Aéronautique, spatial, défense : des sites à l'arrêt le temps de définir des plans de continuité

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Un avion en maintenance sur le site de Sabena à Mérignac dans la métropole bordelaise.
Un avion en maintenance sur le site de Sabena à Mérignac dans la métropole bordelaise. (Crédits : Hélène Lerivrain)
Quels dispositifs sont mis en place dans les entreprises de l’aéronautique, du spatial et de la défense en Nouvelle-Aquitaine dans le cadre la crise du Covid-19 ? Si le flou a régné en début de semaine, elles ont été nombreuses à fermer provisoirement leurs portes, le temps de mettre en place des plans de continuité d’activité comme à ArianeGroup, 1er employeur privé de la métropole bordelaise avec 3.500 emplois. L’heure est à la définition des activités urgentes et essentielles pour une reprise progressive dans des conditions sanitaires satisfaisantes et conformes au préconisations barrières.

On y va ? On n'y va pas ? Beaucoup de salariés du secteur de l'aéronautique, du spatial et de la défense se sont posés la question de se rendre sur leur lieu de travail avant que la question ne soit tranchée temporairement. "Chez ArianeGroup, seuls 30 % des salariés ont la possibilité de faire du télétravail. Cela veut dire qu'en début de semaine, 70 % devaient rester dans l'entreprise. Nous avons trouvé ce critère très injuste", témoigne Philippe Gery, délégué syndical central CFE-CGC d'ArianeGroup très présent sur la métropole bordelaise avec 3.500 salariés répartis sur 3 sites à Saint-Médard-en-Jalles et au Haillan. Car il y a ceux qui travaillent sur des activités civiles (Ariane), d'autres sur des activités militaires (missile M51). Et pour ceux qui travaillent sur des dossiers confidentiels défense, pas de télétravail. C'est notamment le cas sur le site d'Issac à Saint-Médard-en-Jalles.

Reconfiguration

Finalement, après quelques jours de "flou", "le personnel est prié de ne plus venir sur site jusqu'au 22 mars, c'est-à-dire jusqu'à dimanche", rapportent les quatre syndicats qui, dès lundi soir, avaient alerté la direction sur la gravité de la situation vis-à-vis de la propagation du Covid-19 et la faiblesse des protections mises en place. C'est effectif depuis jeudi midi.

"Seules peuvent se retrouver les personnes qui doivent travailler à la mise en place des plans de continuité d'activité qui définiront les activités critiques et essentielles, à savoir celles qui doivent être poursuivies et celles qui peuvent être reportées. On est en train de se reconfigurer pour reprendre une activité de production dans des délais raisonnables. Mais la reprise sera progressive et ne sera possible que quand les conditions de précaution auront été réunies. Nous ne transigerons pas. Théoriquement, tous les salariés seront appelés d'ici la fin du weekend. En attendant, nous sommes en chômage partiel, ou télétravail", précisait Philippe Gery, jeudi 19 mars.

Ce vendredi midi, la CFE-CGC se veut toutefois plus nuancée :

"Vu la catastrophe économique qui s'annonce, nous ne sommes plus à une semaine près. Prenons une semaine de plus pour tout analyser. (...) Certaines de nos activités sont-elles à ce point vitales pour le pays qu'elles exigent une reprise si rapide ? (...) La CFE-CGC demande à la direction d'être très sélective dans le choix des activités critiques et d'être très précise dans ses instructions aux managers."

"Votre santé, notre priorité". Tel est le titre de la lettre d'info CFE-CGC de ce vendredi.

Reprise des activités essentielles

Un peu plus tôt, Safran, l'un des actionnaires d'ArianeGroup, avait déjà pris la décision de stopper ses activités de production, le temps de recalibrer l'activité industrielle. Safran Helicopter Engines, spécialiste des turbines pour hélicoptères, précisait, par exemple, avoir restreint l'accès aux sites français, du 18 au 20 mars, pour mettre en place de mesures sanitaires complémentaires, dont des opérations de nettoyage.

« A Tarnos, dans les Landes, des personnes ont réintégré le site, dans la journée du 18 mars, pour assurer les activités essentielles et fondamentales pour ses clients : le support des hélicoptères en service notamment pour l'Etat, la protection des populations, la sécurité civile, la gendarmerie, le transport médical", a précisé l'entreprise.

A Bordes, près de Pau, les salariés concernés par les activités essentielles de continuité d'activité réintègreront, quant à eux, les sites lundi au plus tard. Ce même jour, la direction présentera en CSEC (comité social et économique central) les modalités de gestion des ressources humaines, notamment le recours à l'activité partielle.

Même stratégie du côté de Dassault, notamment implanté à Mérignac où sont assemblés les Rafale et les Falcon. La direction a, dans un premier temps, arrêté les activités pendant trois jours, jusqu'à vendredi 20 mars inclus, à l'exception de ce qui relève de l'urgence opérationnelle. A Sabena Technics, spécialisée dans la maintenance aéronautique, environ 80% des effectifs sont actuellement arrêtés sur l'ensemble des sites, avec le maintient d'un service minimum : 15 % du personnel est présent, et 5 % en télétravail. 1.000 personnes travaillent sur le site de Bordeaux Mérignac.

Enfin, Potez Aéronautique, qui emploie 500 salariés à Aire-sur-l'Adour, a indiqué mercredi 18 mars, interrompre ses activités de production. "Parce-que notre priorité absolue doit être la protection de nos collaborateurs et de chacun d'entre-nous, Potez Aéronautique stoppe ses activités et se conforme aux recommandations nationales de confinement", a fait savoir l'entreprise. De son côté, le groupe Thales n'a pas encore communiqué sur ses décisions.

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