Le groupe Herakles va-t-il perdre son aéronautique ?

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Philippe Schleicher, PDG d'Herakles
Philippe Schleicher, PDG d'Herakles (Crédits : Jean-Philippe Dejean)
L’arrêt de la fabrication à Herakles de la tuyère MFN, qui équipe l’avion civil Sukhoï Superjet 100, fait craindre à la CGT un démantèlement des activités aéronautiques chez le numéro deux mondial du propergol solide.

La procédure d'information des partenaires sociaux dans le cadre de la deuxième phase de la création de la coentreprise (joint venture) entre Safran et Airbus, qui va fusionner les équipes des deux groupes impliquées dans les lanceurs spatiaux, devrait démarrer le 5 mai prochain. Numéro deux mondial du propergol solide Herakles (2.300 salariés), au Haillan (33), est concerné au premier chef par cette fusion et cette deuxième phase de création de la coentreprise est d'autant plus cruciale qu'elle concerne l'apport des actifs des sociétés contractantes à la coentreprise.

"On nous a déjà annoncé trois dates différentes en avril, ça sera la quatrième et ce n'est pas un hasard : la création de cette coentreprise soulève de nombreux problèmes" observe Pierre Giacomini, secrétaire (CGT ) du comité central d'entreprise d'Herakles et du comité de groupe Safran.

Ce dernier estime que l'inquiétude est en train de gagner les esprits dans l'entreprise et qu'Herakles, qui génère 15 % de son chiffre d'affaires grâce à l'aéronautique, a tout à perdre à cette fusion avec la division des lanceurs d'Airbus, avant tout connu comme un constructeur d'avions.

L'arrière corps du M88 dans la balance

L'annonce en comité d'entreprise extraordinaire, le 16 avril, de l'arrêt de la fabrication au Haillan de la tuyère à flux mélangés (MFN) destinée au moteur SaM146, qui équipe l'avion régional Sukhoï Superjet 100, sonne ainsi comme le glas.

"La direction a expliqué que cet arrêt était lié à une baisse de production et va retourner à Aircelle, autre filiale du groupe, soit 17 emplois de perdus pour nous. Mais quand nous avons demandé s'il n'y avait pas un lien avec la création de la joint venture, la direction n'a pas su quoi dire" résume Pierre Giacomini.

Herakles fabriquait environ 70 de ces tuyères chaque année en sous-traitance pour Aircelle, près du Havre. Les 17 salariés concernés seront reclassés. Ce qui inquiète Pierre Giacomini, c'est qu'Herakles serait également en passe de perdre la fabrication de l'arrière corps du moteur M88 du Rafale, qui repartirait à la Snecma. Ces réévaluations de la production aéronautique d'Herakles à la baisse inquiètent d'autant plus qu'elles sont décidés alors même que le périmètre de la future coentreprise n'est pas entièrement connu.

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Commentaires
a écrit le 23/04/2015 à 19:06 :
Il est loin le temps où nous avions des industriels à la tête de l'entreprise !
Pendant des années, on nous a expliqué qu'il était essentiel d'être adossé à un grand Groupe ! Pendant des années, on nous a expliqué qu'il était vital de nous diversifier dans l'aéronautique pour anticiper d'éventuelles baisses des autres activités ! Et maintenant, plus de Groupe auquel s'adosser (50/50 Airbus Safran) et plus d'aéro ! Dur la Finance !
a écrit le 22/04/2015 à 20:06 :
Salarié de SPS, Herakles maintenant et dans le groupe depuis 37 ans, je suis inquiet pour l'avenir mais surtout impressioné par le manque total d'information !!!
Tout se fait dans le dos des acteurs de la réussite industrielle de notre société à laquelle nous sommes attachés.
C'est décevant !

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