Detective Box et Ethypik : leurs projets en 2023 après « Qui veut être mon associé ? »

Les deux startups bordelaises ont participé à la 3e saison de « Qui veut être mon associé ? » diffusée sur M6 ce 4 janvier avec des destins opposés. Si Detective Box, qui commercialise des jeux d'enquête à domicile, a su convaincre les cinq investisseurs, Ethypik, qui propose de recruter dans la rue, n'a pas rencontré le même succès. Les deux entreprises, qui nourrissent de gros projets pour 2023, pourront compter sur la visibilité croissante de l'émission qui a rassemblé en moyenne 1,75 million de téléspectateurs en 2022, en hausse de 9% sur un an.
Emilie Berrier O'Donnell, tout sourire, sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? » diffusée sur M6 ce 4 janvier.
Emilie Berrier O'Donnell, tout sourire, sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? » diffusée sur M6 ce 4 janvier. (Crédits : Detective Box)

Detective Box décroche 150.000 euros avant un succès commercial

C'est un carton plein pour Emilie Berrier O'Donnell, la fondatrice de Detective Box. Avec son concept de jeu d'enquête criminelle à résoudre à domicile grâce à un mélange d'indices et de supports physiques et d'une application mobile, elle a réussi à convaincre les cinq investisseurs du jury de l'émission. Et a même conclu un accord sur une offre combinée de trois d'entre eux : Isabèle Chevalier, Delphine André et Anthony Bourbon.

« On avait déjà vendu près de 2.000 boîtes et levé 140.000 euros deux mois plus tôt. Avec ces arguments, c'est assez rare mais j'ai réussi à convaincre tout le monde ou presque et j'ai donc pu choisir avec qui m'associer et faire jouer la concurrence. Au final, ils étaient d'accord pour investir 150.000 euros en échange de 15 % du capital de l'entreprise », raconte la cheffe d'entreprise bordelaise au sujet du tournage de l'émission en septembre 2022.

Mais ça c'était avant. Avant le succès commercial rencontré fin 2022 avec 12.000 boîtes écoulées pour les fêtes de fin d'année, principalement grâce au bouche-à-oreille. Une vraie traction commerciale qui permet à Detective Box d'afficher 315.000 euros de chiffres d'affaires en 2022 et même d'atteindre la rentabilité ! « Depuis septembre, on a été pris dans la gestion de ce succès et on n'a pas encore signé formellement la levée de fonds. Ce qui nous permet aujourd'hui de rediscuter des termes de cette levée fort de cette explosion commerciale qui donne une autre valeur à l'entreprise. L'objectif serait de lever entre 450.000 à 500.000 euros sans céder davantage de parts », explique Emilie Berrier O'Donnell. Ce qui valoriserait le capital de Detective Box autour de trois millions d'euros contre un million d'euros aux conditions initiales.

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Cet argent frais doit venir financer le développement commercial de Detective Box avec une toute nouvelle enquête annoncée pour le printemps 2023 avant un travail de traduction en anglais pour aller se frotter aux marchés anglo-saxons. De cinq collaborateurs actuellement, la jeune entreprise s'apprête à recruter à différents postes pour viser 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires dès cette année malgré un marché déjà concurrentiel. « On veut accélérer justement parce que nous sommes convaincus qu'on peut tirer notre épingle de jeu », affirme la dirigeante de 28 ans. Actuellement fabriquées en Chine, les boîtes de Detective Box doivent être prochainement réalisées en France.

Faute d'avoir convaincu les investisseurs, Ethypik pivote

Pour Nicolas Morby, le fondateur d'Ethypik, le verdict de l'émission a été nettement fructueux. « Cela restera une bonne expérience parce qu'ils ont été plutôt emballés par le projet même si le fait que ce soit un service et non un produit les a probablement un peu déstabilisés », se souvient Nicolas Morby. « Ils m'ont beaucoup questionné sur les chiffres de l'entreprise et ce n'est pas ma zone de confort », concède aussi le fondateur de cette entreprise créée en 2020 sur la promesse d'aller recruter des personnes dans la rue - le street sourcing - en se fondant d'abord sur les soft skills, ces compétences transversales et de savoir-être.

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Dans un contexte où la rentabilité des startups est désormais considérée comme le critère numéro un, Nicolas Morby n'a pas réussi à convaincre les investisseurs de l'émission lors du tournage en septembre 2022. Il demandait 200.000 euros contre 8 % du capital de l'entreprise. Mais les objectifs affichés deux ans plus tôt n'ont pas été atteints avec seulement six collaborateurs et 180.000 euros de chiffre d'affaires en 2022 contre une vingtaine de personnes et 500.000 euros espérés. « Pour être honnête, ça ne m'a pas trop touché de ne pas les avoir convaincus parce que j'avais à l'époque d'autres projets d'investissement et que je sais que l'émission offrira une très forte visibilité au street sourcing, ce qui sera très positif pour nous » juge l'entrepreneur qui reconnaît cependant que la fin de l'année 2022 a été difficile. Au point de le contraindre à pivoter son modèle économique :

« J'ai beaucoup travaillé sur une autre levée de fonds cet automne qui n'a finalement pas abouti lors du comité final d'engagement, la toute dernière étape... Là, oui ça a été un vrai coup dur... Mais ça nous a poussé à revoir notre business model qui, pour l'instant, ne nous a pas permis de décoller. Désormais, nous ne facturons plus à chaque candidat placé, nous facturons du temps de mise à disposition de nos recruteurs dans tel ou tel lieu. C'est plus cohérent avec notre vision qui n'est pas celle d'un cabinet de recrutement classique. »

Avec 360 candidats placés auprès de 27 clients depuis 2020 (dont Metro France, GT Logistics et Domusvie) et une base de données de 4.000 CV, Nicolas Morby reste donc convaincu de la pertinence du recrutement dans la rue sur un marché de l'emploi toujours plus tendu parce qu'il « permet de rendre visibles des profils invisibles ». Il vise ainsi 600.000 euros de chiffre d'affaires en 2023, ce qui permettrait à Ethypik de se rapprocher de la rentabilité. Accompagné par le Village by CA de Bordeaux, le Réseau entreprendre Aquitaine et Rhizome et figurant dans le NA20, Nicolas Morby vient aussi d'intégrer le conseil inclusif de Crédit Mutuel Arkea, aux côtés notamment de Léa Thomassin et Thimothée Duverger.

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