Immobilier tertiaire : un hyper-centre de Bordeaux inaccessible ? (4/14)

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L'hyper-centre est ultra-prisé par les entreprises mais peu d'opportunités existent
L'hyper-centre est ultra-prisé par les entreprises mais peu d'opportunités existent (Crédits : Agence APPA)
Très prisé pour l'environnement de travail qu'il offre, l'hyper-centre est aussi très onéreux. Pour y trouver de la place, il faut du budget et du réseau... La Tribune poursuit son dossier sur l'immobilier de bureaux bordelais par un regard sur le centre-ville et ses possibilités.

Le Triangle d'or bordelais, articulé autour de la place des Grands-Hommes, est la dénomination officieuse de la zone délimitée par par les allées de Tourny, le cours Clemenceau et le cours de l'Intendance. La rareté des biens fait grimper les prix top (les plus élevés du marché sur un nombre de transactions donné) à 300 €/m2. En découle naturellement une inertie certaine pour les entreprises qui y sont installées et qui souhaitent y rester. "On y est en situation de pénurie, tranche Valery Carron, directeur Transactions de BNP Paribas Real Estate Bordeaux. Certes, il y a quelques opérations dans l'ancien mais il n'y a aujourd'hui pas de possibilités pour sortir de nouvelles opérations neuves de bureaux, d'autant plus que la flambée des prix dans le logement a généré de la concurrence." Par ailleurs, l'ancien a du charme mais ne permet qu'une adaptation des espaces très modérée. "Plus cher et moins qualitatif, souvent sans climatisation, avec des pointes à 250 €/m2 ou plus hors taxes, charges, hors parking, mais très prisé malgré tout", résume un professionnel.

Miser sur le réseau

Le centre-ville peut être délimité par l'espace délimité par la lisière du quartier des Chartrons, celle d'Euratlantique et la place de la Victoire au bout de la rue Sainte-Catherine. Ce maigre marché affiche un taux de vacances des bureaux d'à peine 3 %, autant dire que les places sont chères (à tous points de vue). Professions libérales, entreprises de service... y ont pignon sur rue. Mieux vaut donc compter sur un bon réseau pour dégoter une bonne surprise. C'est ce qui s'est passé pour la startup Keyclic, qui évolue dans l'univers de la gestion des bâtiments et de la coordination des métiers destinés à y intervenir. Accompagnée et hébergée par la pépinière éco-créative des Chartrons, il lui a fallu quitter ce nid douillet : "On nous a surtout proposé de grandes surfaces vendues comme divisibles. J'ai aussi songé à louer un appartement et à l'aménager en bureaux. Finalement, j'ai trouvé sur un coup de chance", explique son CEO Baptiste Yvenat. Une discussion au bon moment avec une personne qui avait la bonne info, et Keyclic a trouvé une place à la Data Factory, à deux pas de la place Gambetta : "L'immeuble est superbe, les prestations très bien, il y a une cuisine, une piscine et la localisation en hyper-centre est parfaite. Cette dernière est très importante dans le cadre des recrutements de profils tech. C'est une des questions qui est le plus rapidement abordée au téléphone par les candidats. D'abord ils parlent de salaire, ensuite ils demandent où la startup est installée dans le centre-ville." Cette Data Factory est elle aussi née d'une histoire immobilière contrariée. Au moment de chercher de nouveaux locaux pour sa société, Addinsoft, l'entrepreneur Thierry Fahmy tombe sur cet immeuble particulier, développant 400 m2 et offrant un toit terrasse. Les locaux sont trop grands pour sa PME mais l'idée lui vient de les partager avec d'autres sociétés gravitant dans l'univers de la donnée informatique. La Data Factory est née ainsi, proposant au total 60 postes de travail. Keyclic s'y installera dans quelques jours.

Lire aussi : Bordeaux va avoir sa Data factory, lieu dédié à la science des données

L'hyper-centre de Bordeaux

Loyer moyen : 215 €/m2 dans le neuf, 168 € en seconde main

Loyer top : 240 €/m2 dans le neuf, 260 € en seconde main

Source : BNP Paribas Real Estate / OIEB

Les plus : cadre de travail, accessibilité optimale en transports en commun

Les moins : tarifs très élevés, bureaux très difficiles à réaménager

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Cet article est issu du vaste dossier consacré à l'immobilier tertiaire paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 27 septembre. Déjà paru sur notre site :

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