Services numériques : « la vraie concurrence est sur la ressource humaine » (Olivier Foix, CGI)

"Le recrutement est désormais une vraie préoccupation, particulièrement sur les profils seniors", reconnaît Olivier Foix, le nouveau directeur régional de CGI en Nouvelle-Aquitaine, qui pilote autour de 380 recrutements annuels. Face à la pénurie de profils et à une concurrence croissante, le géant canadien des services numériques défend son approche de proximité et entend accélérer sur plusieurs spécialités régionales.

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Entré chez CGI comme stagiaire en 1989, Olivier Foix est directeur régional Nouvelle-Aquitaine depuis le mois d'octobre 2021.
Entré chez CGI comme stagiaire en 1989, Olivier Foix est directeur régional Nouvelle-Aquitaine depuis le mois d'octobre 2021. (Crédits : T. Paviot / CGI)

A 53 ans, Olivier Foix est désormais à la tête des 1.300 salariés de l'entreprise de services numériques CGI en Nouvelle-Aquitaine dont il connaît tous les rouages puisqu'il y a passé plus de la moitié de sa vie personnelle et toute sa vie professionnelle. Le nouveau directeur régional a en effet rejoint CGI comme stagiaire en 1989 avant de diriger l'agence de Bordeaux au tournant des années 2010. "C'est un parcours qui n'est pas rare au sein de CGI qui propose une grande diversité de postes, de clients et de projets. C'est d'ailleurs l'un de ses points forts", vante-t-il. Il faut dire qu'avec 78.000 salariés aux quatre coins de la planète pour 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2020, l'entreprise canadienne dispose indéniablement d'une large palette d'horizons professionnels.

1.300 salariés en Nouvelle-Aquitaine

Dans la région, plus d'un millier de salariés de CGI sont installés à Bordeaux Métropole (Le Haillan et Bruges) tandis que 120 sont à Niort, une cinquantaine à Pau et une trentaine à Limoges.

"Nous veillons à être toujours implantés au plus près de nos clients qui sont majoritairement des grands comptes. Dans la région, c'est la banque de détails et l'assurance, l'aéronautique et la défense, le e-commerce, l'énergie, les télécoms et le secteur public", résume Olivier Foix. "On va se développer avec le territoire en accompagnant ses points forts que sont la maintenance aéronautique et navale, le ferroviaire, notamment avec le projet Ferrocampus, à Saintes, et toute la dynamique autour de la santé."

Pour étoffer ses équipes, l'entreprise canadienne prévoit ainsi dans la région pas moins de 380 recrutements sur douze mois de mai 2021 à mai 2022. Un objectif très ambitieux compte-tenu de la concurrence explosive sur les métiers de la tech dans la région et ailleurs en France.

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"Le marché a beaucoup changé"

"On arrive à tenir le rythme de recrutement prévu, notamment sur la moitié de profils juniors parce qu'on a maintenu tous nos stages et contrats en alternance malgré les confinements. Pour l'autre moitié, les profils seniors, c'est là que c'est compliqué ! Le marché a beaucoup changé, il y a moins de candidats en général mais surtout moins de candidats seniors", reconnaît Olivier Foix.

Pour le nouveau directeur régional, "le recrutement est désormais une vraie préoccupation, particulièrement sur les profils seniors, et peut être un frein à la croissance des entreprises." Et sur un marché régional qui s'est considérablement densifié ces dernières années avec l'arrivée de plusieurs ESN, la société canadienne concède qu'elle ne peut pas tout faire, malgré sa taille. "Il y a de la place pour tout le monde mais la vraie concurrence est sur la ressource humaine. Nous considérons donc qu'on ne peut pas développer des compétences sur tout : il faut faire des choix pour privilégier les missions sur lesquelles on peut créer de la valeur pour nos clients en collant à leurs besoins actuels et futurs", cadre Olivier Foix, qui assure "combiner la valeur ajoutée de la proximité et la puissance d'un grand groupe".

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"La vraie concurrence est sur la ressource humaine"

Comme toutes les entreprises, petites et grandes, CGI, qui reste dirigée par son fondateur Serge Godin, déploie donc une panoplie d'actions pour tenter d'attirer et fidéliser les meilleurs développeurs et autres experts de systèmes d'information. Car, coincées entre l'attrait des startups et les moyens financiers des licornes françaises et étrangères, les ESN sont réputées souffrir d'un déficit d'attractivité auprès des profils tech. "Pour l'instant, nous n'avons pas d'impact en termes de turnover ou de candidatures et on espère qu'on ne l'aura pas. Je ne nous sens pas en difficulté par rapport à l'intérêt et à la diversité de nos projets qui sont une force", répond Olivier Foix, qui ne se montre pas pour autant naïf : "Je sais bien que nos collaborateurs peuvent être sollicités en 100 % télétravail par des entreprises parisiennes, suisses et américaines avec de gros salaires à la clef. Ce sont des choix personnels..."

Et pour maximiser ses chances auprès des profils débutants, CGI noue des partenariats avec l'IUT "Métiers de l'informatique" de l'Université de Bordeaux, Ynov Campus ou encore l'Epsi et a même lancé en 2017 son école de développeurs web baptisée "U'Dev". Au niveau national, celle-ci a déjà dispensé 500 formations de 12 à 18 mois dont 300 ont directement intégré CGI. "Dans cette école, nous garantissons un contrat en CDI à l'issue de la formation mais les élèves ne sont bien évidemment pas obligés d'accepter", souligne Olivier Foix avant de lister les autres leviers mobilisés par CGI pour travailler son image de marque : "actionnariat salarié, numérique responsable, RSE, inclusion et handicap."

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