L'activité de Step, pionnière de l'ESS, bondit de 35 %

Pionnière de l’économie sociale et solidaire en Nouvelle-Aquitaine, l’entreprise paloise Step compte augmenter son chiffre d’affaires de 35% cette année, notamment grâce à ses nouveaux métiers de logistique urbaine, de conciergerie aux entreprises et de maintenance informatique.

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Gestion documentaire, formation au numérique, logistique, conciergerie et maintenance informatique : l'entreprise paloise d'insertion Step est en pleine croissance.
Gestion documentaire, formation au numérique, logistique, conciergerie et maintenance informatique : l'entreprise paloise d'insertion Step est en pleine croissance. (Crédits : STEP)

"Ma plus grande satisfaction est d'avoir su maintenir le projet à flot, malgré les remous". Kenny Bertonazzi, directeur général de Step (Services tertiaires aux entreprises des Pyrénées) à Pau (Pyrénées-Atlantiques) ne s'en cache pas : diriger une entreprise d'insertion n'est pas toujours une mission facile. Même au bout de vingt ans, car cette pionnière de l'économie sociale et solidaire (ESS) en Nouvelle-Aquitaine fête cette année son anniversaire, avec un nouveau logo. Et toujours autant d'ambition d'offrir un emploi à des personnes éloignées du monde de l'entreprise, initialement issues d'un seul quartier palois défavorisé et désormais de toute l'agglomération, où cinq autres structures d'insertion sont actives.

Deux nouvelles activités

Step a débuté avec un service de traitement des flux documentaires, toujours la plus importante, représentant 41 % de l'activité. Les formations aux métiers du numérique, regroupés sous le nom de la "Fabrique du numérique paloise" en partenariat avec l'école Simplon, sont dispensées actuellement à une quatrième promotion de 60 apprenants d'expériences et de niveaux divers et représentent 30 % des revenus. Et les deux activités les plus récentes, les services aux territoires - la logistique urbaine et la conciergerie aux entreprises -, comme le studio de développement et l'atelier de maintenance informatique, comptent pour respectivement 25% et 4%. Mais elles croissent le plus vite et expliquent pourquoi Kenny Bertonazzi compte voir bondir le chiffre d'affaires de 35 % cette année !

STEP

Step porte aussi un atelier de maintenance informatique (crédits : Step).

Le directeur général s'apprête à agrandir les locaux dans la Technopole Hélioparc afin de pouvoir embaucher. "Nous devrions être une cinquantaine fin 2021", précise le dirigeant, qui compte aussi le nombre de postes d'insertion créés, 200 au total depuis 2001. "Notre mission est complexe : je dis souvent, ce n'est pas parce que l'on maîtrise le code que l'on maîtrise les codes de l'entreprise", explique celui qui est par ailleurs adjoint à la ville de Pau, en charge de l'économie sociale et solidaire, et ancien président de la fédération nationale des entreprises d'insertion.

Un contexte porteur

Ces entreprises d'insertion, près de 4.000 au total en France, n'ont jamais senti autant le vent dans le dos. Le gouvernement a augmenté, en 2019, le budget pour l'insertion par l'activité économique (IAE), y consacrant un milliard d'euros chaque année. Et ce afin de pouvoir passer d'environ 140.000 personnes accueillies en 2018 à 240.000 en 2022. Début novembre, la fédération des entreprises d'insertion a salué également les obligations en matière de commande publique inclusive -le social doit être pris en compte dans les marchés publics et les contrats de concessions-, introduites dans la loi Climat qui a été adoptée en mai dernier. "La loi et l'ambition sont là, ne restent plus qu'à les traduire en actes", exhorte la fédération.

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Si la commande publique inclusive concerne avant tout le bâtiment et moins les activités de Step, elle est bien le reflet d'un changement d'époque. Dans le domaine social, mais aussi environnemental que Step souhaite explorer davantage dans les prochaines années, en créant une activité de traitement de biodéchets par exemple. "Par rapport à des entreprises classiques, notre finalité inclusive nous incite sans doute à être plus audacieux", pointe le directeur général. Mais tout en ayant les mêmes obligations de rentabilité, que STEP a atteinte même en 2020, et d'exploitation que toute autre entreprise. "Nos clients privés -dont Schenker, Aubert&Duval et, depuis vingt ans, Total - comme publics, apprécient notre qualité de service à un prix compétitif. Ils représentent 93 % de nos revenus, seuls 7 % étant des aides d'Etat".

Un modèle différent de celui de l'entreprise FMS à Saint-Geours-de-Maremne (Landes), dont les trois-quarts des salariés, tous en CDI, sont en situation de handicap. Ou encore d'Api Upp, une association de Capbreton (Landes), qui a également une activité économique en produisant des meubles dans son atelier d'insertion. Mais, toutes deux sont, comme Step, en forte croissance. "C'est très bien qu'il existe des entreprises comme les nôtres, mais cela ne suffit pas. On ne peut plus produire sans être en prise avec le territoire. Chacun doit faire sa part, le chantier est tellement immense", souligne Kenny Bertonazzi.

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