La fintech Soan s'enracine à Bordeaux pour fluidifier la facturation des PME

Installée aux Bassins à flot, la fintech Soan vend un outil de gestion financière des petites et moyennes entreprises intégrant son propre système de paiement. Cette startup venue de Paris affiche désormais 1.400 clients et vise une centaine de salariés à Bordeaux fin 2023. Car elle ne compte pas s'arrêter là sur un marché de la dématérialisation encore largement vierge mais où la concurrence est déjà abondante.

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Les 35 salariés de Soan sont désormais tous installés à Bordeaux, tout comme le siège social de l'entreprise. Nicoals Lemeteyer, le CEO, est au premier rang, deuxième en partant de la droite.
Les 35 salariés de Soan sont désormais tous installés à Bordeaux, tout comme le siège social de l'entreprise. Nicoals Lemeteyer, le CEO, est au premier rang, deuxième en partant de la droite. (Crédits : Soan)

C'est l'histoire d'une Alsacienne, d'un Corse et d'un Breton qui s'installent à Bordeaux en septembre 2020. 18 mois plus tard, Peggy Garcia, Arthur Davoine et Nicolas Lemeteyer, les cofondateurs de Soan, sont à la tête d'une équipe de 35 personnes installées dans les bureaux du Mama Works, aux Bassins à flot. Et les effectifs de cette fintech en pleine croissance, désormais 100 % girondine, devraient rapidement dépasser la cinquantaine.

"On cherchait à quitter Paris et Invest in Bordeaux nous a convaincus. L'écosystème tech bordelais est moins concurrentiel qu'à Nantes et Lille et, pour recruter, les salaires des développeurs et des commerciaux n'ont rien à voir avec Paris. Les salaires bordelais commencent à grimper mais pour un développeur junior on tourne à 35.000 euros bruts annuels ici contre 55.000 à Paris !", observe Nicolas Lemeteyer, le CEO, alors qu'aucun des trois dirigeants n'avait d'attaches bordelaises.

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Ce Breton de 37 ans n'en est pas à son coup d'essai dans le monde des startups. Avec Soan, il porte une plateforme Saas (software-as-a-service) permettant de fluidifier les paiements entre entreprises, à l'image de ce que proposent notamment les fintech Lydia, devenue Licorne en décembre dernier, et Pumpkin App. Deux entreprises par lesquelles Nicolas Lemeteyer est brièvement passé avant de co-fonder Youboox (streaming) qu'il a quittée il y a six mois. "Le paiement entre entreprises est particulièrement fastidieux avec une chaîne de devis, prestation, facture, relances, paiement, comptabilité, etc. Le principe de Soan est d'aborder toute cette chaîne de valeur en amont et en aval de l'acte de paiement tout en intégrant notre propre solution de paiement", détaille Nicolas Lemeteyer.

Le précieux agrément PSP

L'une des clefs de Soan c'est en effet son agrément de PSP (prestataire de services de paiement) qui lui permet de proposer en direct sa propre interface de paiement sans intermédiaire bancaire, ni commission.

"Nous sommes le premier à le faire et c'est d'ailleurs toute la logique de Soan d'être parti du paiement pour étoffer notre solution et pas l'inverse", appuie le CEO. "On permet désormais, sur une plateforme unique, de rassembler les devis et factures, de lancer des rappels automatisés, de réaliser et recevoir les paiements et de faciliter la collaboration avec l'expert comptable grâce à des outils de scan et de lecture automatisés des factures."

Le tout est proposé à 948 euros par an payable en une seule fois. Avec ce tarif, Soan vise prioritairement "les entreprises d'au moins 200.000 à 300.000 euros de chiffres d'affaires jusqu'à un maximum de trois millions d'euros. Toutes ces PME en croissance et en cours de structuration." La startup compte 1.400 entreprises clientes et vient de conclure un accord de distribution avec La Banque Postale pour pousser sa solution auprès de ses 250.000 clients professionnels.

Un marché à évangéliser...

Le néo-Bordelais se montre donc sûr de ses forces tant le marché potentiel reste vaste puisque l'obligation de s'équiper pour émettre et recevoir des factures électroniques s'appliquera en effet le 1er juillet 2024 pour les grandes entreprises, six mois plus tard pour les ETI et au 1er janvier 2026 pour les 150.000 TPE et PME françaises.

"85 % des ces petites et moyennes entreprises travaillent encore avec des fichiers Excel donc, en réalité, nous ne sommes pas face à nos concurrents mais face à des entreprises qui ne sont pas équipées et qui ont besoin de l'être. Dans un second temps, l'enjeu des prochaines années sera ensuite d'avoir la solution la plus intégrée sur toute la chaîne de valeur pour s'imposer face à la concurrence", analyse Nicolas Lemeteyer, qui a levé 1,5 million d'euros en 2020 auprès de business angels.

Malgré tout, ce marché qui s'ouvre suscite logiquement la convoitise des acteurs traditionnels de la dématérialisation comme de nombreuses startups plus ou moins grandes et plus ou moins installées. En local, on pense évidemment aux Rochelais de Sellsy qui ont signé une augmentation de capital très remarquée de 55 millions d'euros en janvier pour développer une offre similaire à celle de Soan. Mais ils ne sont pas les seuls.

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... mais déjà très convoité

Plusieurs grosses startups ont signé ces derniers mois de jolis tours de tables pour accélérer sur ce créneau de dématérialisation : Agicap (100 millions de dollars en mai 2021), Pennylane (50 millions d'euros en janvier 2022), Libeo (20 millions d'euros en février 2021) ou encore iPaidThat (8 millions d'euros en septembre 2021).

Du côté de chez Soan, on est conscient de ces enjeux de concurrence qui se poseront à un moment ou à un autre mais on n'entend pas pour autant se lancer dans une course à la croissance effrénée ou à la levée de fonds. Nicolas Lemeteyer opte pour "continuer à prendre des marchés le plus vite possible mais sans chercher la croissance pour la croissance. On souhaite d'abord continuer à générer du chiffre d'affaires et viser la rentabilité d'ici trois ans". La startup, qui n'a pas mis en place de télétravail, vise une centaine de salariés bordelais d'ici fin 2023. Elle collabore notamment avec la Rocket School pour les recrutements des profils commerciaux.

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