Aquitains d'ailleurs : aux JO de Pékin, l'enjeu sportif effacé par la menace du Covid

Alors que les Jeux olympiques d'hiver s'ouvrent ce vendredi 4 février dans la capitale chinoise, les organisateurs surveillent comme le lait sur le feu l'évolution de l'épidémie de Covid-19. Installé en Chine depuis quinze ans, le Poitevin Yoan Gandin, prof à Pékin, affirme que dans ce contexte, l'enjeu sportif est réduit à peau de chagrin.

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(Crédits : Yohan Gandin)

Pour l'instant, la digue tient bon ! Si une centaine de cas positifs ont été enregistrés ces derniers jours, il n'y a ni foyer ni fuite à l'intérieur de la bulle sanitaire mise en place autour des 60.000 participants aux 24e Jeux olympiques d'hiver.

"En Chine, on est toujours dans la politique du zéro-Covid", témoigne Yoan Gandin. "Dès qu'une contamination apparaît, on ferme radicalement le quartier. Ça bouscule la vie quotidienne de tout le monde. A Pékin, d'ailleurs, on ne parle que de la pandémie et quasiment pas des Jeux, je vois très peu de choses passer là-dessus dans les médias."

D'autant que le "Nid d'oiseau", le stade olympique où se déroulera une partie des épreuves, est éloigné du centre de la capitale. Autour des sportifs engagés et de leurs équipes, c'est donc un véritable cordon sanitaire, matérialisé par plus de 200 kilomètres de barrières, qui a été érigé, avec des règles draconiennes pour ceux qui auront à y travailler. "Quelques-uns de mes étudiants chinois se sont portés volontaires pour être guide-traducteur ou participer au spectacle d'ouverture", explique le Français. "Mais la plupart ont renoncé car ils devaient observer au total huit semaines de confinement !"

Invitations au compte-gouttes

Le but des autorités est de séparer hermétiquement et à tout prix la population des délégations étrangères. En cas d'accident de la circulation avec une voiture officielle des JO, par exemple, les Chinois ont l'interdiction absolue de s'approcher du véhicule, voire de porter secours à d'éventuels blessés parmi les occupants, de peur d'entraîner des contaminations au Covid-19 ! Et à l'intérieur de la bulle, dans la cantine réservée à la presse, les plats descendront du plafond, grâce à des robots, pour éviter tout contact.

Né à Poitiers, marié à une Chinoise, Yoan Gandin exerce comme professeur de français auprès d'étudiants chinois de l'Université de Pékin. Arrivé un an avant les Jeux olympiques de 2008, il se souvient :

"C'était l'été, une période beaucoup plus propice à la fête. Les bars et les restaurants étaient pleins à craquer, même la nuit. L'ambiance était très internationale. Aujourd'hui, je ne vois aucune festivité se mettre en place. C'est vrai aussi que les Jeux d'hiver ont beaucoup moins de retentissement que ceux d'été. D'ailleurs, mes amis chinois seraient bien incapables de me donner le moindre nom d'un sportif national engagé dans les épreuves de ski ou de patinage !"

Comme tous les habitants de Pékin, Yoan Gandin suivra donc les épreuves à la télévision. Seules quelques invitations VIP ont été distribuées au compte-gouttes à des fonctionnaires ou des employés d'entreprises publiques chinoises, mais aucune à des étrangers.

Lui écrire : [email protected]

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