Télémédecine : une filiale d'Orange rachète Exelus dans un secteur en concentration

Orange business services, via sa filiale santé digitale Enovacom, va racheter la startup bordelaise de la e-santé Exelus. Avec sa solution baptisée Nomadeec, cette dernière veut désormais déployer sa plateforme complète de télémédecine à l'international. Un développement qu'elle n'avait pas pu entreprendre alors que le marché était jusqu'ici partagé entre une myriade de petits acteurs.
Exelus a notamment développé un outil de réalité augmentée pour la prise en charge des patients.
Exelus a notamment développé un outil de réalité augmentée pour la prise en charge des patients. (Crédits : Asobo Studio / Exelus)

Le début d'une tendance pour ces startups de la medtech toutes créées il y a plusieurs années ? Après Betterise Healthtech, à l'automne dernier, puis Sim4Health, au début du mois, c'est au tour d'Exelus d'annoncer un accord de rachat. Cette fois c'est par Enovacom, la filiale santé digitale d'Orange business services (OBS) qui s'apprête à acquérir 100 % du capital. Une suite logique pour la startup qui veut accélérer le déploiement de son outil logiciel de télémédecine à destination des structures de santé incluant des solutions de diagnostic, d'objets connectés et de réalité augmentée pour les interventions.

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L'opportunité de s'associer à un industriel tel qu'Orange était trop belle pour Exelus qui compte profiter de la force de frappe de son acheteur.

"Deux options s'offraient à nous. Soit une levée de fonds, soit se rapprocher d'un industriel du secteur. On a estimé qu'il y avait plus de sens, par rapport à notre évolution et à l'état du marché, de se rapprocher d'Enovacom. L'argent n'achète pas tout, les millions que nous aurions eu avec la levée de fonds ne valent pas l'expérience qu'a acquis Enovacom depuis une quinzaine d'années", détaille pour La Tribune Xavier Maurin, dirigeant et cofondateur d'Exelus.

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Essor de la télémédecine post-Covid

Pour Enovacom, ce rachat s'inscrit dans une stratégie bien établie : devenir l'un des puissants acteurs qui vont émerger au fil des rachats dans les prochaines années. La télémédecine est en effet un secteur, qui, jusqu'ici, est demeuré très éclaté avec de nombreuses startups développant chacune des technologies particulières. Le temps des sociétés de la medtech à moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel semble prendre fin tant elles deviennent la cible de groupes plus importants. "Vu le contexte et les technologies nécessaires au niveau des outils de collaboration et des objets connectés, c'est un acteur souverain qui va devenir leader sur ce marché là", juge ainsi Laurent Frigara, cofondateur d'Enovacom, elle-même rachetée par OBS en 2018.

Avec la sortie de la crise Covid, les pratiques liées à la télémédecine ont connu un essor important qui rendent le marché particulièrement actif. C'est ainsi qu'Exelus annonce une croissance à deux chiffres, portée par un déploiement dans les centres de santé sur tout le territoire dans un modèle BtoB (hôpitaux, cliniques, urgences, Samu...). Mais les confinements répétés ont tout de même ralenti les perspectives de croissance de la startup basée à Bordeaux : alors qu'en 2020 elle prévoyait de passer de 12 à 30 salariés en deux ans, Exelus ne compte aujourd'hui qu'une vingtaine de collaborateurs.

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Percer à l'international

Avec le rachat, elle peut légitimement revoir ses ambitions à la hausse. Et viser l'international, alors que 99 % de ses clients sont en France et qu'elle y a déjà acquis un certain leadership auprès des services d'urgences hospitalières, en équipant par exemple un quart des Samu. "Nous avons fait pas mal d'études de marchés, car nous voulions aller au-delà de la France. Un acte de télémédecine va être le même en France ou au Japon, ce qui va changer ce sont les systèmes d'informations hospitaliers. Il faut quelques adaptations techniques et culturelles par rapport aux systèmes de santé. Ce sont les workflow [processus, NDLR] et l'interopérabilité qui nécessitent une adaptation selon les pays", explique Xavier Maurin. Et son homologue chez Enovacom de compléter : "Les marchés que l'on va viser sont ceux de l'Europe, de l'Afrique et du Canada."

Sans donner le détail du rapprochement opérationnel entre les sociétés, les deux partenaires annoncent que Xavier Maurin sera à la tête de la division télémédecine d'Enovacom. La filiale d'Orange, dont 200 des 250 salariés sont à Marseille, compte ouvrir une centaine de nouveaux postes cette année en France et à l'étranger. Et ambitionne aussi de mener d'autres rachats pour étoffer son offre. "Avec l'expertise et la connaissance d'Exelus, on va regarder les opportunités qui pourront compléter le périmètre de notre activité sur la télémédecine. Le but est de proposer plusieurs solutions portées par un même industriel", revendique Laurent Frigara. Avec une croissance prévisionnelle estimée entre 30 et 40 %. Malgré le rachat, dont le montant n'a pas été communiqué, les bureaux d'Exelus demeureront à Bordeaux.

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