Recrutement : trois questions à Mercato de l'emploi qui lève huit millions d'euros

INTERVIEW. Depuis Cognac, en Charente, l'entreprise le Mercato de l'emploi fédère plus de 220 recruteurs indépendants dans toute la France, couvrant la plupart des secteurs et typologie d'entreprises. Une proposition en forte croissance qui a convaincu trois investisseurs à hauteur de huit millions d'euros. Explications avec Jenny Gaultier, directrice générale et cofondatrice, qui détaille sa feuille de route et recrute à tour de bras.
Jenny Gaultier et Julien Badr, les cofondateurs de Mercato de l'emploi, sont installés à Cognac, en Charente.
Jenny Gaultier et Julien Badr, les cofondateurs de Mercato de l'emploi, sont installés à Cognac, en Charente. (Crédits : Mercato de l'Emploi)

Créée en 2016 à Cognac, où est situé son siège social, l'entreprise Mercato de l'emploi proposait des solutions de recrutement en ligne. En 2019, elle pivote vers une offre combinant outils numériques, mesure du savoir-être et des soft-skills des candidats et présence de recruteurs sur le terrain. Pour cela, Jenny Gaultier et Julien Badr, les cofondateurs, se sont inspirés du modèle des mandataires immobiliers en contractant avec des recruteurs indépendants. De quoi convaincre Ring capital et Ixo private equity d'investir huit millions d'euros dans Mercato de l'emploi. Explications avec Jenny Gaultier, sa directrice générale.

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LA TRIBUNE - Comment est structurée votre entreprise ?

Jenny GAULTIER - Mercato de l'emploi est une entreprise à mission qui veut bâtir "un marché de l'emploi plus fluide et plus serein". Nous comptons 20 salariés, à Cognac, et un réseau de plus de 220 recruteurs indépendants en France et dans les Dom-Tom. Quel que soit leur statut (auto-entrepreneur, SARL, EURL, etc.), ils signent un contrat avec nous leur permettant d'utiliser nos outils numériques de recrutement et nos formations initiales et continues certifiées. C'est un contrat exclusif pour le recrutement mais pas pour d'autres métiers tels que le coaching, la formation ou les bilans de compétence, par exemple. De notre côté, nous percevons une commission sur chaque recrutement. Nous recevons entre 1.000 et 1.200 candidatures de recruteurs par mois et nous en retenons entre 30 et 50.

Quels sont vos principaux types de clients ?

A l'origine, nous étions concentrés sur les TPE et PME hors des grandes villes mais, aujourd'hui, il y a une demande immense et nous comptons des clients de toutes tailles. Depuis début 2021, nous avons réalisé plus de 2.000 recrutements pour des TPE/PME, des ETI et des grands groupes tels que la SNCF, GAN Patrimoine, VOLVO trucks. Il s'agit à 70 % d'ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise et à 30 % de cadres. Aujourd'hui, 58% des recrutements sont jugés "difficiles" par les entreprises et 72 % des entreprises de moins de 250 salariés n'ont pas de recruteur en interne. Ces entreprises sont donc dépassées par cet enjeu et 60 % de nos clients n'avaient jamais fait appel à un cabinet de recrutement par le passé !

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Pourquoi avoir lever des fonds et quelle est votre feuille de route désormais ?

Nous n'avions pas fondamentalement besoin de lever des fonds dans la mesure où nous allons atteindre dix millions d'euros de chiffre d'affaires en 2022 et que l'entreprise est désormais rentable. Mais nous croyons vraiment à notre modèle et nous avons donc envie d'aller plus vite et plus loin ! Notamment parce qu'il y a aujourd'hui beaucoup plus de besoins de recrutement que de recruteurs disponibles. On a donc pu choisir sereinement nos partenaires : Ring capital, qui est un fonds à impact, et Ixo private equity, qui a un fort ancrage régional qui nous correspond (*). Avec ces huit millions d'euros nous allons accélérer pour fédérer un millier de recruteurs d'ici fin 2023 pour renforcer fortement notre maillage territorial. Nous allons pouvoir aussi investir dans la communication et dans la tech pour optimiser notre solution logicielle en Saas [software as a service] où recruteurs, entreprises et candidats auront un parfait suivi du processus de recrutement. Au siège de Cognac, on devrait doubler les effectifs pour atteindre une cinquantaine de salariés. L'Europe n'est pas le sujet de cette levée de fonds même si on ne s'interdit pas de recruter des recruteurs à l'étranger si l'occasion se présente, bien au contraire !

(*) Roland Tripard, qui a dirigé Seloger puis IAD, devient également actionnaire de Mercato de l'emploi. Les deux cofondateurs, Jenny Gaultier et Julien Badr, restent "extrêmement majoritaires".

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