l'organisation de l'Etat en regroupant services et opérateurs, dans des espaces de travail modulables et favorisant la mutualisation des équipes et des projets. Cette flexibilité fonctionnelle sera une source d'économies substantielles en charges annuelles d'exploitation ainsi qu'en loyers" évoque Bercy.
  • Le deuxième plus gros chantier néo-aquitain, représentant un investissement de 10 M€, concerne la Cité administrative Lacuée, à Agen (Lot-et-Garonne), installée dans une ancienne caserne du XIXe siècle, qui a été enrichie de trois bâtiments supplémentaires au cours des années 1950 et 1960. Des bâtiments vétustes et "en grande partie inoccupés" situés en plein centre d'Agen, près de la préfecture et du palais de justice. Cet ensemble, desservi par les transports en commun, regroupe aujourd'hui 230 postes de travail. La rénovation de cette cité administrative prévoit la destruction d'un bâtiment vide, qui sera remplacé par un immeuble aux normes actuelles correspondant aux besoins des agents et des usagers. Cette restructuration doit permettre aussi de centraliser dans un même ensemble des services administratifs installés aujourd'hui dans le parc locatif privé. De gros travaux de rénovation énergétique sont également à l'ordre du jour avec pour objectif de réduire la facture d'énergie de 65 %.
  • Tulle, chef-lieu de la Corrèze, possède une cité administrative remarquable, constituée d'un gratte-ciel de 90 mètres de haut installé en plein centre-ville. Ce qui fait de ce bâtiment l'égal de la tour A de la Cité administrative de Bordeaux. Ce bâtiment développe plus de 13.000 m2 de plancher et concentre plus de 400 postes de travail, indique Bercy. Cette cité administrative, qui va bénéficier de 7 M€ d'investissement, capte le troisième plus important chantier de rénovation de Nouvelle-Aquitaine. Le programme d'investissement permettra de densifier les surfaces utiles pour accueillir six nouveaux services de l'Etat et de supprimer la totalité des implantations louées dans le parc locatif privé en ville. Le chantier doit permettre également de réaliser la transition énergétique.
  • Le programme prévu à Périgueux (Dordogne) est le quatrième plus important de la région et représente un investissement de 6 M€. La Cité administrative de Périgueux, proche du centre-ville, "est un site stratégique pour l'implantation des services de l'Etat dans la ville" observe Bercy. Cette cité administrative a été construite sur une ancienne caserne du XIXe siècle et s'est enrichie ensuite de nouvelles constructions : elle compte aujourd'hui 11 bâtiments et développe un peu plus de 19.500 m2. Le préfet de la Dordogne entend faire rénover les bâtiments vétustes et rationaliser l'implantation des services présents à Périgueux. Côté énergie, le chantier va se solder par l'installation de panneaux solaires et de chaudières à condensation pour réduire la facture énergétique de 50 %. La nouvelle cité administrative doit être livrée en février 2022.

Les cités administratives de Guéret (Creuse) et La Rochelle (Charente-Maritime) se voient allouer deux enveloppes du même montant, soit 5 M€ chacune.

  • A Guéret la cité administrative compte six bâtiments construits entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1970 pour une surface totale de 10.000 m2 et près de 400 postes de travail. Elle accueille huit services de l'Etat ainsi que deux associations, dont l'office de tourisme du Grand Guéret. Cet ensemble du centre-ville est placé sous la protection des Monuments historiques, et la façade principale de la cité donne sur la place Bonnyaud, où se trouvent également le tribunal de grande instance et l'hôtel de ville. A l'issue du chantier, qui doit s'achever à la mi-2022, la facture énergétique de la cité administrative doit être réduite de 71 % et les frais de fonctionnement "considérablement réduits".
  • A La Rochelle la Cité administrative Duperré est une ancienne caserne militaire construite à la fin du XIXe siècle. Elle se compose de neuf bâtiments qui développent un peu plus de 17.000 m2 de plancher, pour près de 400 postes de travail. Le rapport de synthèse de Bercy est sans appel.
  • "Construit entre 1870 et 1880 et rénové récemment, le bâtiment principal de la cité présente notamment une architecture militaire classique, peu adaptée aux besoins actuels des agents et du public".
  • C'est ainsi que le programme rochellais "permettra de céder ou de démolir quatre petits bâtiments aujourd'hui dégradés et très consommateurs d'énergie, dont la réhabilitation serait trop coûteuse". Un nouvel immeuble de bureaux doit également être construit, et le chantier va également porter sur "la rénovation technique et énergétique de deux bâtiments qui doivent être conservés selon le plan de sauvegarde (PSMPV) de la ville de La Rochelle". La facture énergétique de l'ensemble de la cité rénover devrait être réduite de 36 %.
  • La Cité administrative du Pastel, à Limoges, capitale du Limousin, est le septième et dernier chantier programmé en Nouvelle-Aquitaine dans le cadre du programme 348. D'un montant de 1,5 M€ il va se focaliser essentiellement sur la rénovation énergétique des quatre bâtiments de la cité, qui concentre plus de 400 agents. Située dans un îlot urbain où se trouvent notamment les sièges de l'Agence de services et de paiement et de la Chambre de commerce et d'industrie, la Cité administrative du Pastel sera équipée de panneaux photovoltaïques à l'issue des travaux, qui devraient réduire sa facture énergétique de plus de 38 %. Trois nouveaux services actuellement installés dans le parce locatif privé rejoindront la nouvelle cité administrative.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2019 à 16:44 :
Le ridicule ne tue plus : quand un "industriel" construit un bâtiment administratif, il table sur 9 M2 par agent (standard des bureaux en France). A Bordeaux, à la cité administrative on est dans un rapport de 4, La Rochelle 5 ! Si l'état veut vraiment faire des économies, il faut remplacer son logiciel et penser autrement ce qui entraînera de construire autrement, travailler autrement pour les agents, etc.

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