Immobilier : l’Unis voit le marché bordelais encore à la hausse en 2019

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Bordeaux continue à construire des écoquartiers presque totalement vendus avant leur sortie de terre.
Bordeaux continue à construire des écoquartiers presque totalement vendus avant leur sortie de terre. (Crédits : Agence Appa)
L’Union des syndicats de l’immobilier (Unis) de Nouvelle-Aquitaine ne croit pas à l’amorce d’une crise immobilière à Bordeaux. Si les délais de vente ont tendance à s’allonger, contrairement aux autres villes comparables, le marché bordelais reste fluide, souligne l’Unis. Et la baisse des prix, qui ne touche pas tous les quartiers, loin s’en faut, n’est qu’un effet de l’auto-régulation du marché, estiment ces professionnels de l’immobilier.

L'Unis de Nouvelle-Aquitaine regroupe des professionnels variés : qu'ils soient gérants d'immeubles, agents immobiliers, syndics de copropriétés, marchands de biens ou experts immobiliers, ils font partie des opérateurs qui suivent de près l'évolution du marché immobilier. Si ce dernier a commencé à se refroidir à Bordeaux, les syndics n'y voient que l'effet normal d'un nécessaire rééquilibrage. Parce que Bordeaux, désormais deuxième ville la plus chère de France, a connu selon l'Unis une hausse du prix au mètre carré de plus de 40 % en 10 ans, dont +15 % au seul titre de l'année 2017.

"Fin 2018 marquait le retour à la normale du marché, relève l'Unis, dont Daniel Seignat est le président régional. Alors que toutes les autres villes voient encore leurs prix augmenter, celui de Bordeaux tend à baisser du fait du réajustement du marché", analyse ainsi l'Unis.

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Mais l'accalmie sur les prix ne s'applique pas à l'ensemble de la ville. "Le Triangle d'or, Saint-Seurin ou encore les Chartrons sont des quartiers qui restent très prisés où les prix continuent de s'envoler", illustre Jurgi Aramburu, adhérent de l'Unis (Oralia Lapierre des Deux Rives).

Plus de 2.000 nouveaux habitants par an

L'Unis relève que dans le vieux Bordeaux, à Saint-Pierre, le T2 de 55 m2 s'échange à 299.500 euros, alors qu'à Saint-Seurin, quartier prisé par les familles franciliennes, le T3 de 62 m2 atteint les 355.000 euros, et qu'aux Chartrons, désormais réputé pour être le point de ralliement des bobos parisiens, un T4 de 87 m2 trouve preneur à 499.000 euros... Contrairement aux promoteurs, les syndics bordelais ne se montrent pas non plus inquiets de la baisse du volume des ventes qui, selon eux, n'a rien de spécifique au port de la Lune. "La baisse du volume des ventes immobilières a concerné l'ensemble du territoire français en 2018 et Bordeaux n'y a pas dérogé", juge laconiquement l'Unis. Mesurés dans leurs prévisions, les adhérents de l'Unis de Nouvelle-Aquitaine estiment qu'en 2019 le marché immobilier bordelais devrait continuer à progresser.

"Plusieurs indicateurs laissent entendre que l'année va continuer sur le même dynamisme que les années précédentes mais à un rythme plus modéré. Les deux prochains trimestres montrent que les taux d'emprunts restent au plus bas. La dernière loi en date, la loi Elan (Evolution du logement, de l'aménagement et du numérique), ne représente aucun impact négatif. De plus, la ville reste attrayante avec plus de 2.000 nouveaux habitants chaque année", analyse Jurgi Aramburu.

Un marché de la location en crise

Les syndics pointent néanmoins une évolution bordelaise divergente par rapport à la moyenne.

"Nous constatons que, contrairement aux autres villes, le délai moyen de vente dans la capitale girondine a augmenté. Ceci s'explique par la faible marge de négociation entre le prix initial de vente et le prix constaté lors de la signature du compromis. Cependant le marché bordelais reste très fluide", déroule Mathieu Caillaud, membre de la même agence que Jurgi Aramburu.

Moins détaillés que ceux des notaires, les chiffres de l'Unis en sont proches. Revenant sur les trois mêmes quartiers de Bordeaux intra-muros, l'Unis précise ainsi que le prix moyen du mètre carré est calé à 5.681 €/m2 à Saint-Pierre, 4.258 €/m2 à Saint-Seurin et 5.267 €/m2 aux Quinconces.

Par contre l'Unis confirme que le marché de la location traverse à Bordeaux une passe réellement difficile, l'offre ne suivant pas la demande.

"Les locataires, dans le doute de ne pas retrouver d'appartement en un mois, préfèrent avoir un appartement avant de déposer leur préavis. C'est en partie pour cela que l'ouverture du marché ne se fait pas, décrypte Mathieu Caillaud. Les Airbnb posent également problème, poursuit-il, puisque de nombreux propriétaires préfèrent passer par ce type de plateforme, étant donné que pour 120 nuitées déclarées, ils obtiennent environ 20 % de rentabilité supplémentaire. Aujourd'hui certaines agences immobilières se retrouvent avec environ 50 locations de moins qu'auparavant. Ce qui représente une baisse allant de 15 % à 35 % selon les agences".

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