Michel Ohayon achète le Sheraton Roissy

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Le Sheraton Roissy
Le Sheraton Roissy (Crédits : DR)
Exclusif / Michel Ohayon complète son investissement dans les palaces avec l’annonce du rachat du Sheraton Roissy. Une nouvelle opération, après le rachat du Waldorf Astoria Trianon Palace, et avant la construction de son deuxième palace bordelais, place Gambetta.

Spécialiste de l'immobilier commercial grâce auquel il a pu construire son empire, Michel Ohayon, dirigeant de la FIB (Financière Immobilière Bordelaise), au centre de Bordeaux, qui s'est personnellement installé avec sa famille et toute une partie du staff à Paris depuis plusieurs années, annonce à La Tribune qu'il vient "de signer" le Sheraton Roissy, connu sous la marque Sheraton Paris Airport Hotel Conference & Centre, dans l'enceinte de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. L'acquisition par le patron de la FIB (Financière Immobilière Bordelaise) de cet hôtel 5 étoiles de 240 chambres et 12 suites, au superbe design de catamaran spatial, implanté dans l'enceinte de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, vient enrichir le réseau de palaces que l'homme d'affaires bordelais, dont la fortune professionnelle a été évaluée à 500 M€ l'an dernier par "Challenges", constitue patiemment. Une stratégie annoncée de longue date par Michel Ohayon, qui a tout d'abord concentré ses efforts sur la remise à flot du Grand Hôtel.

"Le Sheraton Roissy on l'a signé. Mais on y va doucement. L'hôtellerie ce n'est pas notre métier de base et je n'ai pas l'intention de créer une grande chaîne de palaces...", prévient Michel Ohayon.

Une rencontre décisive ?

Selon les données de société.com, le Sheraton Roissy a réalisé un chiffre d'affaires de 23,7 M€ en 2014, pour un déficit de 3,1 M€, avec plus de 190 salariés. Dans ce monde des palaces qui le fait rêver, le patron de la FIB s'autorise à prendre le temps. Un état d'esprit qui va bien avec la taille des défis souvent XXL que cet homme d'affaires original aime se lancer. L'histoire de la reprise du Grand Hôtel de Bordeaux, face au Grand Théâtre, également très proche du siège de la FIB, qui est resté en déshérence pendant une bonne vingtaine d'années et que Michel Ohayon a racheté en 1999, avant d'affronter de très gros problèmes techniques lors de la restructuration du bâtiment, suffirait à en témoigner.

Après plusieurs changements, le Grand Hôtel est devenu l'an dernier l'Intercontinental Bordeaux - Le Grand Hôtel. Doté de 130 chambres, équipé notamment d'une piscine couverte, d'un spa et d'une discothèque en sous-sol, l'Intercontinental Grand Hôtel va gagner de la place grâce à l'accord conclu entre Michel Ohayon et l'homme d'affaires Marc Faujanet, à la tête d'un bâtiment contigu au Grand Hôtel et qui donne sur le cours de l'Intendance.

Michel Ohayon

Michel Ohayon (Agence Appa)

Extension du Grand Hôtel

Investisseur, Marc Faujanet est présent dans l'édition, avec les Editions Féret, à Bordeaux, mais aussi dans la boulangerie et la librairie.

"Il n'existe pas de beau salon de thé et de pâtisserie à Bordeaux, cela va changer grâce à Marc Faujanet, qui va ouvrir une boulangerie pâtisserie au 7 cours de l'Intendance, là où il y avait le magasin de décoration Flamant. Nous nous sommes entendus. Je reprends une partie de ce bâtiment, qui va être accessible depuis l'Intercontinental, et je vais y créer une vingtaine de suites et de nombreuses petites alcôves qui seront une extension de l'Orangerie du Grand Hôtel, un lieu de rendez-vous magique, intergénérationnel, sécurisant pour les enfants où l'on pourra bouquiner, regarder un expo", se réjouit Michel Ohayon qui ouvre de son côté à Marc Faujanet un pas de porte place Puy Paulin, où ce dernier va inaugurer son concept de librairie snaking, à deux pas de la maison Mollat...

"C'est prometteur mais il vaut mieux que vous voyez ça avec lui. Nous coopérons et la pâtisserie du cours de l'Intendance va s'appeler "Le boudoir de l'opéra". Marc Faujanet est un garçon intéressant, il est passionné et c'est bien dans la création qu'il faut investir !", s'enthousiasme Michel Ohayon.

Déposer le permis de construire

L'autre grand dossier posé sur le bureau du patron de la FIB s'inscrit de plain-pied dans la constitution de son réseau de palaces, puisqu'il s'agit de la restructuration en hôtel très haut de gamme de l'ancien Virgin Megastore. Un immense ensemble en façade XVIIIe qui marque la place Gambetta. Rappelons que c'est en 2014 que Michel Ohayon a fait l'acquisition d'un autre palace, le Waldorf Astoria Trianon Palace, à Versailles. Le patron de la FIB a ensuite laissé mûrir le dossier de l'ex-Virgin Megastore, fermé en 2013 et qui coûte près de 1 M€ de loyer par an.

"Le permis de construire n'a pas été déposé. Quand ça sera fait, ce qui ne devrait plus tarder, nous allons améliorer le dispositif du bâti, tout sera transformé, ce qui nous oblige à réfléchir. Gambetta c'est une place importante de Bordeaux, avec deux axes majeurs qui rayonnent vers le cours de l'Intendance et la rue Porte Dijeaux. Je vais garder le grand atrium de Virgin et y créer une atmosphère extraordinaire sur le toit, avec une piscine suspendue", dévoile Michel Ohayon.

"La gastronomie c'est le service normal"

L'homme d'affaires veut créer deux ambiances différentes entre l'Intercontinental Grand Hôtel et le futur palace de Gambetta, un hôtel cinq étoiles luxe qui doit être marqué par un décor "très design et contemporain", sans pour autant faire d'impasse sur les fondamentaux.

"Sur la gastronomie on met le paquet car un palace est le meilleur endroit pour ça. La gastronomie c'est le service normal du palace. L'hôtel de Gambetta va employer 250 à 300 personnes, mobiliser 1.000 à 1.500 sous-traitants pour les travaux", relève l'investisseur.

L'Intercontinental Grand Hôtel a de nouveau un chef étoilé, en la personne du très médiatique Gordon Ramsay, qui vient d'étendre son royaume du Pressoir d'argent à la brasserie de l'hôtel "Le Bordeaux". Enthousiasmé par le sujet il semble bien que Michel Ohayon pense à un chef de plus pour son deuxième palace bordelais.

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